Le directeur général des Aigles, René Martin, et André Côté, représentant de son frère Michel, un des commandités de l'organisation, étaient heureux d'annoncer que la formation sera de retour sur le terrain en 2020.

Les Aigles confirment leur retour

TROIS-RIVIÈRES — Il y aura du baseball professionnel à Trois-Rivières en 2020, mais le ton de la conférence de presse annonçant le sauvetage des Aigles mardi ne pouvait être plus clair: sans un meilleur appui de la communauté d’affaires et de la population, l’opération ne pourra être répétée éternellement.

Après la disparition de l’Attak en 2010 (soccer) et des Draveurs de la Ligue nord-américaine de hockey huit ans plus tard, la capitale régionale a bien failli perdre une troisième équipe professionnelle, de baseball cette fois-ci.

Une rencontre tenue lundi soir au Salon de jeux a permis d’éviter un tel scénario. Les Aigles ont d’ailleurs confirmé mardi après-midi, en conférence de presse au même endroit, qu’un chèque avait été envoyé aux instances concernées, lundi à 22 h, alors que se prépare une fusion dans le monde du baseball indépendant entre la Ligue Can-Am et la Ligue Frontier, un circuit établi dans le Mid-Ouest américain.

Pourquoi alors avoir attendu à mardi avant d’annoncer qu’une entente était conclue? Parce qu’il fallait encore régler plusieurs détails, selon le directeur général René Martin. André Côté, représentant l’entreprise Côté-Réco, ainsi que le consultant Paul Poisson l’accompagnaient au point de presse de mardi.

«Nous avons reçu plusieurs personnes du milieu des affaires. Il fallait trier tout ça, voir à quoi ressemblerait leur contribution financière dans l’aventure des Aigles», soulignait Martin, heureux de constater que le cri du cœur du club a été entendu. Un sentiment partagé par André Côté, dont le frère Michel a toujours été impliqué chez les Aigles.

«Nous sommes très heureux et soulagés de la venue positive des gens d’affaires locaux. Plusieurs ambassadeurs dévoués à l’organisation étaient également de la partie afin de témoigner en faveur de la survie des Aigles. L’implication de ces personnes fait toute la différence.»

96 heures, peu de sommeil

Maintenant, il faut passer en mode action, note Paul Poisson, un Trifluvien d’origine qui a longtemps travaillé pour le Groupe Vertdure. M. Poisson a appuyé les Aigles en coulisses l’an passé. Il agira à titre de président intérimaire après le départ de Marc-André Bergeron, lundi avant la réunion de la dernière chance. Il espère trouver quelqu’un pour le remplacer plus tard cet hiver.

«Ce sont 96 heures de travail intenses, nous n’avons pas dormi beaucoup», a-t-il admis, mentionnant que le report par le conseil de ville d’une décision visant à verser une aide supplémentaire à l’équipe avait ajouté de la pression sur celle-ci.

Le conseil avait pris cette décision en assemblée extraordinaire le 25 septembre. La Ville verse 275 000 $ par année aux Aigles.

«On n’oublie pas que la Ville est l’un des partenaires parmi les plus précieux des Aigles depuis 2013. C’est là où l’on doit progresser, il faut aller chercher de nouveaux engagements ailleurs.»

Une douzaine d’intéressés?

Dans les dernières années, les commandités de la Société de gestion des Aigles ont injecté plus d’un million de dollars afin d’effacer les déficits de l’équipe. Ces commandités sont Michel Côté (Côté-Réco) ainsi que Jean Tremblay (Vertdure).

Les deux étaient absents mardi: le premier revenait d’un voyage en Chine tandis que le second vaquait à des occupations pour les Capitales de Québec, l’autre équipe québécoise de baseball professionnel dans laquelle il s’implique. Son équipe de coeur, diront certains.

Malgré leur absence, ils ont de nouveau amené de l’argent dans les coffres lundi en assurant la survie des Aigles pour au moins une autre saison. La suite? Tout dépendra de la réponse du public.

Selon les Aigles, une vingtaine de personnes du milieu des affaires ont répondu lundi à l’appel lancé dans les médias quelques heures plus tôt, afin de trouver des pistes de solution pour garantir la présence du baseball professionnel en 2020.

Au total, une douzaine conserverait un vif intérêt pour injecter de l’argent dans la cause des Aigles. L’objectif des dirigeants visera à s’assurer que ces montants seront versés.

«On parle de plus de 100 000 $ en argent mauricien qui doit être investi pour l’équipe. Nous sommes choyés d’avoir des personnes comme Michel Côté et Jean Temblay, sauf que ça en prend plus. Le but, c’est d’avoir une équipe pérenne, pas toujours en mode survie.»

Paul Poisson rappelait aux médias qu’à ses débuts à Québec, Miles Wolff ne misait pas sur des partenaires locaux dans son projet avec les Capitales. C’est avec le temps que la communauté d’affaires s’est finalement tournée vers le produit du baseball indépendant. Personne ne le regrette aujourd’hui au Stade Canac.

Billets de saison

Les Aigles lanceront dans les semaines à venir leur campagne de billets de saison. Une activité de sociofinancement est aussi une avenue explorée, question d’obtenir le fonds de roulement nécessaire aux opérations. Là-dessus, on voudrait peut-être s’inspirer du modèle des Packers de Green Bay. Bien sûr, les engagements de gens d’affaires rencontrés dans les derniers jours figurent au sommet des priorités.

Dans la même veine, les Aigles ont réitéré que leurs demandes faites à la Ville la semaine dernière sont maintenues. «Nous allons attacher toutes les ficelles qu’on va nous donner, mais on ne peut pas inventer la corde», a imagé Paul Poisson.

«Il y a un an, l’ancien président Marc-André Bergeron avait lancé un cri du cœur dans la communauté. Cela a eu un impact positif avec la création du groupe des ambassadeurs, l’un des plus beaux projets de l’histoire des Aigles. Maintenant, on donne à d’autres personnes et entreprises l’opportunité de se manifester.

On citait en exemple la terrasse située le long de la ligne du troisième but au Stade de Trois-Rivières. À Québec, celle-ci accueille 24 000 personnes par année pour les matchs locaux. Du côté des Aigles, on parle d’environ 4000 amateurs. «C’est pourtant le produit d’appel numéro un.»

Les Aigles ont profité de leur tribune pour remercier Marc-André Bergeron, dont le départ lundi en a surpris plusieurs. L’ex-hockeyeur lègue une équipe en meilleure santé financière avec le plus petit déficit des dernières années, dit-on. Celui-ci avoisinerait les 150 000 $ pour 2019.

Sur le plan purement baseball, l’annonce de mardi a été accueillie avec joie par des joueurs des Aigles. Présent au point de presse, le gérant T.J. Stanton a relayé l’information à ceux qui ont porté le maillot du club en 2019.

Parlant de Stanton, les Aigles travailleront à renouveler son contrat pour 2020. Évidemment, d’autres grands chantiers les attendent. Mais le club est en vie et désire le rester.

Lamarche heureux

Pour sa part, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, s’est dit très heureux, mais estime que le combat n’est pas terminé.

«C’est une première manche qui a été remportée. À partir de maintenant, c’est certain que ça prendra un effort de la communauté», déclare celui qui rappelle que le conseil municipal réétudiera la proposition de verser une aide financière aux Aigles une fois le budget municipal adopté en décembre.

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches