Shany et Shelden Black ont grandi sur les terrains de soccer. Aujourd’hui, c’est des lignes de touche, comme entraîneurs, qu’ils redonnent à leur sport. Et ils le font de brillante façon, avec de bons résultats.

Le soccer, une passion fraternelle

Trois-Rivières — Shany a 33 ans, Shelden 30. Les frères Black sont jeunes et pourtant, ils comptent une trentaine d’années d’expérience cumulées comme entraîneurs. La passion du soccer les anime, le succès colle à leurs crampons, surtout par les temps qui courent.

Comme bien des jeunes, Shelden a embrassé un sport que son aîné pratiquait déjà. «J’étais le petit frère fatigant que Shany traînait avec lui sur les terrains», dit-il en riant.

La pratique sportive était destinée à occuper une place importante dans leur vie. Le grand-père paternel, un hockeyeur, a failli se tailler une place avec le Canadien il y a quelques décennies. «C’est drôle, parce que notre père était un joueur de baseball, mais nous n’avons pas tellement touché à ces deux disciplines», partage Shany, pour qui un simple passe-temps, jusqu’au cégep, est devenu un emploi, saisonnier d’abord, puis à temps plein.

«Au début de mes études collégiales, j’ai dû choisir entre le football et le soccer. Après une longue hésitation, j’ai opté pour le deuxième. Je ne le regrette pas!»

Des dizaines de jeunes et autant de parents doivent saluer cette décision encore aujourd’hui. Shany Black s’implique dans la structure du soccer régional depuis une quinzaine d’années. Comme son frère.

Le premier vit du soccer à temps plein, le second, un enseignant en mathématiques au Séminaire Saint-Joseph, dirige le programme de futsal du Vert et Or ainsi que celui du soccer masculin au Cégep de Trois-Rivières.

Dans les dernières semaines, leurs équipes ont fait parler d’elles pour les bonnes raisons. Les Diablos sont quatrièmes au Québec en division 2 et ils visent une promotion vers le meilleur calibre de jeu, la division 1. Shany, qui dirige les destinées des Patriotes de l’UQTR, aspire à un podium au Championnat canadien universitaire ces jours-ci.

«J’ai beaucoup de respect pour ce qu’il accomplit», avoue Shelden, un spectateur attentif dans les tribunes au tournoi national. «J’apprends encore pas mal de choses de lui, entre autres sur la psychologie sportive. On se complète bien quand on travaille ensemble.»

Comme avec l’équipe senior du Club de soccer de Trois-Rivières (CSTR), qui renouera avec le niveau AAA dès l’an prochain après une bonne saison dans le réseau AA. Les deux Blacks dirigeaient les troupes. «Je me sens privilégié de gagner ma vie dans le soccer en région, car je sais que c’est plutôt rare. Il n’y a pas un matin que je me lève malheureux», confie Shany Black, également le directeur technique du CSTR.

Les succès obtenus par les équipes scolaires réjouissent le tandem, mais d’autres défis pointent. «On a assisté à une belle montée du soccer en Mauricie il y a une douzaine d’années, sauf que là, nous sommes un peu sur le neutre, voire en diminution, constate Shany Black. Il y a des besoins, dont l’accessibilité. Il faut mieux desservir le soccer de base. Au moins, on peut s’appuyer sur les bons résultats et voir l’avenir avec optimisme.»

Les jeunes, eux, peuvent s’appuyer sur des entraîneurs passionnés comme les frères Black, qui continuent de faire leurs preuves.