Maintenant champion intercontinental IBO, Simon Kean tente de gravir les échelons vers un sommet mondial.

Le duel Kean-Braidwood à Shawinigan?

Depuis le temps que les deux hommes se cherchent, ils pourraient bien se trouver cet automne. Simon Kean (10-0, 9 K.-O.) et Adam Braidwood (8-1, 7 K.-O.) pourraient enfin en découdre lors d'un combat qui aurait lieu au Centre Gervais Auto.
Adam Braidwood  ne s'est pas privé de mettre au défi Simon Kean lors des derniers mois après sa victoire contre Éric Martel Bahoeli.
C'est l'organisation des Cataractes de Shawinigan, en compagnie du promoteur de Kean, Camille Estephan chez Eye of the Tiger Management, qui organiseraient cette soirée dans l'amphithéâtre shawiniganais. Les autorités municipales ont été rencontrées afin de trouver une date qui permettrait de tenir cette soirée qui se déroulerait devant plusieurs milliers de personnes.
«On a toujours eu en tête de faire un combat de boxe, souligne Roger Lavergne, président des Cataractes. On a les outils, un magnifique amphithéâtre et les bonnes personnes pour le faire. Simon Kean, c'est un futur champion canadien avec une carrière internationale à venir. C'est peut-être une des dernières chances de l'avoir dans notre cour. On pense que les étoiles sont alignées. On veut avoir le même standard que lors du duel L'Heureux-Cadieux. On ne voulait pas aller en bas de ça.»
Les discussions ont ainsi été amorcées avec le camp Braidwood et sa gérante, Melanie Lubovac, afin d'amener l'ancien ailier défensif des Eskimos d'Edmonton en terre mauricienne.
«Nous avons fait des approches. Melanie est une personne très gentille, très ouverte et ça s'est bien passé. La balle est dans leur camp. On a un plan B et C, c'est normal, c'est ça la boxe», mentionne Lavergne.
La rivalité entre Braidwood et l'olympien ne cesse de s'envenimer dans les derniers mois, et ce, même si les deux boxeurs ne se sont jamais retrouvés dans le même ring. Après avoir passé le K.-O. à son bon ami Éric Martel Bahoeli, le Britanno-Colombien a provoqué Kean à plusieurs reprises par l'entremise des réseaux sociaux.
«Simon Kean, on s'en vient pour toi, au Québec et on ne prendra pas d'otages. Je te veux toi et ton titre IBO», avait-il déclaré après son dernier combat.
Une performance qui s'était d'ailleurs retrouvée dans l'actualité pour de dramatiques raisons. Malheureusement, son adversaire, Tim Hague, un vétéran du UFC, est décédé quelques jours après le duel.
Camille Estephan confirme qu'une offre qu'il considère alléchante a été déposée au clan Braidwood. «On attend une réponse. Il faut comprendre que ce n'est pas un cadeau d'affronter un boxeur comme Simon. On les comprend. Mais quand tu es un athlète professionnel, tu dois aller jusqu'au bout, surtout quand on parle et parle sur les réseaux sociaux comme il le fait.»
En avril dernier, la gérante expliquait au Nouvelliste que le plan de carrière de son poulain était de construire sa fiche avant d'affronter le Trifluvien en 2018. Mais un combat devant 4000 à 5000 personnes pourrait accélérer les choses. Rejoint à Edmonton, le boxeur de 6 pi 4 po s'est montré plus qu'intéressé.
«Je n'étais pas au courant que ça se discutait. Mais une chose est sûre, c'est le combat qui se doit d'arriver au Canada. C'est le meilleur affrontement de poids lourds des 10 à 15 dernières années au pays. Je pense qu'avec tout l'intérêt qu'il y a autour de nous, ça doit se faire.»
L'entraîneur de Kean, Jimmy Boisvert, est persuadé que la soirée connaîtra du succès, lui qui a souvenir des grandes soirées de boxe locale, et ce, même si Braidwood est de la Colombie-Britannique.
