L’entraîneur d’Adam Braidwood, Richard Le Stage, n’est pas impressionné par le curriculum vitae de Simon Kean.

Le Stage tire à boulets rouges sur Kean

SHAWINIGAN — Ça fait un méchant bout de temps que Simon Kean et Adam Braidwood veulent régler leurs comptes sur le ring. Si la guerre verbale a été aussi longue, c’est que l’entraîneur de Braidwood, Richard Le Stage, avait exigé un an de travail avec son nouveau poulain avant de l’envoyer dans la fosse aux lions.

Douze mois et deux combats préparatoires plus tard, Le Stage est confiant que son élève dispose des outils pour créer une surprise. «Vous allez découvrir un boxeur bien différent samedi. À la base, Adam est déjà un meilleur athlète que Simon. Le football lui a enseigné comment gagner. Il y avait 30 gars qui voulaient une place, et il était numéro un… Adam a faim, il est déterminé. Je sais qu’il est prêt à faire ce qu’il faut pour gagner. S’il suit le plan de match, c’est ce qui va arriver.»

Faut dire aussi que Le Stage n’est pas un grand fan de Kean. Il comprend mal pourquoi il y autant de publicité autour de lui. «C’est un bon boxeur, mais je ne crois pas qu’il appartient à l’élite mondiale. Je ne crois pas qu’on le verra un jour champion du monde», tranche sans détour Le Stage.

Braidwood a amorcé sa carrière de boxeur directement chez les pros. Kean, lui, montre un beau bagage amateur, dont le sommet fut sa participation aux Olympiques de Londres. Encore là, Le Stage émet un bémol.

«C’est le rêve de tout boxeur amateur de se rendre aux Olympiques. Bravo, je ne lui enlève pas ça. Mais comment s’est-il qualifié déjà?», questionne Le Stage, sachant très bien que Kean avait été passé K.-O. par celui qui avait gagné la qualification continentale, ce qui lui avait octroyé lui aussi un laissez-passer.

«Et une fois rendu aux Jeux, a-t-il gagné une médaille? Non. Ma vision des choses, c’est que son passage aux Jeux lui a montré comment perdre d’abord et avant tout», poursuit Le Stage, qui n’achète pas plus l’idée que Kean a été davantage testé chez les pros.

«Pour moi, les deux fiches sont comparables. Hé, au dernier combat de Kean, le véritable enjeu était de savoir si son rival allait être capable de se faufiler entre les câbles pour se présenter dans le ring! On a deux espoirs devant nous, deux gars qui n’ont pas encore été réellement testés. C’est ce qui fait que ce combat est très excitant. On va découvrir ensemble lequel est le meilleur.»

Chose certaine, Le Stage croit fermement que son protégé est plus puissant que le Trifluvien. «Allez voir les combats de Kean: il envoie ses gars au tapis, mais ils ne sont pas K.-O. Quand Adam envoie quelqu’un au tapis, il est toujours blessé. Aussi, quand on regarde les combats de Kean, on s’aperçoit qu’il a affronté des gars plus petits que lui. Il va constater assez vite que tu n’envoies pas au tapis un gars de ton gabarit de la même façon que tu peux le faire avec des boxeurs grassouillets», prédit l’entraîneur, dont le mandat initial sera de retenir son bouillant cheval en début de combat.

«On veut s’établir en partant, c’est sûr, mais il ne faut pas être surexcités non plus. Dix rounds pour des gars aussi costauds, c’est taxant. Chaque boxeur a des faiblesses. On connaît celles de Simon. Adam n’a pas besoin de 1000 trucs pour le battre. S’il en maîtrise trois ou quatre, il va passer une belle soirée.»