Les Cataractes ont été éliminés en six matchs par les champions de la saison régulière, les Huskies de Rouyn-Noranda.

Les Cataractes éliminés

Rouyn-Noranda — Les Huskies ne voulaient rien savoir d’être impliqués dans un septième match face aux jeunes Cataractes. Les joueurs de Mario Pouliot ont fourni un effort digne de leur statut de champions de la saison régulière, et ils ont finalement écarté les Shawiniganais de leur chemin en six matchs grâce à une victoire de 8-2 signée lundi soir.

Le message des locaux était très clair en début de soirée, alors qu’ils ont complètement survolé les 12 premières minutes de jeu. Justin Blanchette n’a pas réussi à s’interposer et les Huskies ont pris les devants 3-0, ce qui a mis fin prématurément à son match.

Les visiteurs ont semblé fouettés par la décision de Daniel Renaud d’appeler Antoine Coulombe en renfort, ils ont réduit passablement l’écart entre eux et les puissants locaux par la suite. Mais le mal était fait. Jérémy Martin et Pierre-Olivier Bourgeois ont suscité un peu d’espoir chez les Cataractes en battant Samuel Harvey, mais ce dernier ne les a jamais laissés créer l’égalité.

Il a fait quelques gros arrêts en deuxième, notamment un sur Valentin Nussbaumer, et ses coéquipiers ont été sublimes pour écouler cinq attaques massives ennemies. Puis l’homme des grandes occasions, Joël Teasdale, a fait mal aux visiteurs en portant la marque à 4-2 durant un rare avantage numérique des Huskies, avec un peu plus de cinq minutes à écouler à la deuxième.

En troisième, le jeu de puissance des Huskies a complété le travail en produisant deux autres filets, ceux de Félix Bibeau et Rafaël Harvey-Pinard. Des septième et huitième buts ont ensuite été ajoutés alors que le suspense avait déjà quitté l’aréna Iamgold et que les partisans des Huskies célébraient ce modeste triomphe au premier tour.

«C’est plate que ça se termine comme ça, avec notre pire période de la série. On a joué 17 bonnes périodes sur 18, les gars se sont battus avec acharnement. On a grandi au cours des deux dernières semaines», soulignait Daniel Renaud, en convenant que les unités spéciales avaient tranché le débat lors des deux derniers matchs en faveur des Huskies. «La maturité et l’expérience ont pris le dessus. On a quand même tenu notre bout jusqu’en fin de deuxième période ce soir. Le message aux joueurs, ce sera de se rappeler ce qui s’est passé ces deux dernières semaines. Ce niveau de jeu, on doit maintenant le reproduire durant les huit mois de la prochaine saison.»

Si on se fie aux propos de Jérémy Manseau, il y a tout lieu d’être optimiste à ce chapitre. Le vétéran de 20 ans a fait ses adieux au hockey junior lundi soir, fier de la besogne accomplie par son équipe face aux Huskies. Il entrevoit l’avenir des Cataractes avec optimisme. «On voulait tout laisser sur la glace, c’est ce qu’on a fait. On a respecté le plan en y allant présence par présence, période par période. On a décroché une victoire, puis une deuxième. Personne ne nous voyait aller si loin, on a surpris tout le monde au Canada. Ça donne une indication du talent de ce jeune noyau dans le vestiaire. Je vais revenir le voir jouer dans les prochaines années, il va être beau à voir aller», mentionnait Manseau, émotif. «J’ai réalisé un rêve de jeunesse en jouant pour les Cataractes. Ça passe tellement vite. On n’aurait pas pu faire mieux dans cette série. On affrontait la meilleure équipe au pays, et on lui a donné chaud!»

Vincent Senez tenait sensiblement le même discours. Il n’a jamais joué dans le midget AAA, il arrivait du junior AAA quand il a forcé la main des Cataractes il y a trois ans. Il quitte finalement le hockey junior après avoir réussi à occuper un casier de 20 ans. «Je suis vraiment fier des jeunes dans notre chambre, on a tout donné. Nous avons formé une équipe bien différente en séries. Les gars sont allés à la guerre l’un pour l’autre, l’esprit d’équipe était incroyable. Ça va bien servir les Cataractes dans le futur.»

Dans l’autre vestiaire, Mario Pouliot remerciait ses ennemis pour l’adversité fournie. «C’est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. On a appris à travailler extrêmement fort, à contrôler nos émotions. On a été un peu imprudents en début de série mais j’ai aimé notre réaction quand c’est devenu un deux de trois», soulignait le pilote des Huskies. «Chapeau à Daniel Renaud et à ses adjoints, leur équipe était extrêmement bien préparée. Daniel mérite vraiment beaucoup de crédit. On a vu à quel point Jan Drozg est un joueur talentueux, et aussi que Mavrik Bourque a toute une carrière devant lui. On a plus du double de lancers durant la série et l’écart entre les chances de marquer a été encore plus prononcé. Malgré ça, les Cataractes ont joué sans complexe et nous n’étions pas très confortables après quatre matchs alors que c’était l’égalité 2-2. Heureusement, nous avons ajusté le tir après le quatrième match.»