Le rugby est l'un des sports d’automne qui pourrait voir sa saison annulée.
Le rugby est l'un des sports d’automne qui pourrait voir sa saison annulée.

Le RSEQ poursuit sa réflexion sur l'annulation de la saison automnale

Même si les conférences universitaires de l’Ontario et des Maritimes ont annoncé l’annulation leur saison sportive inter-universitaire pour le reste de 2020, que la conférence de l’Ouest l’a fait pour ses sports d’équipe et que U Sports a confirmé l’annulation de ses six championnats nationaux d’automne dont la Coupe Vanier, le RSEQ, lui, prolonge sa réflexion et croit même tenir des activités sportives à l’automne.

«À la vitesse que les choses vont, on peut penser qu’il pourrait y avoir du sport universitaire cet automne au Québec», a expliqué Julie Dionne, directrice du Service des activités sportives de l’Université Laval. «Un des principes que l’on s’est donné en direction, c’est, dans la mesure du possible et en suivant les recommandations de la Santé publique, d’être en mesure d’offrir une saison sportive à nos étudiants-athlètes. Si c’est une saison complète, tant mieux. Mais elle pourrait aussi être modifiée ou raccourcie. Ça pourrait même être un calendrier différent dans le temps. Si on peut offrir quelque chose, on va essayer d’arranger ça. Il va cependant falloir se donner une date limite pour nous entendre.

«La décision ne viendra pas du RSEQ, mais de l’ensemble des directions universitaires qui forment le conseil d’administration du RSEQ. «On fait partie de ses discussions. Mais pour le moment, on n’est pas prêts à faire une annonce.»

Selon le bruit qui courait lundi, c’est à la mi-juillet que le RSEQ annoncerait sa décision de présenter ou non une saison automnale. «C’est une date qui a été avancée et que j’ai vu passer, mais ce n’est vraiment pas une date que les gens de la direction ont arrêtée parce que nous ne sommes pas rendus là. On n’a pas encore voté pour une date butoir.

«Il pourrait peut-être même y avoir deux dates. La première concernerait la tenue des activités sportives avec un calendrier complet et une seconde avec une reprise, mais avec un calendrier écourté, de moitié par exemple. On évalue présentement tout ça. Nous les directions, on se rencontre à toutes les semaines pour discuter de tout ça.»

Plusieurs facteurs

Mme Dionne a indiqué que la décision d’aller de l’avant avec la reprise ou non des activités dans les différents circuits universitaires du RSEQ n’en n’était pas une de sport pour du sport. Plusieurs autres facteurs devaient être pris en considération et pouvaient avoir un impact sur la possibilité de permettre aux étudiants-athlètes de renouer avec la compétition. D’abord, les universités ont toutes des réalités différentes. Et certaines décisions de la Santé publique pourraient avoir des conséquences sur une, sur quelques-unes ou sur toutes.

Un report tard à l’automne, par exemple, du retour des étudiants sur les campus des universités saboterait les possibilités d’offrir du sport inter-universitaire. Et qu’est ce que feraient les équipes qui alignent de nombreux joueurs étrangers si ceux-ci ne peuvent pas revenir au Québec dès la rentrée?

«Il y a aussi des facteurs financiers. Le fait que nos installations sportives soient fermées depuis plusieurs mois rend la situation plus difficile financièrement pour tout le monde. Et il faudra voir de quelle manière on va remonter tout ça. Est-ce que l’on est prêts à aller de l’avant? Certaines universités vont peut-être dire oui et d’autres non. Qu’est ce que l’on va faire avec ça? Pourrait-on faire une ligue avec moins d’équipes? Et peut-être que pour certains sports ça sera oui et d’autres non, la Santé publique ayant décidé que l’on est capable de faire quelque chose d’intéressant avec le cross-country, mais qu’on est pas capable de jouer au soccer. Ça aussi ça se pourrait. 

«Il y a donc tout ça qui est en ligne de compte. Il y a plusieurs éléments que l’on doit explorer. Mais comme la santé publique est une juridiction provinciale, on est en lien avec elle pour connaître les différentes phases de déconfinement et voir si ça se peut ou non.»

Mme Dionne a voulu se faire rassurante. La liste des sports d’automne qui pourraient voir leur saison annulée sont le football, le rugby, le soccer féminin et masculin et le cross-country féminin et masculin. Oui des sports comme le volleyball, le basketball, la natation, etc. commencent leurs activités à l’automne, mais l’annulation de toutes les activités sportives inter-universitaires en 2020 n’aurait pas comme conséquence d’hypothéquer leurs saisons.

«Ça se pourrait que ces sports commencent plus tard dans l’année parce qu’elles sont pratiquées à l’intérieur. Ces étudiants-athlètes ont la chance de compétitionner dans un gymnase ou dans une piscine.»

La directrice du SAS n’a pas caché que l’annulation des championnats canadiens prévus cet automne constituait une grande déception pour les étudiants-athlètes pour qui ces grands rendez-vous sont un accomplissement. «Ça fait sûrement mal dans le cœur des athlètes. Mais dans le contexte actuel, avec les voyages entre les régions et les provinces et tout l’aspect financier, je le comprends. Et c’est une décision de U Sports qui a été prise par un conseil d’administration dont les membres sont les directeurs des sports des universités.»  

