Après presque trois saisons passées dans la Ligue américaine, Nikita Scherbak, premier choix du Tricolore en 2014, montre des signes qui laissent croire qu’il est prêt à jouer dans la LNH sur une base régulière.

Le repêchage, source d'espoir pour le Tricolore

MONTRÉAL — Souvent, de manière justifiée ou pas, le Canadien est la cible de critiques pour ses choix au repêchage, surtout ses choix de premier tour. Mais peut-être qu’ils sont sur le point de rapporter.

Sous la présente administration, soit depuis 2012, le Canadien a repêché six joueurs lors du premier tour du repêchage. Les partisans connaissent déjà très bien Alex Galchenyuk, le premier choix de 2012, mais voici que Nikita Scherbak et Noah Juulsen devraient pouvoir jouer des rôles d’importance la saison prochaine.

Jonathan Drouin, obtenu en retour du premier choix de 2016, le défenseur Mikhail Sergachev, fait quant à lui partie de ceux qui devraient se replacer (c’est du moins ce que souhaitent l’équipe et ses partisans!) après une saison 2017-2018 plutôt difficile. 

Dans le cas de Scherbak, 22 ans, l’heure de la maturité est peut-être enfin arrivée. Celui qui fut le premier choix du club en 2014 a marqué son deuxième but de la saison, mercredi. Après presque trois saisons dans la Ligue américaine, il semble prêt à passer chez les grands.

«On va tous avoir des choses à prouver d’ici la fin de la saison, surtout les plus jeunes», a noté l’attaquant originaire de Moscou. «Tout ce que je veux, c’est prouver aux dirigeants que j’ai ma place, tout ce que je veux, c’est rester ici. Je sais que j’aurai à faire mes preuves au cours des prochaines semaines.»

Parmi les premiers choix de l’ère Bergevin, seuls Ryan Poehling et Michael McCarron demeurent des énigmes. Le premier parce qu’il est encore beaucoup trop tôt — Poehling a été le premier choix du club en 2017 —, le second parce que le temps commence vraiment à presser. McCarron a amorcé la saison à Montréal et a pris part à huit matchs, mais on ne l’a plus revu depuis le début du mois de novembre, lui qui attend toujours son tour à Laval, dans la Ligue américaine.

Saisir l’occasion

En attendant, d’autres tentent de saisir le moment, dont Scherbak. «Pour les jeunes, c’est une occasion qui est énorme», a ajouté le Russe. «C’est aussi le moment d’aller sur la glace et d’acquérir de l’expérience. Depuis que je suis revenu ici avec l’équipe, je sens que j’ai appris beaucoup.»

Quant à Juulsen, il n’a que quatre matchs de la LNH derrière la cravate, mais déjà, en si peu de temps, il est en train d’en faire la preuve : il est capable de jouer dans cette ligue. 

On l’a vu à son premier match dans la LNH, le 22 février contre les Rangers de New York au Centre Bell, quand il a conclu la soirée avec un + 2 à sa fiche, après avoir passé 17:14 sur la glace. On l’a vu lors des deux matchs suivants, contre Tampa Bay et Philadelphie, quand l’entraîneur Claude Julien l’a employé pendant plus de 20 minutes chaque fois. Et puis on l’a vu mercredi face aux Islanders, même si le très rapide Mathew Barzal l’a fait mal paraître, un jeu pour lequel Claude Julien a rapidement excusé le jeune défenseur après le match. 

«On a vu qu’il était capable de garder sa concentration», avait expliqué l’entraîneur-chef. «Il n’était pas ébranlé trop, trop.»

Tout ça pour dire qu’à 20 ans, Juulsen ressemble déjà à quelqu’un qui pourrait avoir à tenir un rôle récurrent chez le Canadien en octobre. «Je vois bien que l’entraîneur me témoigne de sa confiance, et c’est sûr que ça fait une différence», a reconnu le défenseur de 6’2” et de 175 livres après le match de mercredi.

«Depuis que je suis ici, il n’hésite pas à faire appel à moi dans des situations critiques du jeu, par exemple en désavantage numérique. Aussi, il m’a envoyé sur la glace en fin de match.»

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LA VITESSE, GRANDE DIFFÉRENCE SELON JUULSEN

Noah Juulsen, premier choix du Canadien au repêchage de 2015 (26e rang), ne fait pas son âge quand on discute avec lui. Pour un type de 20 ans, il laisse voir une maturité exemplaire, qui se transporte aussi sur la glace. Pas étonnant que la direction montréalaise ait choisi de le passer en audition ces jours-ci, au moment où la saison est perdue. «À mes yeux, la plus grande différence, c’est la vitesse du jeu», observe Juulsen. «La vitesse du jeu, et aussi la taille des joueurs, qui sont plus lourds ici. Mais je m’y habitue. Le jeu est encore vite pour moi, mais il le devient un peu moins, déjà. Je sens aussi que je suis de plus en plus à l’aise, et j’apprends également à mieux connaître mes coéquipiers.»

Juulsen reconnaît qu’il a encore bien des trucs à améliorer. «La chose principale dans mon cas, vraiment, c’est d’apprendre à être plus rapide dans mes prises de décision sur la glace», répond-il quand on lui demande l’aspect du jeu sur lequel il doit travailler avant tout. La présence de Juulsen permet au moins à la direction du Canadien d’espérer des jours meilleurs à la ligne bleue. Il le faudra pour un club dont la défense se classe ces jours-ci au 24e rang de la ligue au chapitre des buts accordés.