«En boxe, ça arrive trop souvent que les combats les plus attendus arrivent trop tard. On peut penser à Lucian Bute contre Jean Pascal. Nous avons deux gars qui sont à leur meilleur et que le monde veut voir. Braidwood a fait parler de lui, même si c'était de la mauvaise publicité pour la boxe. Les gens l'ont vu parler sur les réseaux sociaux. Ils l'ont vu battre Éric Martel Bahoeli. Ils le connaissent. Tout le monde doit faire en sorte que ce combat arrive et le plus vite possible. Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud.»
Un plan B qui dit non
Et si le clan Braidwood et celui de Kean ne s'entendaient pas? À l'époque, l'enjeu des chocs entre Patrice L'Heureux et David Cadieux était la ceinture du champion poids lourds du Canada. Or, ce titre est actuellement détenu par Dillon Carman (12-2, 11 K.-O.), qui ne s'est pas mesuré à des combattants très redoutables lors des deux dernières années. 
Estephan confirme qu'une offre a été déposée pour un combat face à Carman, mais qu'elle a été refusée.
«Le titre IBO intercontinental que possède Simon, c'est très important pour l'IBO. On veut le défendre, mais si on pouvait y ajouter le titre canadien de Carman, ce serait merveilleux. Malheureusement, nous avons essuyé un refus de sa part. En fait, c'est la troisième fois qu'il refuse un combat contre Simon. Pourtant, la bourse est très alléchante. Son promoteur nous a dit que le timing n'est pas bon. C'est drôle, le timing n'est jamais bon!»
Devinez quoi? Braidwood est entièrement en accord avec les propos d'Estephan. Lui aussi, préfèrerait affronter Carman.
«Je pense que Simon et moi, on devrait se battre pour le titre canadien. Le problème, c'est que Carman se sauve toujours et fait son fanfaron. Ce que je préfèrerais, c'est d'affronter Carman pour le titre, puis me mesurer à Simon dans cinq ou six mois.»
Or, le «Grizzly» est actuellement beaucoup mieux coté que Braidwood, 52e contre 101e au monde, alors que Carman est 55e. Un duel face au champion canadien aurait donc été plus intéressant.
«En comparaison avec Carman, ça ne me fera pas avancer beaucoup au classement d'affronter Braidwood. Je pense qu'il va faire quelques combats et grimper dans la cinquantaine. Ce sera donc plus avantageux pour moi de l'affronter dans six mois. Ça pourrait être une finale au Centre Bell, par exemple. Mais bon, si c'est Braidwood, ce le sera. Je suis prêt! Depuis le temps qu'il me cherche, j'ai hâte de le pogner. Je ne veux pas décevoir personne, mais ça va aller vite. On va pouvoir arrêter de m'achaler avec ça», lance Kean.
L'olympien devra donc attendre avant de se battre pour la ceinture canadienne. Il y voyait une opportunité parfaite d'écrire une page d'histoire de la boxe en Mauricie, surtout que lorsque la page précédente a été écrite, le deuxième duel L'Heureux-Cadieux au Colisée de Trois-Rivières, Kean était de la sous-carte dans la portion des combats amateurs. 
«Ça ferait une belle histoire quand on pense à Patrice L'Heureux et David Cadieux qui s'étaient battus à Shawinigan pour la même ceinture. Dix ans plus tard, le titre canadien serait de retour en Mauricie», souligne-t-il.
Pas de jambon
Estephan a révélé mercredi qu'une troisième option était sur la table, soit un boxeur originaire de l'étranger. Il n'y a pas eu de discussions avec le Groupe GYM afin qu'Oscar Rivas (20-0, 15 K.-O.) devienne l'adversaire de Kean.
L'organisation des Cataractes est toutefois claire, il n'est pas question qu'un boxeur de faible calibre se présente dans le ring le soir de ce gala qui aurait lieu en octobre ou novembre. Pas question de prendre un tel risque et de ne pas réussir à vendre suffisamment de billets.
«C'est sûr que je n'amènerai pas un boxeur qui a une fiche de 10-10 contre Simon Kean. Il faut qu'il y ait un challenge et Braidwood en est un. Il faut que Simon soit un peu en danger. Ce n'est pas avec un faire valoir que ça va intéresser le monde, et ça ne permettra pas à Simon de progresser. On est d'accord Camille et moi que ça prend quelqu'un qui va challenger Simon, qui va lui donner du fil à retordre. Sinon, on n'en fait pas de gala», conclut Roger Lavergne.