Le photographe du Nouvelliste Olivier Croteau s'est spécialisé dans la photo d'action artistique que s'arrachent les revues spécialisées de ski et de planche à neige.

Les arts et le sport: l'image fait foi de tout

Pour la majorité des lecteurs du Nouvelliste, Olivier Croteau est l'un des photographes qui donnent de la couleur aux nouvelles du jour. Mais pour les planchistes et skieurs, Oli Croteau est avant tout celui qui immortalise leurs manoeuvres les plus spectaculaires.
C'est en 2003 que le Trifluvien a décidé qu'il voulait gagner sa vie grâce à un appareil photo, dans le but d'un jour voir ses clichés paraître en première page des magazines de planche à neige. Il n'a jamais regretté cette décision, puisque, chaque année, il parcourt le pays afin d'immortaliser les figures des athlètes nordiques. Il est entre autres un des photographes du magazine canadien King Snow.
«Parfois, ce sont des affectations données par les magazines, mais je peux aussi approcher les gars, explique-t-il. Ce sont eux qui décident des manoeuvres qu'ils feront et c'est à moi de m'adapter. Ce n'est pas moi qui vais décider à leur place.»
Le travail sur le terrain en est toutefois un de patience, puisque la photo parfaite est une question de plusieurs facteurs. Mais une fois que tout est en place, il n'est pas question de répéter le saut indéfiniment. Le risque de blessure est trop important. «On peut travailler pendant deux à trois heures avant de commencer à prendre des photos. Il faut prendre le temps de faire du repérage, de regarder l'éclairage et la lumière ambiante. Je veux toujours que le sujet soit face à moi. Je dois analyser le truc qu'il va faire et je dois l'avoir dans ma tête, parce que je dois prendre la photo au bon moment», rappelle Croteau.
Pour un photographe, l'aspect artistique doit-il prendre le dessus sur le truc qu'effectue le planchiste devant lui? Le photographe de 31 ans affirme toujours chercher un certain équilibre. «C'est certain que le côté artistique est très important, mais la manoeuvre est très importante aussi. C'est ce qui permet au planchiste de se démarquer et de se faire remarquer par les autres», indique-t-il.
Silence, on tourne!
La montée en popularité des planches à neige à la fin des années 1980 a changé la donne pour les stations de ski. Soudainement, des milliers de jeunes se sont intéressés à ce qui passait sur les pentes. Le phénomène a donné naissance à plusieurs compagnies cinématographiques spécialisées dans ce domaine.
Rapidement, les planchistes et skieurs ont réalisé l'opportunité qui s'offrait à eux. Non seulement était-il maintenant possible pour eux de démontrer tout leur talent sur bande vidéo, mais il s'agissait pour eux d'une excellente opportunité d'afficher leurs commanditaires, leur gagne-pain.
Pour le skieur slopestyle Alex Bellemare, la captation de scènes représente un aspect important de sa carrière. Il a même dû réfléchir pendant quelques secondes lorsqu'interrogé à savoir s'il préférait cela aux événements de la Coupe du monde et des X Games. «Les compétitions sont plus importantes parce qu'il y a un enjeu, mais c'est de très courte durée et les gens oublient nos performances rapidement. Tandis qu'avec un film, tu peux créer quelque chose de fantastique que les amateurs pourront regarder dans cinq ans et continuer de l'apprécier.»
Deux styles ont alors fait surface. Celui en montagne se déroule dans des paysages à couper le souffle aux quatre coins de la planète. Plus coûteuses à réaliser, ces productions nécessitent souvent l'apport d'un hélicoptère et de longues heures de travail au sommet des glaciers.
À l'inverse, la deuxième catégorie se passe en milieu urbain, en utilisant tout ce qui est à la portée des planchistes, tel que des garde-fous, des bancs de parc, des murs de bâtiments et des rampes d'escalier.
Au fil des années, la qualité des productions cinématographiques n'a cessé de progresser. Par exemple, le documentaire The art of flight a été filmé en haute définition durant deux ans dans quatre pays différents et a fait appel à 17 planchistes. La qualité des images, présentées au ralenti plus souvent qu'autrement, permet d'apprécier le niveau de difficulté des manoeuvres exécutées par les athlètes.
De plus, les réalisateurs se montrent créatifs en ce qui a trait au choix musical. Par exemple, le film Follow me around, produit en 2006, fait appel à des goûts musicaux disparates, tel que le groupe punk NOFX, la chanteuse country Dolly Parton et le «one hit wonder» de 1982, Come On Eileen des Dexys Midnight Runners. Les athlètes ont eux aussi leur mot à dire à ce sujet.
«Je ne demande pas forcément une chanson en particulier, mais je peux faire des suggestions. De toute façon, ils ne mettraient pas une chanson qui n'est pas mon genre», observe Bellemare, qui a pris goût à s'amuser sur des modules urbains entre deux compétitions, le tout devant une caméra ou un appareil photo.