Le lanceur Ryan Bollinger n'a pas reçu l'appui de l'attaque des siens mercredi soir contre Québec.

Les Aigles s'inclinent devant plus de 2500 personnes

Les amateurs s'ennuyaient des Aigles, mais est-ce que les joueurs avaient vraiment hâte de revenir à Trois-Rivières? Pour la 25e fois en 33 matchs au stade Fernand-Bédard, les Oiseaux ont quitté le terrain la mine basse mercredi, devant plus de 2500 personnes qui venaient d'assister à la victoire de 5-2 des Capitales.
Les visages étaient aussi longs dans le vestiaire que dans le bureau des trois entraîneurs de l'équipe locale. Normal, Pierre-Luc Laforest, Maxime Poulin et Travis Wade ont été témoins, encore une fois, d'une performance en dents de scie. «C'est difficile, car certains se battent dans le club, ce sont des 'gamers'. Mais ça en prendrait davantage. Les autres, qu'ils commencent à jouer pour suivre le 'pattern'.»
Non, le gérant Laforest n'était pas dans son assiette. On peut le comprendre, le dernier jeu du match, une tentative de vol de Carlos Guzman vers le deuxième but, a mis fin au débat d'une bien triste façon. La course du numéro 3, peu convaincante, ne se retrouvera dans aucun bulletin de sports aujourd'hui.
Les Aigles avaient pourtant réussi à inscrire deux points au cours de ce dernier tour au bâton, eux qui traînaient de la patte 0-5 avant de se présenter devant le releveur des Capitales Jay Johnson.
Guzman a poussé Kyle Lafrenz au marbre à l'aide d'un simple. Quelques minutes auparavant, Michael Hernandez avait privé Québec d'un blanchissage grâce à un ballon sacrifice qui faisait marquer Jose Cuevas.
Bref, avec un cogneur comme Steve Brown à la plaque et un homme sur les sentiers, il était encore permis d'espérer... «Carlos n'avait aucune raison d'être agressif. Les instincts au baseball, ça ne s'apprend pas. Parfois, je me demande où ils ont appris à jouer! Dommage, car, de prime abord, c'est une belle gang de gars.»
Les Aigles ont été très timides, hormis en troisième et en neuvième. Québec, pour sa part, a joui d'une belle soirée de travail de Rene Leveret (deux points produits), qui a donné le ton en quatrième avec une longue balle.
Les joueurs des Capitales ont également bénéficié de quatre erreurs de leurs rivaux en défensive. Du lot, trois appartiennent au troisième-but Eric Grabe. Le cinquième point est une conséquence de l'une de ces bourdes.
Encore une fois, le lanceur partant a payé pour l'incapacité de l'attaque à produire et de la défensive... à défendre. Ryan Bollinger, fumant pendant sept manches et un tiers, a donné dix coups sûrs et trois points mérités à une équipe reconnue pour son flair offensif. Il a aussi retiré six frappeurs sur des prises.
Bollinger a d'ailleurs retraité vers l'abri sous les applaudissements nourris de la plupart des 2576 fans réunis dans le parc. Le receveur Lafrenz en avait pris bonne note après le match. «C'est frustrant pour nos lanceurs car trop souvent, on les laisse tomber ici», soupirait le numéro 12 qui, contrairement à plusieurs, n'a pas grand-chose à se reprocher depuis quelque temps. «Je sens une tension dans l'abri quand nous jouons à Trois-Rivières. Les gars veulent tellement en mettre plein la vue alors qu'il faudrait seulement revenir à la base. Nous devons être plus calmes.»
Dans l'autre vestiaire, les Capitales tenaient un discours bien différent. Le héros défensif du match, l'artilleur Leondy Perez, savourait sa soirée de huit manches et de neufs retraits au bâton.
«J'ai été en contrôle tout le match, j'aurais aimé lancer la neuvième», racontait le Dominicain.
«Il est notre meilleur lanceur depuis un mois», concluait le gérant Patrick Scalabrini.
Carnet de notes
Malchanceux, Matthew Rusch! Délégué par les Aigles pour représenter l'équipe au match des étoiles de l'Association américaine, lundi à Winnipeg, l'artilleur droitier a concédé le premier point de la rencontre sur un circuit et la formation du Nord a perdu 7-0 contre le Sud. Qui fut crédité de la défaite, malgré un petit point mérité en une manche? Rusch... Le dossier de Daniel Mateo progresse. La révélation de Laforest lors du voyage au New Jersey travaille en ce moment pour acquérir son visa de travail canadien. Il est déjà assuré de jouer les matchs aux États-Unis... Ce soir, le duel de lanceurs mettra aux prises Edilson Alvarez et Kyle Regnault.