Sara England suit les traces de sa maman.

Le curling en héritage

SHAWINIGAN — Depuis qu’elle est devenue capitaine de son équipe, de plus en plus de gens abordent Sara England en lui parlant de sa mère, Sandra Schmirler.

«Je trouve ça flatteur. Qui ne voudrait pas ressembler à une championne olympique?» sourit la jeune femme de 20 ans, qui représente la Saskatchewan, cette semaine, au Championnat canadien de curling junior à l’Aréna de Grand-Mère.

Le nom de Schmirler évoque de doux souvenirs chez les amateurs de ce sport au pays. Véritable pionnière, elle a mené son quatuor à la conquête de la première médaille d’or olympique de l’histoire des Jeux pour du curling féminin, à Nagano en 1998.

Pour ceux qui s’en souviennent, cette victoire canadienne marquait l’un des beaux moments des 18es Olympiades d’hiver, du moins au Canada.

Deux ans plus tard, Sandra Schmirler rendait l’âme après une bataille contre le cancer. Elle n’avait que 36 ans et laissait dans le deuil son époux, Shannon England, ainsi que ses filles Sara (deux ans) et Jenna (dix mois).

Sur cette photo, prise dans les minutes suivant les qualifications olympiques de 1997, une Sandra Schmirler émue est entourée de son mari Shannon England et de la petite Sara, qui suivra ses traces des années plus tard.

«J’ai regardé quelques-uns de ses matchs. J’ai hérité de ses cris! Je suis très intense sur une glace, comme elle d’ailleurs», partage Sara, qui ne s’en fait pas trop avec le jeu des comparaisons.

«Je dois tirer avantage de ça. Elle sera toujours ma mère, c’est normal que les gens m’identifient à elle et qu’ils m’en parlent autant. Si je parviens à réussir mes coups lorsque l’enjeu est grand, comme maman le faisait si bien, je serai très contente.»

Un coup légendaire
L’un de ces coups légendaires est survenu aux qualifications olympiques de 1997 et devait propulser Schmirler et ses coéquipières vers Nagano. «J’étais dans les gradins, je n’avais que quelques mois», raconte Sara.

Après la victoire des Canadiennes face au Danemark en finale des Jeux, Sandra Schmirler avait eu ces mots en parlant de sa fille, dans une entrevue accordée à la Presse canadienne.

«Je vais accrocher cette médaille d’or au-dessus de son berceau. Elle a fait autant de sacrifices que moi. Elle l’ignore, c’est tout.»

Un intérêt très jeune
Le père de Sara, Shannon England, assiste au championnat à Shawinigan. Il s’agit de la consécration d’un rêve. «C’est excitant de la voir agir à titre de capitaine. Depuis qu’elle est assez vieille pour lancer une pierre sur la glace, Sara adore le curling. Il n’y a jamais eu de doute dans son esprit. Elle est encore jeune, mais elle possède une volonté que je reconnais...»

Difficile pour lui de dissocier le caractère de sa fille à celui de Sandra. «Oui elles se ressemblent. Et Sara a de bons poumons, comme sa mère!»

D’ailleurs, l’héritage de Sandra Schmirler est puissant dans la communauté du curling au pays. C’est tout aussi vrai au sein de la famille. «Plus jeunes, les filles ont posé beaucoup de questions sur Sandra. Nous avons beaucoup de photos d’elles ensemble.»

Une tradition
La famille England participe, lors de chaque tournoi des Cœurs Scotties, au Téléthon Sandra-Schmirler, qui vise à amasser des fonds pour les nouveau-nés aux prises avec des problèmes de santé.

«C’est une tradition. Malheureusement cette année, je ne pourrai pas y être en raison de l’université», témoigne Sara. «Ma sœur, mon père et ma grand-mère y seront par contre. C’est très important pour nous.»

Le tournoi de Shawinigan n’a pas été facile pour la Saskatchewan, qui a dû se contenter d’une fiche d’une victoire et cinq défaites.

Sara England et ses équipières pourront se reprendre lors du tournoi mixte. Parions que la capitaine aura encore cette fougue qui la caractérise.

Et probablement une bonne étoile.