LeBron touche à l'histoire, mais son équipe déçoit

LOS ANGELES — Alors que LeBron James va devenir, sans doute mardi, le septième joueur de l’histoire à dépasser les 30 000 points, Cleveland enchaîne les prestations catastrophiques, au point de ne plus faire figure — provisoirement? — de prétendant au championnat de la NBA.

La fête annoncée a viré au cauchemar samedi. Devant sa famille et son public, James espérait atteindre un nouveau cap en marquant 25 points face à Oklahma City, ce qui l’aurait propulsé dans un club très fermé, celui des joueurs à 30 000 points, avec Kareem Abdul-Jabbar (38 387), Karl Malone (36 928), Kobe Bryant (33 463), Michael Jordan (32 292), Wilt Chamberlain (31 419) et Dirk Nowitzki (30 808).

Mais «King James» s’est arrêté à 18 points et va atteindre ce chiffre symbolique probablement mardi loin de Cleveland, à San Antonio. Beaucoup plus grave, ses Cavaliers ont été humiliés par Russell Westbrook, Paul George et Carmelo Anhony qui les ont surclassés 148 à 124, une déroute défensive sans précédent dans la carrière de James.

Et ce n’est pas un incident isolé : les Cavaliers ont perdu cinq de leur six derniers matchs avec des déroutes de 34 et 28 points d’écart à Toronto et Minnesota.

S’ils sont toujours troisièmes de la conférence de l’Est (27-18), ils n’ont remporté que trois de leurs 12 derniers matchs et sont incapables de suivre le rythme de Boston (3413) et de Toronto (31-14), sans parler de Golden State (37-10) et de Houston (32-12) à l’Ouest.

«King James» ne cache pas son inquiétude. «Si on joue comme ça, on peut facilement se faire sortir des séries dès le premier tour, a-t-il prévenu. Il y a beaucoup de choses à améliorer, pas une seule, mais une, deux, trois, quatre et même cinq», a regretté le triple champion de la NBA.

L’énorme point faible de Cleveland est facile à identifier : sa défensive, la deuxième plus mauvaise de la conférence de l’Est, la quatrième plus poreuse de la NBA avec une moyenne de 106,9 points concédés par match!

«Il faut qu’on soit plus agressif», a exhorté Isaiah Thomas, arrivé l’été dernier en provenance de Boston dans l’échange de Kyrie Irving. «À Boston, notre défense était plus agressive, il faut qu’on ait plus confiance les uns dans les autres», a insisté le meneur.

Mais le climat dans l’équipe ne semble pas au beau fixe entre les états d’âme de Derrick Rose, qui a voulu résilier son contrat après une énième blessure et une sorte de ras-le-bol, exposée par le départ fracassant d’Irving, de l’omnipuissance et des impatiences de LeBron James.

«Position délicate»

Dans ce contexte, Tyronn Lue, qui a conduit les Cavaliers en 2016 à leur premier titre de la NBA, a peut-être du souci à se faire. «Je ne l’espère pas, mais je ne suis au courant de rien, en ce qui concerne les possibles départs ou arrivées», a assuré James, présenté pourtant depuis son retour dans l’Ohio en 2014 comme le directeur général de son équipe.

Les affaires de Cleveland et son classement pourraient encore se dégrader : ils vont disputer six matchs de suite contre des équipes au bilan largement positif, dont San Antonio, Miami et Houston. «Nous sommes dans une position délicate en ce moment, mais on va s’améliorer», a estimé «King James».

«LBJ» sait de quoi il parle : il a en effet disputé les sept dernières finales avec Miami et Cleveland, mais un échec cette saison pourrait avoir des conséquences à long terme.

À 33 ans, alors qu’il fait encore partie des candidats au titre de meilleur joueur (MVP) avec ses 26,8 points par match, il peut partir relever un dernier — très rémunérateur — défi, loin de Cleveland. Les Lakers notamment n’attendent que ça.