En plus de récolter deux aides, Matt Dumba n’a pas ménagé Michael McCarron en deuxième période.

Le vent se change en brise pour le Canadien

ST. PAUL — Le vent d’enthousiasme chez le Canadien n’aura été encore une fois qu’une petite brise, alors que la formation montréalaise a concédé trois buts en première période, en route vers une défaite de 6-3 face au Wild du Minnesota, jeudi.

Brendan Gallagher, avec un doublé, et Andrew Shaw, avec son premier cette saison, ont tenté d’effacer des retards de 4-0 et 5-1 en marquant les buts du Canadien (4-8-1), qui avait gagné ses deux derniers matchs et qui espérait avoir tourné la page sur son mauvais début de saison.

«Je pense qu’à 2-0, tu es capable de revenir dans un match aujourd’hui», a affirmé l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien. «On n’a pas bien commencé le match, on n’a pas bien géré la rondelle ce soir. On n’a pas généré grand-chose à l’attaque.»

Le Canadien avait inscrit 18 buts à ses quatre derniers matchs et en a profité pour signer trois victoires. L’offensive montréalaise a toutefois été mise échec et mat pendant de longs moments par le Wild (5-4-2) et Devan Dubnyk, qui a repoussé 27 tirs.  «Si on veut monter au classement, on doit être meilleur que ce soir», a reconnu Julien.

Carey Price (21 arrêts) était de retour devant le filet du Tricolore après avoir cédé sa place à Al Montoya lundi à Ottawa. Sans être atroce, Price n’a pas non plus affiché l’aplomb auquel il a habitué les partisans au cours des années. Ses déplacements ont paru hésitants et il a concédé plusieurs retours sur des tirs relativement anodins, ce qui est inhabituel dans son cas.

«On n’est pas fou. On voit que ce n’est pas le Carey que l’on connaît», a reconnu Julien. «Il faut continuer à travailler avec lui, c’est pour ça qu’on a des entraîneurs. Ces choses-là, ça arrive à tout le monde durant une saison. Malheureusement, le gardien est le dernier espoir pour stopper une rondelle et ça paraît pire.»

Encore deux buts rapides

Encore une fois, les efforts du Canadien ont été minés par des buts rapides, alors que le Wild a pris l’initiative de la rencontre grâce à deux buts en 10 secondes tôt en première période. Price a raté son déplacement sur le but de Matt Cullen. Puis Matt Dumba a intercepté un dégagement de Price à la ligne bleue et décoché un tir avant que le gardien ne soit prêt à le recevoir. Nino Niederreiter a dévié la rondelle avant qu’elle ne franchisse la ligne des buts. 

Tyler Ennis a creusé l’écart tard en première période en marquant son 100e but dans la LNH. Ennis a inscrit 10 de ses buts face au Canadien, un sommet pour lui contre une équipe de la LNH. Il s’agissait aussi du 22e but accordé par le Canadien en première période en 13 rencontres cette saison.

Ryan Suter a porté la marque à 4-0 à mi-chemin en deuxième période. C’est la septième fois en 11 parties cette saison que Price accorde au moins un quatrième but dans un match. Dubnyk a finalement été battu par Gallagher 60 secondes après le but de Suter. Charles Hudon a amorcé la séquence en volant le disque à Cullen en zone neutre.

Ce but n’a pas vraiment redonné vie au Canadien et le Wild a profité de son quatrième avantage numérique de la soirée pour porter le coup de grâce après 34 secondes de jeu en troisième période. Jared Spurgeon a profité d’une passe transversale de Mikko Koivu pour tirer dans une cage béante, alors que Price n’a pas été en mesure de suivre le jeu rapide.

Shaw et Gallagher ont rendu les choses intéressantes par la suite, mais le résultat ne faisait déjà plus de doute. Marcus Foligno a éteint le feu en marquant dans un filet désert avec 1:55 à faire.

Le CH jouera à Winnipeg samedi et complétera son voyage de quatre matchs à Chicago, dimanche.

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En vitesse

Alex Galchenyuk peut se consoler. Il n’est pas le seul haut choix de son année de repêchage à chercher encore de la stabilité. Le défenseur Matt Dumba, repêché quatre rangs après Galchenyuk en 2012 et âgé lui aussi de 23 ans, a passé une partie du dernier match du Wild cloué au banc. En fait, il n’est pas retourné sur la patinoire après le but gagnant des Jets, marqué dès la première minute de la troisième période. L’entraîneur-chef du Wild, Bruce Boudreau, admet avoir pensé à laisser Dumba de côté jeudi soir. «Ça m’est passé par l’esprit. Mais je me suis dit que 19 minutes au banc, c’était assez. Il semble avoir compris le message»... Andrew Shaw, qui a raté l’entraînement mercredi, était bel et bien à son poste contre le Wild. «J’avais un petit rhume. Je me suis reposé hier, j’ai patiné ce matin et je me sens bien, donc je suis prêt», a expliqué le teigneux attaquant du Canadien... La dernière victoire du Canadien au Minnesota remonte au 20 mars 2011, un triomphe de 8-1. C’était d’ailleurs la dernière fois que le CH avait inscrit huit buts sur la route... jusqu’au match de lundi dernier à Ottawa.  La Presse

