La «Sirène du Québec», traversera le lac Saint-Jean aller-retour, ce week-end.

Le lac Saint-Jean... en attendant l’océan pour Heidi Levasseur

TROIS-RIVIÈRES — La nageuse longue distance, Heidi Levasseur, traversera le lac Saint-Jean aller-retour, ce week-end. Ce défi constitue une étape de préparation en vue de sa traversée de l’Atlantique, qu’elle prévoit entamer en décembre prochain, puisque le financement avance bien.

La «Sirène du Québec» effectuera l’aller-retour du lac Saint-Jean en l’honneur de Jacques Amyot, décédé l’automne dernier. Amyot a été le premier athlète à traverser cette étendue d’eau, en 1955. D’une distance d’environ 52 km aller-retour, elle estime qu’elle nagera au total environ 15 à 16 heures pour parcourir cette distance. Bien que n’importe quel autre bassin du Québec aurait pu lui servir de préparation en vue du défi Atlantica, celui-ci est symbolique pour elle.

«L’idée m’est venue l’automne dernier lors du décès de Jacques Amyot. C’est ma façon de lui rendre hommage», souligne la nageuse de 39 ans.

Elle partira de Roberval, vendredi vers 21 heures, et se rendra jusqu’à l’embouchure de la rivière Péribonka. Elle devrait être revenue au point de départ vers 14 heures, le samedi. Elle sera entre autres accueillie par l’organisation de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. Elle est justement allée au lac Saint-Jean le week-end dernier pour voir les conditions, dont la température de l’eau et le niveau des vagues.

encore du financement à trouver

Heidi Levasseur devait entamer sa traversée de l’Atlantique en décembre dernier, mais elle a dû la repousser à décembre prochain à cause du manque de financement. Elle a maintenant amassé 75 % du montant requis, soit environ 750 000 $, grâce au Groupe PVP, qui produira un documentaire sur sa traversée. Étant donné que 75 % du montant nécessaire reposait sur le documentariste, il ne reste qu’environ 250 000 $ à trouver pour la réalisation du projet.

L’aller-retour du lac Saint-Jean totalise environ 52 km.

La nageuse a malgré tout confiance qu’elle pourra réaliser ce défi cette année. «Des fois, avec un gros projet comme ça, c’est difficile de respecter les délais. On vise quelque chose, mais on se réajuste en cours de route. On verra si on a à le faire cette année, mais on a du financement en attente. Ce n’est pas un drame si on doit repousser d’un an, ça va juste me donner plus de préparation», soutient-elle.

Elle n’a pas pu dévoiler d’où découlerait le financement en attente, mais elle souligne que celui-ci proviendrait autant du Québec que de la France. Plusieurs compagnies lui ont offert différents services, mais pas le financement dont elle a besoin pour réaliser son projet.

Un défi au-delà du record

Heidi Levasseur ne se lance pas le défi de traverser les 3000 km qui séparent le Sénégal du Brésil pour établir un nouveau record, mais bien pour sensibiliser la population à protéger l’environnement marin. «Je ne le fais pas nécessairement pour moi ou pour un record. Je me suis demandée quelle contribution je pouvais apporter en faisant ce défi-là. La cause est trop importante, ça concerne tout le monde. Plus je peux rejoindre un grand nombre de personnes, plus on peut créer un vrai changement, ensemble. Je pense que plus on est à enclencher des mouvements comme ça, c’est ce qui nous permet de rejoindre une plus grande portée», observe-t-elle.

La nageuse a choisi ce parcours, puisque c’est le trajet le plus court reliant deux continents, mais aussi le plus calme au moment où elle traversera l’océan, le risque de tempête étant moins élevé.

Un bateau accompagnera l’athlète lors de sa traversée, où sept personnes seront présentes pour la soutenir. La nageuse prévoit réaliser le défi entre 120 et 180 jours. Elle estime qu’elle nagera de six à huit heures par jour, à raison de six jours par semaine.

Heidi Levasseur en compagnie de son accompagnateur, Marc Bergeron, lors de son entraînement au lac Saint-Jean, le week-end dernier.

Cependant, il pourrait y avoir des ajustements apportés selon les conditions climatiques et la façon dont son corps réagira à un tel défi physique. «C’est certain que je me mets un certain cadre, mais si je vois que j’ai besoin d’une autre journée de repos ou qu’au contraire, ça va bien, la mer est belle, on va s’ajuster. Le délai de quatre à six mois est réalisable pour moi», admet-elle.

La nageuse devrait se rendre en Europe environ deux mois avant le début du défi, afin de bien s’adapter au décalage horaire et pour poursuivre son entraînement. Si elle obtient le financement qu’il lui manque d’ici l’automne, sa traversée devrait débuter en décembre, à Dakar, au Sénégal.