Fernand Bédard sera immortalisé pour la deuxième fois au Stade de baseball de Trois-Rivières. Après que le stade ait porté son nom pendant une quinzaine d’années, on a annoncé, mercredi, qu’un nouveau musée local du baseball serait nommé en son honneur.
Fernand Bédard sera immortalisé pour la deuxième fois au Stade de baseball de Trois-Rivières. Après que le stade ait porté son nom pendant une quinzaine d’années, on a annoncé, mercredi, qu’un nouveau musée local du baseball serait nommé en son honneur.

Le Musée du baseball Fernand-Bédard verra le jour au Stade Quillorama

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le Stade de baseball de Trois-Rivières existe depuis 1938 et pourtant, bien des citoyens ignorent tout ou presque de son histoire. Nicole Girard et Bob McDuff veulent remédier à la situation et honorer les bâtisseurs. Dans les prochains mois, le Musée du baseball Fernand-Bédard sera aménagé, à l’intérieur du Stade Quillorama. 

Celui-ci se constituera sous la forme d’un organisme à but non lucratif (OBNL). Un espace y sera consacré dans une partie de l’enceinte sportive, près des estrades de la ligne du troisième but. Des artefacts, des photos ainsi que neuf grands tableaux, clin d’oeil aux neuf manches d’un match de baseball, entraîneront les visiteurs à travers les grands moments de la riche histoire de ce sport professionnel, à Trois-Rivières et en Mauricie.

Bob McDuff souhaite reculer aussi loin qu’en 1884, lors des balbutiements du baseball dans la capitale régionale.

Le nom du musée se veut un hommage à Fernand Bédard, dont le nom a servi d’identification au stade pendant une quinzaine d’années, avant que celui-ci ne soit vendu en 2016 à Stéréo +. Depuis décembre 2019, c’est l’entreprise trifluvienne Quillorama qui s’affiche sur la devanture du stade du parc de l’Exposition.

En quatre ans, le sujet fut d’ailleurs polarisant au sein d’une partie de la population. 

Collectionneurs recherchés, partenaires demandés

L’annonce de mercredi s’est déroulée en présence de la direction des Aigles, du maire de Trois-Rivières Jean Lamarche ainsi que de quelques partisans, y compris M. Bédard, visiblement touché par cette reconnaissance.

Selon les promoteurs, les investissements tourneront autour de 150 000 $ pour la réalisation du projet. Le couple Girard-McDuff demande la contribution des collectionneurs et recherche des partenaires, qui pourraient se manifester grâce à des dons en argent.

«Fouillez dans vos vieux tiroirs! On lance le message à toute la population. Les objets peuvent également être expédiés sous forme de prêts. Nous pourrions vous les rendre après un certain nombre de temps», explique Nicole Girard.

On espère une ouverture pour la prochaine saison des Aigles, la première dans la Ligue Frontière, en mai 2021. Des visites seraient organisées, entre autres avec des groupes scolaires ou encore de l’âge d’or. Le Musée du baseball Fernand-Bédard sera ouvert au public entre cinq et six mois par année.

De gauche à droite: les promoteurs du Musée du baseball Fernand-Bédard Bob McDuff et Nicole Girard, le directeur général des Aigles René Martin, le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche ainsi que Fernand Bédard.

Aux côtés de Fenway et Wrigley

«Trois-Rivières est une ville riche d’histoire, de culture et de sport. Nous avons plusieurs musées, mais aucun n’est dédié spécifiquement au monde du sport», fait remarquer McDuff, un ambassadeur des Aigles et passionné de baseball. 

Comme bien des amateurs, il a ses propres anecdotes reliées à l’histoire du stade. Le but, précise-t-il, vise à recueillir un maximum d’objets et de clichés afin de remplir l’exposition permanente. On n’exclut pas la possibilité d’étendre le musée au deuxième étage du stade.

«Nulle part dans la ville on ne retrouve les traces des athlètes qui sont passés par ici avant d’avoir une carrière dans le Baseball majeur», ajoute-t-il, faisant référence au passage remarqué des Aigles de la Ligue Eastern, club-école des Reds de Cincinnati, durant la décennie 70. 

«Trois-Rivières pourrait devenir une destination pour les partisans de baseball d’un peu partout en Amérique. De tels voyages existent aux États-Unis. Notre stade, c’est l’un des plus vieux du continent toujours en activité. Il côtoie des monuments culturels comme le Fenway Park de Boston ou le Wrigley Field de Chicago. On doit garder cette mémoire vivante.»

Yvon Després, une autre figure légendaire du baseball à Trois-Rivières.
Bob McDuff

Fernand Bédard en paix

À l’écouter enchaîner les anecdotes, conscient qu’il faisait rire son auditoire en parlant de cette fameuse soirée où les Aigles avaient fait tirer un poney dans la foule pendant un match, Fernand Bédard a encore une tonne de souvenirs en tête de toutes ses décennies passées à s’occuper de «son stade». Il léguera bien sûr plusieurs boîtes remplies d’artefacts à ce musée qui portera son nom.

«Oui, je suis heureux. Mon nom est revenu et ça me fait plaisir. Saviez-vous que pendant plusieurs décennies, un tunnel a existé sur la ligne du premier coussin et qu’il se rendait vers l’ancien tableau d’affichage?» 

Nous, on l’ignorait. C’est ce genre d’anecdotes et de références que chercheront aussi à exposer Nicole Girard et Bob McDuff. Il n’a pas été exclu de rendre hommage aux Aigles juniors, dans la deuxième phase des travaux du futur musée.

«C’est une bonne nouvelle que de réhabiliter le nom de Fernand Bédard. À la Ville, je ne vous cacherai pas qu’il y avait un inconfort d’avoir perdu cette association. Avoir l’accord de la famille, c’est un grand baume pour nous», admet le maire Lamarche, qui ignore pour l’instant la nature de la participation de la Ville, un partenaire important des Aigles, à qui elle confie la gestion du Stade Quillorama. 

Nicole Girard et Bob McDuff partiront à la recherche d’artefacts dans les jours et les semaines à venir. Le Musée McCord de Montréal fait partie des endroits qu’ils souhaitent visiter. «On pense qu’il y a là-bas objets et photos qui appartiennent au patrimoine sportif de Trois-Rivières. Nous savons que des gens ont légué des biens au McCord. Ce serait bon de pouvoir en rapatrier.»