L’Argentin Rogelio Omar Rossi aura la tâche de se frotter à Simon Kean, samedi au Casino de Montréal. On les aperçoit en compagnie d’Antonin Décarie, d’Eye of the Tiger Management.

Le retour du Grizzly

Trois-Rivières — Cinq mois après s’être fait sonner les cloches par Dillon Carman, en finale d’un gala présenté au Centre Vidéotron, Simon Kean aura enfin l’occasion de tourner la page sur sa première défaite en carrière chez les professionnels. Samedi, son retour à la compétition passera par un duel face au vétéran de 37 ans, Rogelio Omar Rossi (20-7-1, 13 K.-O.).

Dans l’arène du Casino de Montréal, le Grizzly (15-1, 14 K.-O.) compte démontrer à tout le monde qu’il est de retour en force pour poursuivre l’ascension qu’il avait amorcée avant sa contre-performance du 6 octobre dernier. Il promet de servir une correction son rival venu de l’Argentine, un premier gaucher à le défier entre les câbles chez les pros.

«Je suis vraiment très heureux de revenir. J’ai hâte! J’ai un bon challenge devant moi alors je ne vais pas rentrer dedans comme un fou furieux. Je vais y aller un round à la fois. Mais je suis prêt... et je vais le défoncer!»

Plaisir retrouvé

Kean n’hésite pas à dire que sa défaite aux mains de Carman l’a poussé à se remettre en question. Au repos forcé pendant quelques semaines, il admet avoir dû revoir sa façon d’aborder son boulot.

«Je ne regrette rien de ce qui s’est passé. Aujourd’hui, je suis une meilleure personne. Je me suis aperçu que je voyais la boxe comme un travail. Mais la boxe, ça doit être bien plus qu’un travail. Il faut que ça vienne te chercher dans les tripes. Tu ne peux pas simplement venir puncher tes heures et t’en aller après. Maintenant, j’aime ma routine, j’aime ma vie.. J’ai du plaisir. J’ai juste hâte de remonter dans le ring pour que les bottines suivent les babines.»

Son promoteur, Camille Estephan, n’est d’ailleurs nullement inquiet pour ce retour de Kean dans l’arène. Comme il l’a vécu avec d’autres boxeurs, le grand patron d’Eye of the Tiger Management est convaincu que son joyau trifluvien saura rebondir. «Il y a beaucoup de pression sur Simon et sur nos épaules aussi. On est tombés ensemble, on va se relever ensemble. On l’a déjà fait avec David Lemieux et Steven Butler, entre autres. On va le faire avec Simon. C’est tout simplement une question d’apprentissage.»

Avec le recul, Kean estime que son premier échec professionnel en carrière lui sera utile pour la suite de sa carrière. «Cette défaite-là, ce n’est pas quelque chose que j’avais anticipé. Je ne m’y attendais pas du tout et elle a fait mal. Il a fallu que je me ressaisisse un peu. Je m’enlignais pour de grands combats et je n’aurais peut-être pas été prêt quand ça serait arrivé. Maintenant, avec cette défaite, quand les grands combats vont se présenter, je vais les gagner au lieu de les perdre», explique le boxeur de 30 ans.

Par les temps qui courent, il n’est pas nécessairement facile pour le protégé de Jimmy Boisvert de demeurer concentré sur son défi argentin de samedi.

En plus son combat revanche face à Carman, qui devrait avoir lieu à la mi-juin au Centre Gervais Auto, Kean a été titillé par une proposition venue du Français Tony Yoka, médaillé d’or des Jeux olympiques de Rio en 2016, qui est présentement à la recherche d’un adversaire.

À l’été 2012, Kean avait eu raison de Yoka aux Jeux olympiques de Londres.

Samedi soir, Simon Kean et Rogelio Omar Rossi feront les frais de la finale du deuxième gala de la journée présenté par EOTM au Casino qui s’amorcera sur le coup de 19 h. Ghislain Maduma, Batyr Jukembayev, Nurzat Sabirov, Andranik Grigoryan, Clovis Drolet et Artur Ziyatdinov seront aussi en action.