Il n'y a aucun vélodrome intérieur à l'est de Toronto au pays. Des promoteurs planchent toutefois sur des projets au Québec, dont à Trois-Rivières avec Michel Jean comme instigateur.

Le promoteur du vélodrome à Trois-Rivières toujours confiant

Michel Jean ne lancera pas la serviette sur son idée d'un vélodrome intérieur avec une piste de 250 mètres à Trois-Rivières.
Même si la faveur populaire du monde du cyclisme semble pencher pour la ville de Bromont, l'ingénieur et promoteur du projet trifluvien poursuivra ses démarches auprès des intervenants régionaux afin que la Mauricie puisse se doter d'une telle infrastructure qui, dit-il, créerait une dizaine d'emplois.
Lundi soir, lors d'une séance du conseil de ville de Bromont, le projet du Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB) a franchi une étape importante. La Ville a en effet manifesté son intérêt à investir deux millions de dollars. Le plan d'affaires du directeur général du centre, Nicolas Legault, a été présenté au conseil il y a quelques jours. Une personne travaille à temps plein sur le dossier depuis décembre et Legault a reçu un vote de confiance de la Fédération québécoise des sports cyclistes. 
Le projet de Bromont est évalué à 8 M$. Selon La Voix de l'Est, le CNCB souhaite déposer une demande de subvention d'environ 2 millions au ministère de l'Éducation, dans le cadre de la quatrième phase du Programme de soutien aux installations sportives et récréatives.
«Personnellement, ça ne change pas mes démarches», réplique Michel Jean. «Il faut relativiser les choses avec l'appui de la fédération. Ce n'est pas une course ou une guerre entre deux projets mais plutôt deux philosophies qui s'opposent.»
Selon Michel Jean, le projet trifluvien impliquerait des investissements variant de 8 à 12 millions $. Le vélodrome intérieur serait construit sur le site actuel de l'aréna Jean-Guy-Talbot qui, aux yeux de l'ingénieur, est «appelé à disparaître».
«Je veux valoriser ce quartier de Cap-de-la-Madeleine et ajouter des joueurs au dossier», explique le promoteur, qui a déjà approché le recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Daniel McMahon, ainsi que le directeur général du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, David Labrecque.
L'objectif avoué consiste à travailler en équipe avec l'UQTR, le CSAD - qui gérerait le vélodrome -, la Ville de Trois-Rivières et l'Académie les Estacades. Jean et son équipe de bénévoles, dans laquelle on retrouve deux autres ingénieurs, projettent de construire un bâtiment à énergie positive. Les plans seraient déjà assez avancés. Triathon Québec se range derrière le projet de Trois-Rivières.
«Si le tout se concrétise, on garantira un meilleur accès aux adeptes de cyclisme dans la province. Il y a moyen de créer des liens forts et durables entre le programme Sport-études et un laboratoire de recherche en cyclisme. Monsieur McMahon m'a fait part de son soutien au projet. Il aime notre vision qui englobe plusieurs acteurs de différents domaines, et ce, sur un site déjà très dynamique pour la pratique sportive. On créerait un achalandage continu dans ce secteur de la ville.»
C'est cette vision de développement que Michel Jean désire transmettre aux décideurs. D'ailleurs, son vélodrome intérieur en serait un pour l'entraînement, d'abord et avant tout. Pas question de copier le modèle plus onéreux de Milton, en Ontario, où le vélodrome a été construit afin de répondre aux exigences pour les Jeux panaméricains de 2015. Des compétitions internationales peuvent donc s'y tenir.
«On veut que les chercheurs côtoient les jeunes. On veut créer quelque chose de durable, pas seulement de ponctuel. Au centre de la piste, on prévoit installer un parc de BMX ou de planche à roulettes. Sinon, ça pourrait être du dekhockey. Le but, c'est de rentabiliser le tout à plein temps.»
Pas avant 2019
Du même souffle, Michel Jean reconnaît que le vélodrome intérieur ne risque pas de voir le jour avant le printemps 2019. Du côté de la fédération, plus vite une installation verra le jour, et ce peu importe où, mieux ce sera. Et à ce chapitre, Bromont arrive en tête, surtout avec les développements de lundi.
«À Trois-Rivières, jusqu'à maintenant, on travaille en petite équipe, c'est vrai. Il n'y a pas eu beaucoup d'échanges, mais ça progresse.» Jean doit d'ailleurs rencontrer les dirigeants d'IDÉ Trois-Rivières la semaine prochaine, et ce, pour la troisième fois.
«Je cherche un partenaire pour mousser le budget et faire débloquer les subventions. Selon moi, ça prendrait deux millions à ce chapitre.»
Le promoteur estime par ailleurs que son projet pourrait être éligible au Fonds de diversification, mis en place par le gouvernement du Québec à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. «Je me suis informé et nous devrions être en mesure de nous qualifier si le dossier chemine.»
En considérant le partenariat potentiel avec l'UQTR, Michel Jean prévoit qu'un vélodrome intérieur à Trois-Rivières entraînerait des retombées économiques de 3,5 à 5 millions $ annuellement en Mauricie.