Les mines étaient basses chez les Aigles juniors après cette autre élimination aux dépens des Diamants de Québec.

Les Aigles incapables de résister

Les Aigles de Trois-Rivières ont bien failli provoquer un septième match dans cette série demi-finale de la Ligue de baseball junior élite du Québec les opposant aux Diamants. Ils ont eu droit à une prestation inspirée de leur partant Francis Désilets. Ils ont pris l'avance 1-0 et ont réussi les six premiers coups sûrs de la soirée. Bref, ils ont mis leurs tripes sur la table pour ne pas être obligés de rendre les armes sur leur terrain.
Ce fut insuffisant. Champions en titre, les Diamants de Québec ont été dans les câbles durant une bonne partie de la soirée, mais ils ont mis sur un pied une poussée de trois points en septième manche qui leur a permis de l'emporter 5-3, ce qui a éliminé les hommes de Jean-Philippe Lemay.
Le mal de bloc sera certainement généralisé chez les perdants mardi matin. Avec un peu plus d'opportunisme, ils auraient quelques jours pour se préparer à un septième et ultime duel. Ils ont bien peu à se reprocher, sauf d'avoir laissé ces Diamants bien vivants dans leur rétroviseur. 
Les visiteurs n'attendaient qu'une petite chance pour faire déraper leur soirée et elle s'est présentée en septième. Un coup sûr et une erreur ont pavé la voie au gros double de Tristan Pagé. Les Diamants, qui tiraient de l'arrière 3-2 avant ce dernier tour au bâton, ont ajouté un autre point sur une balle passée et cette séquence de dix minutes a complètement chamboulé une soirée qui était, jusque-là, à l'avantage des Trifluviens. Fin des émissions.
«Ça doit faire dix ans que je viens au stade, je rêvais d'être impliqué dans un match aussi important. J'en ai profité à 100 %. Je suis très déçu du résultat, mais pas de ma performance. J'ai tout donné», confiait Désilets, solide autant sur la butte qu'au bâton, où il n'a pas été retiré une seule fois. «On a été battus par une équipe tellement résiliente. Elle s'est relevée après avoir perdu les deux premiers matchs. Ce fut la clé, on a eu du mal à arrêter les Diamants par la suite, le momentum avait basculé.»
Son gérant Jean-Philippe Lemay complimentait aussi ses rivaux. «Une équipe qui a appris à gagner, qui est bien dirigée. Je suis déçu du résultat, mais pas assommé car on connaissait l'ampleur du défi à relever. On a eu nos chances, on ne les a pas saisies. Quand tu es rendu aussi loin dans le processus, ça finit toujours par te rattraper», analysait Lemay. 
«On va sortir grandis de cette confrontation. On a mis beaucoup de pression sur des jeunes, c'est de l'expérience en banque. J'ai déjà hâte à l'an prochain, ce sera la fin de notre cycle.»
Dans l'autre camp, Dominik Walsh renvoyait volontiers les fleurs.
«Les Aigles ont fait le bon choix en confiant la balle à Désilets, il a été incroyable ce soir. Ce match n'est pas à l'image de notre série, nos lanceurs avaient été excellents dans les cinq premiers matchs. Je pense que les Aigles méritaient un meilleur sort ce soir, comme nous dans les deux premiers matchs de la série. Ça nous a pris un gros coup sûr de Pagé en septième manche pour arracher cette victoire. En comptant la saison, les séries et les championnats canadiens, notre équipe a gagné six championnats en trois ans. Je pense que c'est cette expérience qui a fait la différence ce soir.»