L’entraîneur Charles Loranger en compagnie de deux bons espoirs, Mathias Roy et Charline Cloutier.

Le tennis reprend sa place à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Lorsque le centre intérieur Tennis 3R a ouvert ses portes, à l’automne 2016 près du pont Laviolette, dans le secteur Trois-Rivières-Ouest, le directeur technique Charles Loranger avait ciblé un horizon de cinq ans pour redonner ses lettres de noblesse au tennis trifluvien. Presque deux ans plus tard, force est d’admettre que le développement se fait plus vite que prévu.

Le volet récréatif a vu son nombre de jeunes adeptes exploser, tandis que la structure Sport-études des Estacades connaît un regain de vie. Même le Collège Laflèche et le Cégep de Trois-Rivières entrent dans la danse, une situation utopique il y a quelques années à peine.

Autre aspect encourageant, la relève chemine et certaines raquettes cognent à la porte des équipes du Québec. On parle notamment de Charline Cloutier, Liana Strohmeier, Michaël Bussières, Félix Fabian, Félix Lincourt et Hubert Gélinas. «D’en compter six à ce stade-ci, c’est incroyable. Ça veut dire qu’on fait bien les choses», se réjouit Loranger, le chef d’orchestre de cette petite révolution.

«Je suis bien entouré, il y a de bons entraîneurs avec moi. Juste aux Estacades, ce sont quatre coachs impliqués. On a augmenté les heures d’entraînement. La mission du développement à l’échelle junior, on l’applique.»

Petit à petit, l’élite du tennis à Trois-Rivières et dans le reste de la région trace sa voie. Si, à l’époque, un gars comme Jonathan Bédard de Shawinigan a pu gravir les échelons, d’autres pourraient suivre ses pas dans un avenir rapproché.

C’est le cas de Mathias Roy qui, à sa première année chez les 16 ans, est passé du 150e au 32e échelon au Québec. Il a remporté deux tournois de la Coupe Banque Nationale chez les juniors, en plus d’être finaliste à un troisième. Il prendra part à une compétition regroupant les 16 meilleurs joueurs de son groupe d’âge, à la fin septembre du côté de Québec. Parmi les autres joueurs qui se démarquent figurent Léa Boisclair (Grand-Saint-Esprit) et les frères Olivier et Gabriel Ayotte, à Shawinigan.

«Avec notre base qui se solidifie, on veut attirer nos bons joueurs régionaux vers le niveau provincial alors que ceux de l’échelon provincial, on compte les propulser jusqu’au national.»

Pour Loranger, il n’y a aucun doute que de miser sur une structure annuelle comme Tennis 3R facilite les opérations. «Il n’y a pas eu de relève à Trois-Rivières pendant 15 ans et l’absence d’une installation de qualité et permanente pour le tennis y a joué pour beaucoup.»

Le directeur technique note tout de même que l’Association de tennis de Trois-Rivières a fait du bon travail pour le tennis de proximité, travail qui se poursuit aujourd’hui en collaboration avec Tennis 3R, entre autres. À Shawinigan, le tennis scolaire a aussi la cote, mais l’offre demeure marginale une fois l’année scolaire complétée. «On veut les impliquer dans notre réseau de développement, tout en les gardant à Shawinigan parce que le tennis est très fort là-bas. Même chose à Bécancour, il y a une belle structure récréative, mais on veut que le tennis devienne plus qu’un sport saisonnier.»

L’émergence du collégial
En deux ans, le nombre d’étudiants-athlètes spécialisés dans le tennis aux Estacades a bondi, passant de 6 à 18 joueurs. C’est sans surprise que l’Académie et le Collège Laflèche en sont venus à une entente pour que les joueurs puissent poursuivre leur développement une fois les études collégiales amorcées. Au Cégep de Trois-Rivières, une équipe de tennis verra également le jour et intégrera un circuit québécois.

«Ils n’auront pas de difficulté à recruter dans les prochaines années, prédit Charles Loranger. Dans le tennis récréatif à l’ATTR, nous sommes passés de 30 à 50 jeunes à plus de 150. La relève est présente, c’est très motivant pour le futur.»