Simon Kean a conservé sa ceinture de champion Intercontinental IBO des poids lourds.

Le Grizzly sort les griffes!

Shawinigan — Simon Kean avait la lourde tâche d’offrir un clou du spectacle à la hauteur, samedi en finale d’une impressionnante carte de boxe présentée au Centre Gervais Auto de Shawinigan, et le Trifluvien a relevé le défi haut la main.

Pour la première défense de son titre Intercontinental IBO, l’olympien de 29 ans a expédié l’Américain Alexis Santos (18-3, 15 K.-O.) au pays des rêves au huitième round devant quelque 3500 amateurs en extase, pour conserver sa fiche immaculée (13-0, 12 K.-O.).

«Je m’attendais à ce que ça se règle plus rapidement. Il était patient, alors je devais rester vigilant. Je ne suis pas habitué d’éterniser ça. J’avais encore beaucoup d’énergie au huitième pour régler ça», a commenté le Grizzly, ravi par l’accueil des spectateurs.

«J’ai adoré la foule. Je ne me suis pas mis de pression supplémentaire. Il y avait 3500 spectateurs ce soir, je pourrais en avoir 25 000, ça serait encore mieux! Les grandes foules, ça me va bien!»

Tout au long de la semaine, Alexis Santos avait promis de livrer une guerre au favori local et il a tenu promesse.

Loin d'une formalité

Ce combat est loin d’avoir été une formalité pour le joyau de l’écurie Eye of the Tiger. Tout au long de la semaine précédant le combat, Santos avait promis de livrer une guerre au favori local et il a tenu promesse. Son côté bagarreur a embêté Kean par moments, mais au bout du compte, la force de frappe herculéenne du Trifluvien aura fait la différence.

«Kean a été plus précis avec ses coups qu’on l’anticipait. Il est puissant, ça on le savait. Mais sa capacité à percer la garde d’Alexis a joué beaucoup en sa faveur. Alexis n’avait jamais été au plancher, à part une fois en raison d’une blessure. Kean est le meilleur qu’il a affronté», a analysé l’entraîneur de l’Américain, Sean B. Farley.

Kean a bien amorcé le combat en dominant le deuxième round. Cependant, Santos est devenu en force aux troisième et quatrième reprises. Puis, après un cinquième assaut sans histoire, le favori de la foule a ouvert la machine au sixième. L’olympien de Londres 2012 a fait visiter le plancher deux fois à Santos. La deuxième fois, Kean pensait bien en avoir fini avec l’arrogant Américain, mais ce dernier est parvenu à survivre au round.

Plusieurs pensaient que ce n’était alors qu’une question de temps avant que Santos n’abdique, mais c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. Santos est sorti du coin comme un chien enragé au son de la cloche et a livré trois solides minutes de boxe, parvenant même à ébranler Kean. «J’étais certain qu’il était knockout au sixième! Mais il s’est relevé... et il s’est relevé très fort. Ça m’a surpris», a admis Kean.

À son retour dans le coin, Kean a eu droit à un entretien sans détour avec son entraîneur Jimmy Boisvert qui s’est assuré de le remettre dans le droit chemin. Le message a clairement été saisi et le champion a fini par expédier son rival dans les bras de Morphée à 2:01 du huitième round.

«Jimmy m’a dit: “Arrête de niaiser. Tu es tellement plus fort que lui. Quand tu recules, ça lui donne de l’énergie”. Il m’a dit de me faire confiance et de peser sur la pédale.»

L’entraîneur du Trifluvien était heureux de voir son poulain livrer la marchandise devant un tel défi. «C’était son combat le plus dur et le plus stressant en carrière. Je lui avais demandé d’avoir l’attitude du bagarreur et il a été très bon.»

Malgré la déception de quitter Shawinigan avec la défaite, le clan Santos ne fermait pas la porte à un autre duel avec Kean. «Pour un gars qui a reçu l’appel à trois semaines d’avis, Alexis a été le rival le plus coriace de Kean jusqu’à maintenant. Le clan de Kean n’accepterait jamais de l’impliquer dans un combat avec Alexis en nous donnant huit semaines de préparation.»

Malgré la déception de quitter avec la défaite, le clan Santos ne fermait pas la porte à un autre duel avec Simon Kean.