Matthew Rusch a bien fait au monticule, mais il n'a pu tenir tête à Philippe Aumont.

Les Aigles coulés par Aumont

Au fil de sa carrière, Phillippe Aumont a disputé 46 matchs dans le Baseball majeur. Mardi au Stade Stéréo Plus, le Québécois a offert une performance digne des majeures pour signer une victoire de 3-2 face aux Aigles.
Le partant des Oiseaux Matthew Rusch n'a pas été mauvais dans cette rencontre. Il a été très bon à vrai dire, mais Aumont a tout simplement été meilleur. L'ancien des Phillies a limité les Aigles à huit coups sûrs en neuf manches, tous des simples. Voilà ce qui a fait la différence.
«Ottawa a été meilleur sous la pression que nous avec des coureurs en position de marquer. Nous n'avons pas eu beaucoup d'opportunités contre Aumont. Les derniers six matchs contre Ottawa ont été très serrés, et la plupart ont été à notre avantage, mais ce soir, ils ont mieux répondu», a soupiré le gérant T.J. Stanton après la rencontre.
Pourtant, le duel aurait pu être bien différent. En deuxième manche, les locaux ont rempli les coussins avec aucun retrait au tableau. C'était le moment idéal pour faire mal aux Champions, qui étaient au coeur d'une séquence de quatre défaites consécutives face aux Aigles. Taylor Brennan a toutefois été retiré en souricière entre le troisième but et le marbre alors qu'il s'était trop avancé sur une balle échappée par le receveur Daniel Grauer. Par la suite, les deux ballons au champ, qui auraient à tout de moins permis un point, ont plutôt mis fin à la manche et privé les Aigles d'un point qui aurait pu tout changer.
«Je voulais que ce soit un départ comme les autres, a souligné Aumont. Il y a des situations où je sais que c'est à mon tour de monter mon jeu d'un cran. C'était important de mettre un zéro au tableau (en deuxième) pour que les gars gardent leur momentum et continuent de frapper, même si la situation était frustrante. C'était un gros match avec deux excellents lanceurs. On va travailler jusqu'à la fin de l'année, même s'il nous en manque beaucoup pour être des séries», a analysé Aumont.
Daniel Mateo est venu marquer pour les Oiseaux lors du tour au bâton suivant, mais le simple de Steve Brown en sixième manche a permis aux deux équipes de revenir la case départ. Quelques secondes plus tard, Sébastien Boucher a lui aussi croisé la plaque pour donner une première avance aux Ottaviens.
Brown a d'ailleurs connu un excellent match, lui qui a produit en huitième manche le point qui s'est avéré gagnant avec un simple.
«Peut-être que pour lui, il y avait un peu plus de pression de revenir à Trois-Rivières, où il a eu une belle carrière. Mais il a connu une excellente année pour nous. Il est notre meneur pour les points produits et on est très heureux d'avoir fait son acquisition», a indiqué le gérant Hal Lanier à propos de l'ancien voltigeur des Aigles.
La remontée tombe à plat
Les Trifluviens ont bien failli jouer un mauvais tour aux visiteurs en neuvième manche, alors qu'ils ont réduit l'écart à un tout petit point, profitant d'une erreur des Champions. La frappe de Kyle Lafrenz qui aurait créé l'égalité n'a toutefois pas été en mesure de percer la défensive adverse, et les Aigles, ainsi que leurs 1929 partisans, ont baissé pavillon.
Cette défaite crève-coeur fait très mal aux Aigles. À Sussex, les Capitales de Québec, qui avaient pris l'avance en neuvième manche, ont vu leurs releveurs s'écraser par la suite. Les Miners l'ont emporté 3-2. Les Trifluviens se retrouvent ainsi à six matchs et demi d'une place en séries avec sept rencontres à faire. Nul besoin d'être un mathématicien pour déduire que la saison des Aigles ne devrait pas avoir de prolongation. Quant aux Champions, ils ont fait du surplace, accusant un retard d'une rencontre et demi sur l'équipe du New Jersey. Stanton, qui enverra Ethan Elias au monticule mercredi face à Steve Bokowski, promet que son équipe n'abandonnera pas.
«Je m'attends à ce qu'on joue comme on l'a fait ce soir. On va tout donner. Pour nous, c'est une autre saison et on va jouer comme ça jusqu'à la fin. Un homme dangereux, c'est un homme qui n'a plus rien à perdre. C'est exactement ce que nous sommes.»