Choix de troisième ronde des Panthers de la Floride au repêchage de 2015, Samuel Montembeault est déjà un vétéran devant le filet des Thunderbirds de Springfield, dans la Ligue américaine de hockey.

Le jour et la nuit pour Samuel Montembeault

TROIS-RIVIÈRES — Sa première saison dans le hockey professionnel aura permis à Samuel Montembeault de gravir rapidement les échelons dans la Ligue américaine. Pour un gardien recrue, disons qu’il a vu son lot d’action, l’an passé, avec les Thunderbirds de Springfield, le club affilié aux Panthers de la Floride.

Si le Bécancourois de 22 ans a perdu plus de matchs qu’il en a gagnés à son baptême chez les pros, ça va mieux dans cette deuxième année, notamment en vertu de ses sept victoires en dix sorties, ce qui le place parmi les meneurs du circuit.

«Je sais que j’ai déjà remporté sept matchs, mais sinon, je ne suis pas trop au courant de mes statistiques personnelles», réplique le portier de 6 pieds 3 pouces et 192 livres, au bout du fil, alors qu’il profitait d’un moment de repos, dans sa ville d’adoption au Massachusetts.

«Ce que je sais, c’est que ça va mieux que l’an dernier! Je suis content, j’ai travaillé fort pour être prêt et l’équipe a du succès. Notre groupe de meneurs fait son travail, les gars se parlent dans le vestiaire. L’ambiance est plus agréable.»

Montembeault avait bouclé 2017-18 avec un rendement de 13-25-5, une moyenne de buts alloués de 3,25 et un pourcentage d’efficacité sous la barre psychologique des ,900 (,896). Depuis le lancement des hostilités cet automne dans la Ligue américaine, il affiche une moyenne de 2,91 et un pourcentage de ,908. Plus important encore, il gagne la majorité de ses duels. Pourquoi? L’équipe est plus compétitive, certes, mais il a aussi cheminé sur les plans physique et psychologique.

«On m’avait avisé, au printemps, que je devais peaufiner ma forme physique. Ça m’a suivi durant l’été, que ce soit à Trois-Rivières avec mon préparateur Jean-François Brunelle ou à Blainville, pour mon entraînement sur la glace. Les Panthers avaient été clairs: pour avoir du succès pendant 60 minutes, il fallait que je sois plus endurant.»

Samuel Montembeault

Un solide camp

Après avoir livré une prestation encourageante au camp des Panthers en septembre, Montembeault a pu jouer la moitié d’un match hors-concours face aux Predators de Nashville, en Floride. Il n’a accordé qu’un but. Quelques jours plus tard, il signait un blanchissage dès son entrée en scène avec les Thunderbirds. «Ça m’a vraiment donné un élan»

Montembeault a signé cinq gains de suite en octobre, dont un à Laval face au Rocket. Il avait loupé le rendez-vous de la saison dernière contre eux à la Place Bell, ratant ainsi l’occasion d’évoluer devant ses proches. Il s’est bien repris cet automne.

Les bons signaux

Le choix de troisième ronde du repêchage de 2015 assure qu’il n’a pas été ébranlé quand il a appris, au début de l’été, que les Panthers s’entendaient avec le gardien Michael Hutchinson. James Reimer et un certain Roberto Luongo, reconnus pour être des joueurs fragiles, faisaient déjà partie de l’équipe.

«Non, ça ne m’a pas trop inquiété. D’ailleurs, quand Luongo s’est blessé au premier match en octobre, cela a eu un effet dans toute l’organisation et j’ai vu plus d’action dans la Ligue américaine.»

En entrevue à LNH.com il y a environ un mois, l’entraîneur des gardiens à Springfield, Leo Luongo, a admis que la charge de travail de Montembeault a été considérable depuis ses débuts chez les pros. «Nous l’avons mis dans un rôle de numéro un [l’an dernier] et il a quasiment joué durant deux mois de suite, peu importe la qualité de ses performances. Il a eu des hauts et des bas et a dû apprendre beaucoup de choses rapidement. À l’époque, on se disait que nous avions été durs envers lui, mais quand on regarde ça maintenant, on constate que ç’a été bon pour lui.»

Pas d’échéancier

Montembeault ne se fixe pas d’échéancier pour atteindre son rêve de devenir un gardien à temps plein dans la LNH. Il a vécu un premier séjour avec le grand club en janvier 2018, appelé en renfort après une blessure, mais il a dû se contenter d’un rôle de substitut. C’est du bout du banc qu’il a regardé ses coéquipiers pendant cinq matchs: trois en Floride, un à Buffalo et l’autre à New York. «J’ai su à quoi ça ressemblait, être un joueur de la LNH. J’espère que d’ici deux à trois ans, j’aurai ma chance devant le filet des Panthers. L’organisation a un plan pour moi, je leur fais confiance.»

Les Panthers mettent du temps à se mettre en marche, eux qui sont pourtant destinés à occuper le haut du classement avec leurs jeunes talentueux. Des rumeurs laissent entendre qu’ils auraient de l’intérêt pour le gardien du Rocket Charlie Lindgren, de trois ans l’aîné de Montembeault. Iront-ils chercher un gardien dans les prochaines semaines? Si oui, le Bécancourois poursuivra son apprentissage dans la Ligue américaine.

Dans le cas contraire, il pourrait être rappelé. Il deviendrait ainsi le premier gardien originaire de la région à jouer dans la LNH depuis Jean-François Damphousse en 2001-02 avec les Devils.