Steve Turcotte
Le Nouvelliste
Steve Turcotte

Le temps arrange les choses

CHRONIQUE — J’ai eu une pensée pour Marc-André Bergeron lundi quand j’ai appris les retards dans la livraison du nouveau Colisée.

Avec le recul, l’ex-joueur du Canadien doit se réjouir que les négociations entre la Ville de Trois-Rivières et l’homme d’affaires Dean MacDonald pour l’implantation d’une franchise ECHL aient traîné en longueur l’hiver dernier. Une entente rapide, et ce potentiel club-école du Canadien devrait faire ses premiers pas dans la cité de Laviolette à l’automne. Vous imaginez Bergeron courir après les commanditaires en ces temps de pandémie? Sans même avoir joué un seul match, la concession aurait du plomb dans l’aile. Solide à part ça.

Ajoutez au puzzle les ennuis logistiques que poseraient les retards au nouveau Colisée, l’incertitude qui entoure la reprise du sport-spectacle et vous auriez tous les ingrédients pour un spectaculaire écrasement!

La valse-hésitation pré-pandémie permet plutôt aux deux parties de faire leurs vérifications diligentes sans stresser. Ça discute, ça négocie, ça se rapproche. Il y a peu de bruit dans les médias sur la mécanique actuelle, ce qui est généralement bon signe. Des deux côtés, on s’attend à boucler un pacte dans les prochains mois, pour un lancement lors de la saison 2021-22.

Un appel à Courteau

Si MacDonald et Bergeron l’ont échappé belle, la situation actuelle est tout aussi avantageuse pour la Ville. Une entente rapide, et Trois-Rivières serait liée à l’investisseur des Maritimes. Qui sait si MacDonald n’aurait pas voulu rouvrir rapidement l’entente, vu ce qui se passe actuellement? Ce qui est certain, c’est qu’en cas d’échec, la réputation de Trois-Rivières aurait à nouveau été entachée au point de vue sportif.

Et puis, tous ces problèmes reliés à la COVID-19 pourraient peut-être créer de nouvelles opportunités.  


« Ce n’est pas un grand secret d’État, Jean Lamarche rêve du hockey junior pour meubler son Colisée. »
Steve Turcotte

Malgré son amitié de longue date avec Gilles Courteau, la porte a toujours été fermée. Ça ne l’empêche pas de cogner à intervalles réguliers.

«À chaque fois qu’il y a quelque chose de nouveau qui se passe, j’appelle. Il y a deux semaines, je me suis donc permis de le rappeler en invoquant la pandémie. Mais son discours n’a pas changé: il n’y a pas de projet d’expansion ni d’équipe qui souhaite déménager. Je suis allé à la pêche, mais je n’ai rien ramené!», sourit Lamarche, qui précise que le groupe de MacDonald est au courant des préférences de la ville.

«Ce n’est pas un problème pour eux. S’il y a une opportunité pour nous dans la LHJMQ, ils ont déjà dit qu’ils se tasseraient. Tout se passe dans le respect.»

Reste à voir si les nouvelles réalités économiques vont obliger certaines équipes à explorer leurs options au cours des prochains mois. La semaine passée, on me disait qu’un petit marché avait placé plusieurs de ses hommes de hockey au régime sec, incluant des dépisteurs. À un mois du repêchage! Ça ne garantit pas, évidemment, que cette équipe sera bientôt disponible. Mais ça donne quand même une idée de sa fragilité.

Quand on pose des questions aux gens du milieu, le scénario de reprise le plus probable semble être celui de janvier. Déjà, le Nouveau-Brunswick a interdit les rassemblements de plus de 250 personnes… jusqu’au 31 décembre. Sans fixer de date, le premier ministre François Legault a été assez clair de son côté sur le fait que les grands rassemblements intérieurs sont très loin sur sa liste de déconfinement.

Techniquement, les concessions de la LHJMQ pourraient être sans revenus pendant plus de huit mois. Ceux qui avaient besoin de tout leur petit change pour rester à flots vont sentir la pression s’accentuer au fil des semaines, c’est inévitable.

Dans ces conditions, rien ne presse pour la Ville de se lier à la ECHL. Avec un amphithéâtre de 5000 places flambant neuf, niché au cœur du Québec, Trois-Rivières pourrait devenir l’élément central d’un plan de sauvetage...