L’entraîneur-chef des Diablos, François Dussault
L’entraîneur-chef des Diablos, François Dussault

Le repêchage de la NFL a donné de l’espoir

TROIS-RIVIÈRES — Ce n’était qu’un repêchage, mais l’encan annuel – et virtuel – de la NFL tenu jeudi a au moins insufflé l’espoir aux mordus de sports, à commencer par les entraîneurs des équipes de football collégial de la Mauricie.

François Dussault (Diablos de Trois-Rivières, division 2) et Guy Bergeron (Électriks de Shawinigan, division 3), comme tous leurs collègues du sport étudiant, ne savent pas grand-chose de ce qui les attend pour la saison 2020.

On sait déjà que les camps de printemps, traditionnellement présentés en mai, n’auront pas lieu. Le début de la saison, à la fin du mois d’août, est aussi compromis.

«Nous n’avons pas beaucoup de contacts en ce moment, mais le Réseau du sport étudiant du Québec commence à nous renseigne davantage sur sa stratégie pour l’automne», explique Bergeron, citant quelques proposions entendues.

«La saison pourrait être lancée plus tard, peut-être en septembre ou octobre. Ils ont aussi parlé de diminuer notre nombre de matchs en saison à six. Tout ça reste hypothétique, il est difficile de prévoir ce qu’il va se passer dans les prochains mois.»

D’ici là, aucun entraînement jusqu’au 30 juin, minimum. Après, c’est l’inconnu. «Au Stade Diablos, nous avons deux étages. Est-ce qu’on pourrait amener 250, 500 personnes avec une certaine distance? Tout va dépendre des mesures sanitaires de l’automne. J’espère que nous éviterons une annulation de saison: ce serait ma première année depuis très longtemps sans football!», s’exclame Dussault, qui en profite pour lire des livres pendant ce confinement.

Questions sur le recrutement

Autant à Trois-Rivières qu’à Shawinigan, comme ce fut le cas en 2019, des joueurs originaires de la France se grefferont aux cuvées de la saison 2020. Pourront-ils quitter leur pays en août? Encore là, rien n’est sûr.

L’entraîneur-chef des Électriks, Guy Bergeron

L’entraîneur des Diablos se trouvait d’ailleurs en France, il y a un peu plus d’un mois, quand les mesures de confinement ont été installées là-bas. Il devait rencontrer une trentaine de candidats intéressés à rejoindre l’équipe du Cégep de Trois-Rivières cet automne.

Dussault partait pour deux semaines: il a dû passer la deuxième moitié de son séjour en Europe en isolation.

«J’ai été chanceux, car j’ai pu rencontrer 16 joueurs, dont trois auxquels je tenais absolument. Je souhaite que ça fonctionne, mais ce sont des ressources supplémentaires. Les succès de notre équipe ne reposeront pas uniquement sur eux.»

Dussault a vécu le début du confinement français de l’intérieur. À la télévision, le match à huis clos du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, leur dernier avant la mise sur pause du sport professionnel, a marqué les esprits chez nos cousins.

«C’était beaucoup d’incertitude, surtout avant de rentrer à la maison. Heureusement, je suis en santé et tous mes proches le sont aussi!»

À Shawinigan, Guy Bergeron mise quant à lui sur une délégation d’une quinzaine de Français pour préparer la prochaine campagne.

«On se croise les doigts. Parmi ces gars, il y a des candidats à l’Équipe de France.»

Sinon, l’entraîneur des Électriks se dit satisfait de son recrutement des joueurs en Mauricie. «On ne peut que s’améliorer. Nous aurons quatre joueurs de ligne offensive d’au moins 6 pieds 4 pouces, trois sont à plus de 300 livres!»

Avant de penser à la prochaine saison, les étudiants doivent toutefois compléter leur session à distance. «Ce n’est pas évident pour tout le monde, certains ont des difficultés académiques. C’est plus difficile de les suivre, mais on a vraiment hâte de les revoir», conclut Bergeron.