Julie Robitaille a hâte de se retrouver à nouveau sur la glace.
Julie Robitaille a hâte de se retrouver à nouveau sur la glace.

Le cri du cœur de Julie Robitaille

TROIS-RIVIÈRES — En milieu de semaine, Julie Robitaille s’est associée avec trois autres grosses écoles de hockey de la Vieille Capitale en signant une lettre expédiée à la ministre Isabelle Charest, la Ministre déléguée à l’Éducation, responsable des Loisirs et du Sport, afin de la sensibiliser à leur situation particulière. Ces écoles souhaitent obtenir au plus vite le feu vert pour reprendre leurs activités.

«Nous ne font pas partie du réseau scolaire, nous ne sommes pas des camps de jour non plus. Et nous ne sommes sous l’égide de Hockey-Québec. Pour toutes ces raisons, nous ne faisons pas partie actuellement du plan de déconfinement», se désole Julie Robitaille. «La lettre, elle est là pour ne pas être oubliés. Nous pouvons nous réinventer pour opérer en toute sécurité», ajoute-t-elle.

Julie Robitaille et ses partenaires ont confectionné un protocole pour convaincre la ministre. Les arénas privés en ont reçu un également. «Nous sommes dans la spécialisation, nous ne faisons pas de matchs», rappelle-t-elle. On a des cours privés, semi-privés et en groupe, le ratio est de un enseignant pour quatre élèves, ou au maximum un pour six. Il y a moyen, avec un laser, de découper la glace adéquatement. À l’extérieur de la glace, avec huit vestiaires à l’aréna de Saint-Louis-de-France, la distanciation n’est pas un problème non plus. Et puis, les jeunes pourraient même arriver déjà habillés à l’aréna. J’ai vu des professionnels le faire à 6 h le matin, les jeunes peuvent les imiter sans problème !»

Plus de 4000 jeunes attendent en ce moment la décision de la ministre Charest pour ces quatre écoles. «Évidemment, il y en a beaucoup plus à la grandeur de la province. Le hockey, c’est notre sport national. On ne peut pas garder tous ces jeunes à la maison indéfiniment. C’est le temps, je pense, de permettre une certaine reprise en autant que ça soit sécuritaire. Et ce le sera. Pour nos jeunes, pour nos enseignants, pour les employés de l’aréna, pour tout le monde. Nous sommes tous très conscients que la priorité, c’est la santé», lance Robitaille.

Celle qui travaille étroitement avec Patrice Bergeron, Samuel Girard et Anthony Beauvillier plaide par ailleurs la cause de ceux qui s’apprêtent à franchir des étapes importantes dans leur carrière. «Il y a peut-être des carrières qui sont à l’enjeu en ce moment. C’est à prendre en considération, ça aussi. Ces joueurs ont besoin d’être sur la glace le plus vite possible. S’entraîner seul à la maison pendant quelques semaines, ça peut aller. Mais plus ça s’étire, plus ça devient un problème pour eux.»

Robitaille se dit confiante que son cri du cœur sera reçu positivement par la ministre. Elle dit espérer une réponse d’ici au 4 juin. «On aura besoin d’un peu de préparation pour relancer à la fin juin ou au début juillet. Plus vite on aura le feu vert, plus vite on pourra activer les opérations nécessaires afin que les écoles de hockey soient fin prêtes pour recevoir les jeunes. Mes entraîneurs ont fait tous les travaux qui attendaient à la maison, et ils ont congelé de la sauce à spaghetti pour un an ! Ils sont plus que prêts à reprendre l’action», sourit-elle. «Beaucoup sont enseignants dans leur carrière, alors ils sont déjà au fait des mesures de protection à prendre. Ils ont hâte, tout comme nous, d’être fixés. On nous a dit que la lettre avait été reçue, et qu’il y aurait une réponse. Personnellement, je suis très confiante que cette réponse sera positive», conclut celle qui doit amorcer dans quelques semaines sa 29e année comme fée des glaces.