Victor Lafrenière est un mordu de rodéo. On le voit sur cette photo monter un bouvillon de près de 800 livres, sous le regard admiratif et inquiet de son père (en rouge) Pascal Lafrenière.

Le rodéo dans l’âme

SAINT-TITE — Les grandes estrades de Saint-Tite seront le théâtre ce week-end des trois derniers rodéos professionnels de la 52e édition du Festival western. Les deux rodéos de samedi offrent une dernière chance aux compétiteurs d’obtenir un laissez-passer pour la finale de l’IPRA. Et pour le monteur de bouvillons Victor Lafrenière et la cavalière Fanny Dessureault, deux compétiteurs de la région passionnés de rodéo depuis leur enfance, cette finale pourrait être l’occasion de briller chez eux.

Bien qu’il réside à Saint-Boniface, Victor Lafrenière est chez lui à Saint-Tite. Les grandes estrades sont en quelque sorte sa deuxième maison. L’adolescent de 15 ans a littéralement grandi dans les coulisses des rodéos, étant le fils de Pascal Lafrenière, le directeur général du Festival western depuis onze ans. «Depuis que je suis petit que je vais voir le rodéo. Quand c’était les taureaux, je tripais ben raide», avoue Victor Lafrenière.

Le jeune cow-boy n’en serait pas à sa première participation à la finale de l’IPRA à Saint-Tite. En 2016, il a d’ailleurs remporté cette finale devant des estrades bondées d’amateurs. L’année précédente, le jeune monteur de bouvillons, des bêtes pesant près de 800 livres et arborant souvent d’imposantes cornes, a aussi remporté le circuit Wildtime des rodéos qui se déroulent dans les mois précédents le Festival western de Saint-Tite.

Pour prendre part à la finale de dimanche et se retrouver dans le cercle des vainqueurs, soit les compétiteurs de toutes les disciplines ayant le mieux réussi lors des rodéos de qualifications, Victor Lafrenière doit avoir un des deux meilleurs résultats de sa discipline. Pour y arriver, il devait rester huit secondes sur le dos d’un bouvillon lors du rodéo de vendredi soir, ce qu’il a réussi.

Le jeune compétiteur n’a toutefois su qu’une heure avant la compétition sur quel bouvillon il devait monter. Et cela a comme toujours grandement influencé sa performance. «Lorsque je connais mon animal, je vais souvent regarder des vidéos des compétitions précédentes. Sinon, c’est plus mentalement que je me prépare. Il faut rester concentré et rester dans le beat de gagner», souligne-t-il avant d’aborder son état mental lorsqu’il est sur son animal prêt à se lancer dans l’arène.

«Dans la chute, je ne pense à rien. C’est l’animal et moi. Je n’entends pas l’annonceur et la foule. Je me concentre sur mon animal. Quand je suis prêt, je demande ma porte.»

Lorsque la porte de la chute s’ouvre, c’est à ce moment que les choses sérieuses commencent. Seuls les compétiteurs de rodéos savent à quel point huit secondes peuvent sembler durer une éternité. Et tout peut arriver. Bien qu’il a généralement été épargné par les blessures, Victor Lafrenière a déjà été piétiné par un taureau lors d’un rodéo présenté à Saint-Tite. «C’est sûr qu’en tombant il peut arriver plein d’affaires. Le plus souvent, je ne pense pas aux blessures. Je me concentre sur ma ride», avoue le jeune cow-boy. «Si on pense trop à ça, c’est là que tu te mets à douter et que tu deviens plus stressé et que ça va mal.»

L’adolescent devra toutefois attendre les résultats des rodéos de samedi, lorsque le dernier compétiteur de sa catégorie sortira des chutes pour compléter son huit secondes, avant de s’avoir s’il sera de la finale de dimanche. Peu importe qui fera cette finale chez les jeunes monteurs de bouvillons, l’amitié entre les jeunes monteurs de bouvillons survivra. Pascal Lafrenière avoue être tellement impressionné de voir la camaraderie qui règne dans cette discipline. Les adolescents ont un immense respect les uns pour les autres et ils s’encouragent constamment. Les jeunes souhaitent même obtenir des pointages identiques lors des qualifications afin d’être plus à prendre part à la grande finale.

«La plupart des personnes contre qui je compétitionne, ce sont mes meilleurs amis», avoue le jeune Victor Lafrenière. «Je veux qu’il réussisse parce que c’est mon ami, mais en même temps s’il n’y arrive pas, je peux me classer plus facilement.»

Habitué d’assister à des rodéos, Pascal Lafrenière n’est plus le directeur général du Festival western lorsque son fils monte un bouvillon. La nervosité normale d’un père prend le dessus. «C’est stressant comme père. Comme parent tu veux qu’il réussisse, mais en même temps tu es conscient que le risque de blessures est élevé. Quand je vois une bête avec des cornes immenses, j’ai peur pour lui», avoue-t-il. «Ce sont des sujets qu’on aborde ensemble, mais les adolescents sont moins préoccupés par ça.»

La cavalière Fanny Dessureault et son partenaire Pascal Desrochers lors d’une course de sauvetage du cavalier.

Fanny Dessureault en bonne posture

La cavalière de Saint-Tite Fanny Dessureault, qui suit les traces de Joanne Laframboise, sa mère ancienne cavalière de rodéo, connaît un très bon parcours à Saint-Tite cette année. Lors de la finale de la Coupe Canada lors du premier week-end du Festival western, elle a décroché la deuxième position lors de la course de sauvetage du cavalier avec son partenaire Pascal Desrochers et son cheval Down Home Silk. Le duo a enregistré un temps de 8.351 secondes, alors que le temps gagnant était de 8.312 secondes.

Pour les qualifications de la finale de l’IPRA de dimanche, Fanny Dessureault doit se classer parmi les meilleurs avec le cumulatif de ses deux courses de qualification. Lors de ses deux premières courses de qualification avec ses deux chevaux en compétition, elle a fait des temps de 8.191 secondes et de 8.193 secondes. Si la cavalière réussit d’aussi belles performances lors des prochaines qualifications, elle pourrait bien se retrouver aux commandes de deux montures pour la finale de l’IPRA.

«Comme on a de bons temps, on a de bonnes chances. Et il y a beaucoup d’argent d’ajouté en bourses dans les deuxièmes performances», lance Fanny Dessureault. «C’est rare qu’on y va comme pour une balade», ajoute-t-elle en riant.

Deux rodéos de qualifications auront lieu samedi à Saint-Tite, alors que la grande finale de l’IPRA est prévue pour dimanche après-midi.