Les Cataractes déclassés

Boisbriand — Déclassés à répétition par les meilleures équipes de la ligue, les Cataractes tiennent leur bout depuis le début de la saison face aux clubs qui logent devant eux au classement.

Mais pas dimanche. Alors qu’ils tentent justement d’améliorer leur sort au sein de la division afin de se battre pour l’avantage de glace en séries, les hommes de Daniel Renaud ont été déclassés 6-2 par une autre formation en reconstruction, l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Les locaux avaient vu leur patron Pierre Cloutier bâcler pas moins de six transactions au cours de la dernière journée. Ils avaient une défaite sur un plateau d’argent pour amorcer ce duel sur la pointe des pieds. Bruce Richardson a su être convaincant, son club a démarré sur les chapeaux de roues. On ne peut pas en dire autant des Shawiniganais, débordés par la vitesse ennemie au cours des dix premières minutes.

Justin Blanchette a mal paru sur le premier but de l’Armada, un filet qui a semblé paralyser les visiteurs. Ils en ont encaissé quatre autres au cours des 40 premières minutes de jeu, un total qui aurait pu être encore plus haut si l’Armada avait été opportuniste en désavantage numérique. 

Les Cataractes ont en effet profité d’une attaque massive de cinq minutes en deuxième, mais les meilleures chances sont venues de l’autre côté, rappelant tristement les trois buts encaissés en pareille situation la veille dans une défaite de 8-5 face au Drakkar de Baie-Comeau.

En troisième, avec cette confortable avance de 5-0, l’Armada a levé le pied. Zackary Daneau et Jérémy Manseau en ont profité pour battre Brendan Cregan. L’autre but de la période appartient à l’ex-Cataractes Antoine Demers, qui a complété son truc du chapeau avec le sourire aux lèvres.

«Mes joueurs ont vu les changements l’autre bord, je pense qu’ils ont cru que ce serait un match facile. Quelle erreur! Je l’ai dit dans le passé et je le répète, ça n’existe pas les matchs faciles dans notre ligue», pestait Daniel Renaud, qui ne voulait pas se servir de l’excuse du départ du capitaine (voir autre texte) comme élément perturbateur. 

«Si c’est ça, les joueurs de l’Armada auraient dû être pas mal plus dérangés! La vérité, c’est qu’on ne peut pas se satisfaire de 20 bonnes minutes de jeu. Ça en prend 60. Pas 20. Pas 40. Ça en prend 60.»

Renaud dit aussi être préoccupé par le rendement de Justin Blanchette, qui a du mal à stopper un ballon de plage en ce moment. «Ça fait quelques matchs d’affilée qu’il concède un but faible en partant le match. Il peut faire mieux. Remarque, ça en prend plus de tout le monde.»

Dans l’autre camp, Bruce Richardson levait son chapeau à sa jeune bande. «Avec ce virage jeunesse, il y a beaucoup d’énergie et de testostérone dans le vestiaire. Ces gars obtiennent une belle opportunité. J’ai aimé aussi le jeu de nos leaders, qui ont peut-être plus de place soudainement. Ce fut une belle performance.»

Pour sa part, Demers savourait sa journée au travail. «C’est l’fun de produire, ça faisait un bout que c’était plus difficile pour moi. Je me prépare toujours de la même façon, peu importe l’adversaire. C’est sûr que je savais que je jouais contre mon ancien club. Il y avait peut-être une petite motivation de plus mais ce n’est pas l’élément central qui explique ma performance», souriait le vétéran de 19 ans.»