Les clubs de soccer de la Mauricie préparaient leur retour sur le terrain le 22 juin, avec des entraînements et autres jeux techniques à distance. Les annonces gouvernementales de mercredi leur permet désormais de plancher sur une saison normale, avec des mesures sanitaires strictes.
Les clubs de soccer de la Mauricie préparaient leur retour sur le terrain le 22 juin, avec des entraînements et autres jeux techniques à distance. Les annonces gouvernementales de mercredi leur permet désormais de plancher sur une saison normale, avec des mesures sanitaires strictes.

Le soccer devra s’adapter, et vite!

TROIS-RIVIÈRES — Les clubs de soccer de la Mauricie s’attelaient à la tâche depuis quelques semaines en vue du retour sur les terrains, le 22 juin. Ils s’attendaient à des pratiques sans contact, or le gouvernement leur réservait une petite surprise mercredi: le retour des matchs, dès que possible!

Président des Rebelles de l’Est, Patrick Champagne avoue avoir sursauté en écoutant le point de presse de la ministre Isabelle Charest. Son petit garçon de 8 ans, lui, cachait mal sa joie; son été ne se limiterait pas à des jeux techniques, à deux mètres de ses amis.

«Comme parent, je suis heureux pour lui et pour nos jeunes. Comme administrateur de club, ça se corse un peu...»

Ce sentiment est partagé par plusieurs entraîneurs et directeurs d’associations locales ou régionales. Tous saluent le retour des matchs et des ligues, prévu vers le début juillet. Soccer Québec enverra des directives à ses milliers de membres, d’ici le week-end.

D’un autre côté, ces associations planchent sur la phase 1 du déconfinement du soccer depuis des semaines. Or, la fédération provinciale a publié, mercredi, que les annonces de la Santé publique permettaient de passer directement à la phase 5, celle des activités entre les clubs et les régions. Bref, le retour aux activités normales, dans un sport légèrement adapté aux mesures sanitaires et avec contacts autorisés.

«Ce n’est pas tout le monde qui est prêt pour la phase 1, et là, on saute à la phase 5», illustre Patrick Champagne, en rappelant que des clubs ont perdu des entraîneurs et des travailleurs saisonniers.

«Il faudra s’adapter! On le fera pour nos jeunes.»

Parlant des jeunes, les tout-petits (U4 et U6) pourront eux aussi intégrer les activités à compter du 22 juin. Il faut prévoir une hausse d’inscriptions dans la plupart des clubs, grâce à l’ajout de ces catégories.

Du bon stress

À l’Association régionale de soccer de la Mauricie (ARSM), Sophie Poujade reconnaît que les annonces de mercredi forceront tout le monde à redoubler d’ardeur.

La Santé publique juge que les contacts «courts et sporadiques» au soccer rendent possible la tenue de matchs. En Europe, ce sport est d’ailleurs déconfiné depuis plusieurs semaines, dans certains circuits professionnels.

Le président du club des Rebelles de l’Est à Trois-Rivières, Patrick Champagne, est heureux pour les jeunes, mais admet qu’il s’agit d’un très bon défi pour les administrateurs des équipes.

«Nous allons travailler fort pour nos membres. On espère aussi que les parents comprendront qu’on se revire sur un 10 cents. J’étais en train d’approuver les plans des clubs pour la phase 1 en vue du 22 juin. C’est tout un revirement de situation!»

L’ARSM comptait plus de 4000 membres à la fin de la saison 2019. Cette année, ce nombre tourne autour de 2600, en date de mercredi. «Ce n’est pas dramatique. Cinq clubs sur huit commençaient leur phase 1 dans les jours à venir. Ils auront du pain sur la planche, sauf que c’est du bon stress.»

Le casse-tête de l’interrégional

La Mauricie aligne 16 équipes évoluant dans les calibres AA ou AAA, des moins de 13 ans jusqu’aux rangs seniors. Quatorze d’entre elles appartiennent au Club de soccer de Trois-Rivières, les deux autres défendent les couleurs des Chevaliers de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Pour elles, il faudra donc penser à un calendrier interrégional. Ce qui prend en temps normal quelques mois à fignoler devra être complété en moins de deux semaines, afin que tout ce beau monde puisse jouer des matchs compétitifs en juillet.

«On ne sait pas encore si les voyages en autobus seront permis, indique Sophie Poujade. Comment allons-nous orienter ces compétitions AA et AAA? Disons que c’est plus rigide pour l’élite.»

Le directeur technique du CSTR, Shany Black, confirme que les défis sont grands, mais il préfère voir le verre à moitié plein.

«La semaine dernière, j’étais pessimiste à savoir si nous allions sauver la saison, et là c’est l’inverse! Ça devient envisageable, notre staff est prêt pour ça. Nous allons devoir rester vigoureux par rapport à la propreté des lieux, au nettoyage des mains. Ce sera très prenant.»

Au moins, les entraîneurs de la région retrouveront une certaine normalité lors des entraînements et des parties.

«C’est vrai que nous devons nous adapter rapidement. D’un autre côté, ce n’est pas de l’inconnu pour nous, cette phase 5 du déconfinement. La phase 1 par contre, avec les jeux techniques et la distanciation de 2 mètres, c’était de l’inconnu!»

Black pense aussi à l’expérience client, assurément bonifiée. «Plusieurs jeunes et leurs parents attendaient que les phases de match soient de nouveau permises pour s’inscrire. C’est donc une excellente nouvelle.»

Même son de cloche chez le président de son club, David Cossette. «Repartir les ligues et former les équipes, ce ne sera pas évident dans un si court laps de temps. On devra s’assurer de bien faire les choses. Par contre, nous ne sommes pas en position pour nous plaindre! C’est une belle victoire pour les sports d’équipe.»