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LES FILLES DE LAVAL CHAMPIONNES PENDANT DEUX ANS

Déçu de la décision de U Sports d’annuler le championnat canadien de rugby, Kévin Rouet, l’entraîneur-chef du Rouge et Or, n’avait pas perdu son sens de l’humour pour autant. «Le bon côté de la chose, c’est que l’équipe sera championne canadienne pendant deux ans.»

Comme la grande majorité des intervenants des milieux sportifs universitaires, le coach du Rouge et Or et ses joueuses s’attendaient à ce que l’organisme qui gère le sport inter-universitaire canadien décide de tirer un trait sur tous ses championnats nationaux automnaux. Et c’est dimanche après-midi qu’il en avait reçu la confirmation. Tout de suite, il l’avait communiqué à ses joueuses. 

Impatientes de reprendre le flambeau et d’amorcer la conquête de leur titre canadien, les porte-couleurs lavalloises se croisent maintenant les doigts pour que le RSEQ n’imite pas les conférences de l’Ouest, de l’Ontario et des Maritimes en annulant la saison régulière. Pour elles, disputer un calendrier, même réduit, constituerait un baume sur leur déception. Et selon Ruet, il n’y a pas de doute que leur motivation serait aussi grande qu’elle l’aurait été si la saison 2020 s’était déroulée dans un contexte normal.

«On a gagné le championnat canadien l’année dernière, mais nous n’avions pas mis la main sur le titre provincial», a-t-il rappelé. «Ça fait trois ans que je suis ici et nous n’avons jamais remporté le championnat québécois. Il n’y a pas de doute que poursuivre l’objectif de le gagner serait une belle source de motivation pour tout le monde.

«Pour le moment cependant, on ne sait pas si nous serons en mesure de disputer des matchs cette année. On attend la décision du RSEQ. Mais on n’y pense pas trop. Et ce qui nous motive c’est l’idée de nous retrouver ensemble sur le terrain. C’est pour cela que nous travaillons.»

Des solutions trouvées

Félix-Antoine Lapointe, l’entraîneur-chef de l’équipe de cross-country du Rouge et Or, avait deux bonnes raisons d’être déçu de l’annulation des Championnats canadiens de cet automne. Non seulement il avait de nouveau une équipe pouvant rivaliser pour les grands honneurs mais de plus, le Championnat canadien avait lieu ici à Québec.

«Lors des dernières années, nos équipes de cross-country avaient été dans les meilleures au pays» a lancé l’entraîneur lavallois. Et on avait encore un bon noyau cette année, un bon groupe à maturité tant chez les femmes que chez les hommes. Et comme les championnats devaient avoir lieu sur les Plaines d’Abraham, nos étudiants-athlètes étaient motivés à bien faire à la maison et à viser les titres nationaux. Gagner et le faire à la maison, c’était excitant.»

«C’est sûr que c’est une déception. Mais ça ne m’a pas surpris. On s’y attendait avec les rumeurs qui circulaient depuis quelques jours et les discussions que j’avais eues avec mes collègues des autres conférences au pays. En fait, on sentait une petite déception autant chez les athlètes que chez les coachs depuis que l’on s’en allait vers une annulation des championnats U Sport.

Pour Lapointe, une autre source de déception était de penser que dans un sport comme le cross-country, il aurait peut-être été possible d’apporter des ajustements pour respecter la distanciation sociale.

«Dans les dernières semaines, les coachs avaient réfléchi pour trouver des solutions. Au lieu d’un départ de masse, on aurait pu faire des courses de type poursuite comme en ski de fond avec des départs aux 20 ou aux 30 secondes et en prévoyant des corridors pour les dépassements. On était optimistes qu’il y avait moyen de faire quelque chose. On comprend la décision de U Sports. Mais la situation évoluant tellement rapidement, je ne peux m’empêcher de penser que c’était peut-être un peu tôt d'annuler. Mais avec les aspects logistiques, finances, etc. je comprends.»

Lapointe a dit souhaiter que le RSEQ, qui n’a pas encore décidé s’il présenterait des compétitions sportives inter-universitaires cet automne, aille de l’avant contrairement aux Conférences de l’Ontario et des Maritimes. Le fait pour ses jeunes de pouvoir se mesurer à leurs rivaux québécois mettrait un baume sur leur déception et pourrait leur apporter une certaine consolation.

«Avec tout ce que l’on a vécu au cours des derniers mois où on ne pouvait même pas avoir des entraînements en groupe — ça recommence à peine — de se dire qu’il y aura peut-être un calendrier provincial c’est sûr que ça demeure une bonne nouvelle même si on est un peu triste qu’il n’y ait pas de championnat national.»

Interrogé sur son plus grand défi cette saison, Lapointe a indiqué qu’il serait de faire en sorte que ses athlètes dont les priorités étaient nationales demeurent motivés même pour un calendrier provincial.»