Marc Mimeault et Guylaine Roy étaient parmi les rares golfeurs rencontrés par Le Nouvelliste à porter le masque, mercredi, lors de l’ouverture des terrains de golf.
Marc Mimeault et Guylaine Roy étaient parmi les rares golfeurs rencontrés par Le Nouvelliste à porter le masque, mercredi, lors de l’ouverture des terrains de golf.

Le golf reprend en Mauricie dans la frénésie... et le respect [PHOTOS]

Trois-Rivières — Les stationnements étaient bondés mercredi. Il y avait des jeunes et des moins jeunes, surtout des membres qui comptaient les dodos depuis trop longtemps. L’hiver, comme le coronavirus, n’a pas épargné les clubs de golf, mais si la semaine de beau temps que nous traversons et un prélude à la saison de printemps, les propriétaires auront tous les outils pour séduire une nouvelle clientèle.

À 12 h 45, un véhicule de police passe devant l’entrée principale du Ki-8-Eb pour la deuxième fois depuis l’ouverture. À droite, le champ de pratique est bien rempli, chacun respectant la distanciation physique de deux mètres. Rien à signaler, monsieur l’agent.

«C’est la frénésie depuis 8 h ce matin», convient le professionnel Luc Boisvert. «C’est comme si les gens réalisaient qu’ils avaient perdu quelque chose d’important pour eux et que maintenant, enfin, ils pourraient de nouveau en profiter.»

Thomas Lemay était heureux de renouer avec ses compagnons au Ki-8-Eb.

Les employés des quatre clubs visités par Le Nouvelliste, mercredi en matinée, avaient le sourire facile. Pour ceux qui portaient le masque, la bonne humeur était aussi facilement perceptible.

«La clientèle sait que nous vivons une situation particulière. Personne n’a demandé de remboursement jusqu’ici», se plaît à mentionner le directeur général du Marthelinois, Richard St-Germain.

«Nous avons eu un hiver et un printemps assez durs, même le programme gouvernemental PCU a eu un impact, alors que des employés ont préféré ne pas revenir. Côté attitude par contre, c’est le meilleur début de saison du club!»

St-Germain reconnaît que plusieurs de ses membres, de 70 ans et plus, ont répondu à l’appel lors de cette journée inaugurale. «Je ne suis pas gendarme, je ne vais pas infantiliser mes clients. Ils se connaissent mieux que moi je les connais.»

«On va jouer autant»

En traversant le pont Laviolette, le portrait était aussi reluisant au Godefroy de Bécancour. Yvan Perreault avait hâte d’entamer sa ronde de 18 trous.

«Je suis très à l’aise. Oui, on sera plus prudent, mais nos habitudes ne changeront pas. On va jouer autant qu’avant. Je pense que tout le monde qui est ici se sent en sécurité.»

Il n’y avait pas que des golfeurs sur les parcours en cette première journée. À La Tuque, au trou numéro 3, ce chevreuil était aux premières loges pour voir les mordus amorcer leur saison.

Réal Pellerin, du conseil d’administration du club, s’attend à recevoir 1000 golfeurs en trois jours. «On a une bonne équipe de bénévoles», nous a-t-il lancé, la mine confiante, avant d’amorcer une ronde de surveillance sur le terrain. «Si vous voulez venir jouer ici en fin de semaine, faites vite!»

Plus au nord à Sainte-Flore, Raphaël Tremblay, 12 ans, s’échauffait en vue de sa ronde du jour, la première depuis des mois. Non, il ne s’ennuyait pas de l’école!

«Je joue depuis que j’ai deux ans. Mon frère est plus vieux, c’est lui qui m’amène ici. Je suis content, mais je vais le battre pareil!»

Raphaël mise sur un bon cercle d’amis dans son sport, sauf qu’il aimerait l’élargir. C’est l’objectif des administrations et des professionnels.

«La clientèle de jeunes aujourd’hui, c’est impressionnant! Les moins de 30 ans arrivent avec leurs amis. Il faut dire qu’on a des prix intéressants pour eux», estime le professionnel Jean-François Morand.

Sinon, les clubs pourront encore se fier aux habitués, à leurs précieux membres, comme Guylaine Roy et Marc Mimeault, parmi les rares golfeurs rencontrés par Le Nouvelliste à être arrivés avec un masque.

Ouverture peu banale

La quasi-totalité des clubs de golf ont ouvert leurs portes en même temps, mercredi, dans la province.

La Table de concertation de l’industrie du golf prévoit qu’entre 50 000 et 70 000 adeptes pourraient fouler les verts ce week-end, partout au Québec.

Les clubs ont d’ailleurs usé de méthodes différentes afin de s’assurer que personne ne toucherait aux tiges des fanions. Au Ki-8-Eb, par exemple, Luc Boisvert utilise un levier pour sortir la balle du trou. «Ça pourrait rester ainsi après la pandémie, car ça permet aux gens plus âgés de ne pas se pencher.»

Ceci dit, certains réflexes devront continuer à se développer, dont l’arrivée au club pour les heures de départ. «C’est un bon problème! En fait, ça veut juste dire que les gens avaient hâte de nous voir.»