La question se pose: les jeunes embrasseront-ils les idées du plan de Hockey Québec?
La question se pose: les jeunes embrasseront-ils les idées du plan de Hockey Québec?

Le plan de Hockey Québec plutôt bien accueilli

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Même si les dirigeants de Hockey Québec ont travaillé très dur mercredi afin de démontrer que le document produit par la fédération elle-même et dont La Voix de l’Est a obtenu copie était loin d’être final, ils devraient tout de même être rassurés : leur plan semble être accueilli plutôt favorablement par ceux qui sont sur le terrain.

«Il n’y a rien de parfait en ce bas monde, mais il y a des choses très intéressantes là-dedans, explique Patrick Bergeron, responsable du programme des Gouverneurs de Massey-Vanier, qui fait autant dans le hockey scolaire que le hockey civil. L’idée qu’on mette l’accent sur les habiletés individuelles pendant un bout (la première phase de quatre) est géniale. Nos jeunes ont besoin de pratiquer.»

Bergeron est impliqué dans le hockey mineur, mais aussi dans le hockey junior, lui qui a récemment été nommé entraîneur en chef des Rangers de Montréal-Est après avoir effectué deux séjours derrière le banc des Inouk.

«Des fois, je regarde certains joueurs de 17 ans qui arrivent dans le junior et je constate qu’ils ont d’importantes lacunes au niveau technique. Passer un certain nombre de semaines ou même de mois à travailler les habiletés individuelles ne pourra être que bénéfique à long terme.»

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Ça fait par ailleurs un certain temps qu’on évoque un scénario de hockey à 3 contre 3 ou à 4 contre 4 en vue de la prochaine saison. Selon certaines informations qui circulent, les équipes de niveau pee-wee et bantam AAA de même que midget espoir voudraient toutefois se soustraire à cette formule.

«Je fais dans le AAA à Massey-Vanier, je fais partie des entraîneurs qui ont été consultés par les gens de Hockey Québec dans l’élaboration du plan et je n’ai pas eu vent d’organisations qui ne veulent rien savoir du 3 contre 3 ou du 4 contre 4. J’ai un peu plus de doutes sur le 3 contre 3, mais je suis convaincu qu’on peut faire du développement et du bon hockey dans une formule de 4 contre 4.»

À un autre niveau, ceci dit, les équipes de la Ligue midget AAA ont déjà avisé Hockey Québec qu’elles n’adhèrent pas au principe du 3 contre 3 ou même du 4 contre 4. Installé au sommet de la pyramide de Hockey Québec, le midget AAA représente un cas particulier. Et il faudra voir comment la fédération va négocier avec la situation.

À savoir si les jeunes (et surtout leurs parents, diront certains) embrasseront les idées du plan de Hockey Québec, principalement celle qui prévoit l’absence de matchs avant un bon bout, Bergeron est d’avis qu’ils n’auront pas le choix s’ils veulent jouer au hockey.

«Il se passe quelque chose d’extraordinaire présentement. On essaie de sauver la prochaine saison. Si tu veux jouer, c’est ça, pis that’s it

«L’idée qu’on mette l’accent sur les habiletés individuelles pendant un bout est géniale. Nos jeunes ont besoin de pratiquer», lance Patrick Bergeron, responsable du programme des Gouverneurs de Massey-Vanier, qui fait autant dans le hockey scolaire que le hockey civil.

De la pratique… au 5 contre 5

David Lapierre aime aussi l’idée de mettre l’accent sur les habilités individuelles le temps qu’il le faudra. Il aime moins celle du hockey à 3 contre 3 ou à 4 contre 4.

«Il faut tirer le meilleur d’une situation malheureuse et pratiquer, pratiquer encore pour s’améliorer, c’est tirer le meilleur, mentionne l’entraîneur des Bisons et celui qui œuvre aussi au sein du programme de hockey de l’école De Mortagne de Boucherville. Mais le hockey à 3 contre 3 ou 4 contre 4, je n’embarque pas. Honnêtement, en quoi est-ce moins dangereux pour la peine de contracter le virus à 3 contre 3 ou à 4 contre 4? Personnellement, je passerais directement de la première phase à la quatrième, celle au retour au hockey comme on le connait. En passant tout le temps nécessaire pour travailler sur les habilités individuelles, dépendant de l’évolution de la crise.»

Président du hockey mineur de Waterloo, Patrick Gilbert a aimé ce qu’il a lu du plan de Hockey Québec dans La Voix de l’Est.

«Si on veut faire du hockey, on n’aura pas le choix de s’ajuster, dit-il. Et on ne peut pas être en désaccord avec l’idée d’augmenter l’enseignement des habiletés aux jeunes en attendant de pouvoir faire autre chose.»

Les associations de hockey de Waterloo et de Bromont, on le sait, sont à finaliser leur fusion. Selon Gilbert, ce ne sera pas un problème de jouer à l’intérieur de la nouvelle association.

«On aura des joueurs en masse. Mais ce sera peut-être plus compliqué dans certains secteurs de la région, par contre.»

Plus de travail pour les employés des arénas

Selon le plan de Hockey Québec, les employés des arénas auront plus de travail, eux qui devront régulièrement voir au nettoyage et au désinfectage des vestiaires et des bancs des joueurs. Coordonnateur du Centre sportif Léonard-Grondin, Guy D’Arcy voit poindre certains problèmes à l’horizon.

«Chez nous, on a trois glaces, rappelle-t-il. Lorsque trois entraînements ou trois matches vont finir en même temps ou à peu près, comment est-ce qu’on va s’y prendre pour tout faire? Est-ce qu’on aura besoin de plus de personnel? Ou est-ce qu’il faudra décharger l’horaire de nos activités? D’une manière ou d’une autre, il faudra faire les choses autrement.»

D’Arcy a aussi posé la question des ligues pour adultes qui, elles, ne sont pas sous la juridiction de Hockey Québec.

«On n’y pense pas, mais il y en a des joueurs de ligues de garage au Québec. Eux, ça va fonctionner comment?»

Des recommandations encore à venir

Non, les gens de Hockey Québec n’ont pas apprécié que leur plan soit publié dans les médias. Dans un courriel envoyé à des présidents d’associations et de régions mercredi, le directeur général Paul Ménard a écrit que «ce n’est pas le plan de retour et nous sommes encore à recueillir des recommandations». Dans le même courriel, il écrit qu’«un canevas de travail sera envoyé aujourd’hui au bureau de la ministre Charest». 

Une source a mentionné que ça «jasait fort» dans les officines de la fédération à la suite de la publication de l’article de La Voix de l’Est.

Le rapport final de Hockey Québec au sujet de la saison 2020-2021 est attendu par la ministre à la fin mai, au plus tard.