Avec huit buts en 17 matchs avant son match de mercredi soir, Anthony Richard est le meilleur marqueur des Admirals de Milwaukee.

Le rêve de la LNH bien vivant

TROIS-RIVIÈRES — Anthony Richard est le premier à le reconnaître: il s’attendait à disputer un bien meilleur camp d’entraînement que ce qu’il a offert à ses patrons des Predators de Nashville, il y a environ deux mois.

Le rapide attaquant n’avait pas lésiné sur les efforts dans le gymnase au cours de l’été, mais il a mis du temps à trouver ses repères. Ce n’est jamais une bonne chose quand les bonzes d’une organisation de la LNH épient tous vos gestes sur la patinoire...

«Je sais qu’ils avaient beaucoup d’attentes. De mon côté, je visais à me retrouver dans le groupe des 15 premiers attaquants, pour forcer la main à la direction. Le camp des recrues avait été concluant pour moi, malheureusement ça ne s’est pas transposé au vrai camp. J’ai toujours été dur envers moi-même, j’étais déçu.»

C’est donc à Milwaukee, dans la Ligue américaine, qu’il a entamé sa troisième saison chez les professionnels. En 17 matchs, il compte déjà 8 buts pour 12 points. Il apparaît d’ailleurs au premier rang des buteurs des Admirals, au deuxième échelon des pointeurs du club de Karl Taylor, un type qui a déjà dirigé dans le hockey universitaire canadien.

Si les derniers matchs de 2017-18 s’étaient avérés encourageants pour Richard, il a su poursuivre sur sa lancée en ce début d’année. Bref, il a été en mesure de repousser derrière lui un camp en deçà des attentes. «Premièrement, je m’entends super bien avec notre nouvel entraîneur. C’est un coach proche de ses gars, il n’est pas dans les vieilles méthodes, comme on voit souvent dans la Ligue américaine.»

Taylor n’hésite pas à utiliser Richard dans toutes les situations, dont en désavantage numérique. Aucun doute, les Admirals veulent faire du hockeyeur originaire de Sainte-Marthe-du-Cap un joueur plus complet. «C’est ce que j’essaie de devenir. Je serai toujours reconnu pour ma vitesse et je suis capable de marquer des buts. Jouer à quatre contre cinq, ça me permet de mieux exécuter mes jeux quand je suis à l’attaque, notamment sur l’échec-avant. La plupart de mes buts jusqu’ici, je les ai inscrits à cinq contre cinq.»

Il lui reste désormais à maintenir cette cadence dans un calendrier exigeant de 76 matchs. Plus jeune, Richard peinait à franchir les 165 livres sur le pèse-personne. Depuis deux étés, ses efforts à l’entraînement, sous la supervision de Patrick Lemieux, portent fruit. «J’ai moins de misère à gagner de la masse musculaire. En ce moment, je suis à 185 et j’espère me rendre à 190 ou 195. L’important, c’est que je garde ma vitesse.»

S’inspirer de Gaudreau

Plusieurs Québécois ont été repêchés par les Predators dans les dernières années, entre autres grâce à l’influence grandissante du recruteur trifluvien Jean-Philippe Glaude. La saison dernière, Anthony Richard a évolué aux côtés de Frédérick Gaudreau, qui a fait la navette entre Nashville et Milwaukee. Cette saison, les Predators l’ont gardé avec le grand club. «De le voir aller, c’est certainement encourageant! Il a un rôle établi à Nashville et à 24 ans, il est encore jeune. Il fait son chemin.»

Richard aussi est jeune, lui qui aura 22 ans en décembre. Un potentiel rappel dans la LNH, il y pense souvent. «Est-ce que je suis à une blessure d’un joueur d’être rappelé? On ne le sait jamais. L’important, c’est de rester dans les pourparlers en haut.»

Entre-temps, il ne se plaint pas de son environnement de travail dans LAH à Milwaukee, l’un des meilleurs marchés du circuit. «On ne voyage pas tant que ça en autobus, contrairement aux joueurs du Rocket de Laval, par exemple. La plupart de nos trajets se font par avion.»

Voilà qui le prépare pour le prochain niveau!