Le trio de Jonathan Drouin, Brendan Gallagher et Phillip Danault a muselé celui de Mark Scheifele, Blake Wheeler et Kyle Connor, jeudi au Centre Bell.

Le dilemme du DG

CHRONIQUE / Au rythme où les gérants d’estrades émettent des opinions, les oreilles de Marc Bergevin doivent bourdonner sans arrêt depuis quelques jours. Ça doit être insupportable! Plus la date limite des transactions approche, plus LA question brûle les lèvres des inconditionnels du Tricolore: que fera le DG?

Disons simplement que la performance de son équipe face aux puissants Jets de Winnipeg – de sérieux prétendants à la Coupe Stanley – vient complexifier davantage son dilemme. D’un côté, Bergevin peut respecter son plan initial et favoriser le développement à long terme de son groupe de joueurs. C’est l’avenue qu’il préconisait pendant l’entre-saison lorsqu’il a parlé d’un processus de réinitialisation. À l’autre bout du spectre, il y a la tentation de profiter du formidable élan de son équipe qui déjoue toutes les prévisions depuis le début du calendrier régulier. Même si les semaines passent, cette tendance ne semble pas vouloir s’essouffler, au grand bonheur des amateurs.

Mardi au Centre Bell, le trio de Jonathan Drouin, Phillip Danault et Brendan Gallagher a littéralement volé la vedette à celui de Mark Scheifele, Blake Wheeler et Kyle Connor. Faut le faire! Avec sa vitesse et son acharnement, le Canadien a complètement dominé l’une des équipes les plus complètes de la Ligue nationale de hockey. N’eût été de quelques bijoux de Connor Hellebuyck, les Jets auraient pu être largués avant même la mi-match!

Avec seulement deux défaites en temps réglementaire à ses 12 derniers matchs, le Canadien roule à plein régime, loin de tout complexe. Maintenant, trois autres gros tests du genre sont au menu du Bleu-blanc-rouge d’ici les prochains jours avec, coup sur coup, Toronto, Nashville et Tampa Bay. Trois aspirants au trône du circuit Bettman, rien de moins.

Imaginez un instant s’il fallait que la bande à Claude Julien tienne tête à tous ces ténors! Il faudrait sérieusement commencer à songer à la possibilité de se lancer, avec modération, à la recherche de renfort.

Au début de la saison, Marc Bergevin était loin de songer à se ranger dans le camp des acheteurs, une fois février arrivé. Cinquante-cinq matchs plus tard, cette avenue apparaît de plus en plus légitime.

Gros dilemme, grosse décision à venir.