Anne Perreault suit les traces de sa mère, Luce Mongrain, joueuse de l’équipe nationale de soccer du Canada de 1987 à 1995.

Le soccer, de mère en fille

TROIS-RIVIÈRES — Comme sa mère, elle peut jouer en défense centrale, même si sa position naturelle demeure le milieu de terrain défensif. Et comme sa maman, Anne Perreault mise sur le jeu physique pour s’imposer sur un terrain de soccer. Intense, allumée, bonne communicatrice et rapide, la Trifluvienne de 13 ans a fait ses premiers pas sur l’Équipe du Québec dans son groupe d’âge, la fin de semaine dernière.

Dans le vestiaire des fleurdelisées à St-Hubert, personne ne savait que la mère de Anne, Luce Mongrain, a joué pour l’équipe nationale du Canada de 1987 à 1995. Qu’elle a fièrement représenté son pays à la Coupe du monde de soccer. Pour la mère et la fille, c’est parfait ainsi.

«J’ai beaucoup de plaisir à suivre Anne, mais quand je suis dans les estrades, je garde un profil bas. Si les gens ne me reconnaissent pas, c’est tant mieux!»

Ça fait déjà quelques années que le talent de la petite Anne - qui n’est pas si petite que ça, à 5 pieds 6 pouces - est reconnu dans le monde du soccer régional. En compagnie de ses équipières de la Mauricie, elle a terminé au pied du podium lors des Jeux du Québec de 2018, à Thetford Mines. C’est là-bas que les entraîneurs de Soccer Québec l’ont remarquée.

L’étudiante de deuxième secondaire à l’Académie les Estacades est revenue un peu amochée de son expérience de St-Hubert, avec Équipe Québec. Une blessure à l’aine la force à sauter quelques entraînements, alors que la saison de soccer civil approche à grands pas. Cet été, elle défendra les couleurs du Club de soccer de Trois-Rivières, dans la classe U14 AA, l’échelon le plus relevé du secteur compétitif.

«Il faisait froid et c’était encore un match physique, comme je les aime», sourit l’adolescente, pour qui il s’agit d’une première «vraie blessure» en carrière. «J’ai eu quelques commotions, mais sinon, j’ai été épargnée.»

En raison de sa condition, Anne a été limitée à un seul des trois matchs disputés face à l’Ontario, une puissance au pays. «Je vais me reprendre. Mon but, c’est de continuer à jouer pour les équipes du Québec.»

Sa propre voie

Au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, juste avant d’emprunter le corridor menant aux vestiaires et au terrain synthétique, une affiche géante témoigne de la carrière de Luce Mongrain. Aujourd’hui coordonnatrice des programmes Sport-études aux Estacades, la grande dame du ballon rond mauricien se plaît à rappeler que bien des étudiants-athlètes ignorent tout de son ancienne carrière.

Dans le clan familial, le sujet est aussi bien peu abordé. Pour ses parents, il est primordial que Anne trace sa propre voie.

«Parfois, des gens nous approchent et nous demandent, à la blague, si Anne va devenir meilleure que moi. On comprend que pour eux, c’est facile de dresser des parallèles, sauf qu’à la maison, on ne pense pas comme ça. On ne veut pas sauter d’étapes avec elle. On est très naïfs dans notre façon de voir ça. Il n’y a aucune pression», assure Luce Mongrain.

Il y a plusieurs années, la mère avait d’ailleurs été claire au sujet des intentions de sa fille. «Pour moi, c’était important qu’elle joue au soccer pour les bonnes raisons, pas parce qu’elle est bonne et qu’elle est la fille de Luce Mongrain. Mais à la lumière de nos discussions, j’ai compris qu’elle aimait vraiment son sport.»

La bonne nouvelle, c’est que le soccer lui rend bien cet amour. Le week-end dernier, bon nombre d’entraîneurs de l’Association canadienne ainsi que des représentants d’universités américaines étaient présents pour épier les meilleures joueuses du Québec et de l’Ontario. Ex-coéquipière de sa maman sur l’équipe nationale, l’entraîneure de l’équipe de l’Université du Texas à Austin, Angela Kelly, a invité Anne Perreault à un mini-camp pour la voir en action.

«Ce sont de belles expériences», sourit la principale concernée, qui ne recherche pas nécessairement les conseils soccer auprès de sa mère. Et ce n’est pas cette dernière qui va s’en plaindre!

«Si elle a des questions, je pense que Marie-Ève [Nault] peut être plus utile, parce que le sport a beaucoup changé. Elle a joué pour l’équipe nationale dans une génération plus récente et c’est quelqu’un qui nous ressemble», enchaîne Luce Mongrain, dont la fille a hérité de ses traits de caractère... et de son style de jeu.

«On est deux tannantes! Côté personnalité, on est presque pareilles sur un terrain. Comme moi, elle joue au basket. C’est bon pour son jeu de pied et son explosion.»

Quant à la fameuse affiche au CSAD, Anne Perreault ne la remarque pratiquement plus!

«Je passe là trop souvent, dit-elle en riant. J’aime ma mère, mais mon véritable modèle, c’est ma grande sœur Laurence. Elle a choisi la natation et elle a une bonne discipline. Elle m’a beaucoup appris, par l’attitude qu’elle dégage.»

Au fond, c’est sans doute ce que Luce Mongrain préfère. «Elle ne doit pas se comparer à moi», conclut la maman, fière et prudente.

Un autre joueur se signale

Si Anne Perreault était la seule joueuse de la Mauricie invitée au match du Québec contre l’Ontario, il y avait aussi un représentant du côté masculin. Frank Loic Goufo Zoumessi, des Estacades, a participé au tournoi.