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Matt Cullen fêtera ses 41 ans sur la glace 

Qu’avez-vous fait lors de votre 41e anniversaire de naissance? Ou que prévoyez-vous faire, si ce n’est pas encore passé? Torrey Mitchell, lui, a sa réponse. «Je vais probablement m’extirper du lit avec mes deux cannes», lance à la blague l’attaquant du Canadien, croisé après l’entraînement matinal du Canadien en vue du duel contre le Wild du Minnesota.

Mitchell secoue la tête quand on lui apprend que Matt Cullen, son ancien coéquipier, célébrerait son 41e anniversaire de naissance... en pilotant le quatrième trio du Wild! Et il s’est même offert le premier but du match en cadeau!

Le vénérable centre en était à un 1377e match dans la LNH. Pendant ce temps, au sein du deuxième trio, on retrouve Luke Kunin, qui est né 37 jours après le premier match de Cullen dans la LNH... 

Matt Cullen s’aligne sur le quatrième trio du Wild, avec lequel il a signé un contrat d’une saison cet été.

Mitchell a côtoyé un Cullen de 36 ans en 2013, lors de la saison écourtée par le lock-out, au Minnesota. Ses souvenirs? «Je pense qu’il avait 1 % de taux de gras», se remémore l’athlète de Greenfield Park, qui est âgé de 32 ans. «Il est en excellente forme, ce qui est évident si tu joues encore dans la LNH à cet âge-là. Il prenait soin de son corps et c’est un vrai de vrai professionnel.

«Sur la patinoire, il est très intelligent et patine encore assez bien. Il a toujours eu un bon coup de patin. Et il est très vif dans les coins, croyez-le ou non. Il peut s’arrêter et repartir très rapidement malgré son âge. Il est plus rapide que ce que les gens croient», analyse Mitchell.

Cullen joue 13 minutes par rencontre en moyenne  dans ce qui sera «probablement» sa dernière saison. Natif du Minnesota, il est rentré à la maison cet été en signant un contrat d’un an avec le Wild, après avoir gagné la Coupe Stanley deux années de suite avec les Penguins.

«C’est un sport de jeunes. J’ai eu la chance de connaître du succès avec de bonnes équipes. J’aborde ça comme si c’est ma dernière, on réévaluera à la fin de la saison, mais je pense que c’est ma dernière saison.»

Polyvalence

Pour survivre, Cullen reconnaît qu’il a dû se trouver de nouvelles missions. «Avant, j’étais un joueur de deuxième trio, d’avantage numérique. En vieillissant, tu dois t’ajuster. J’ai travaillé sur mon coup de patin pour rester dans la ligue. J’ai aussi grandi en comprenant mieux le jeu, en comprenant ce que me rend utile à une équipe. Être polyvalent m’a permis d’aider des équipes.»

Et hors glace, Cullen doit avoir changé «probablement tout». «J’ai toujours aimé l’entraînement hors glace. Mais en vieillissant, j’ai dû changer mes façons de faire. Mon corps a beaucoup changé en 20 saisons. J’ai essayé plein de choses, j’ai vu ce qui fonctionnait le mieux pour moi. 

«La nutrition a aussi été un gros changement. J’ai fait plein de tests, j’ai consulté plusieurs personnes. Je ne mange plus de gluten ni de produits laitiers, ce qui a été un gros changement.

«J’ai grandi dans une famille de quatre enfants, je consommais beaucoup de ces produits! Mais quand tu vieillis, tu cherches toutes les façons de t’aider. Changer mon alimentation a été vraiment important. Pour certains, ça peut paraître anodin, mais quand tu vieillis, ces petites choses peuvent faire une grande différence.»  La Presse

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Seulement trois quadragénaires

À 45 ans, l’increvable Jaromir Jagr (Calgary) est le doyen de la LNH. Matt Cullen (41 ans) le suit et Zdeno Chara (Boston, 40 ans) est le seul autre quadragénaire dans ce qui a été une période difficile pour les vieillards du hockey. Mark Streit (39 ans) l’a appris à la dure quand son aventure avec le Canadien a pris fin après deux matchs, tandis que Shane Doan (41 ans) et Jarome Iginla (40 ans) se sont retrouvés le bec à l’eau, même s’ils souhaitaient poursuivre leur carrière. La Presse