Laurence Vincent Lapointe et son avocat Adam Klevinas, en août dernier.

Le clan Vincent Lapointe réplique à l'article de La Presse

Trois-Rivières — L'équipe de Laurence Vincent Lapointe a réagi par voie de communiqué, jeudi avant-midi, à la suite de la publication d'une chronique signée par Alexandre Pratt de La Presse.

Rappelons tout d'abord que l'athlète de Trois-Rivières purge une suspension provisoire de la Fédération internationale de canoë, après avoir échoué à un test antidopage au ligandrol, un agent anabolisant qui aide à gagner de la masse musculaire, mais sans les effets secondaires des stéroïdes.

Cette substance est interdite au Canada, sauf qu'elle se trouve facilement sur le marché noir.

Dans l'édition de jeudi du quotidien numérique, le journaliste écrit que l'analyse des suppléments alimentaires utilisés par Vincent Lapointe confirmerait que ceux-ci n'ont pas été contaminés. Il s'agissait de l'une des options envisagées par l'équipe de la reine mondiale du canoë et certainement l'une des plus crédibles pour la défense, au dire de certains observateurs.

Pratt indique que des échantillons ont été remis au réseau des Instituts nationaux du sport du Canada. Un laboratoire de Toulouse, LGC, aurait mené les tests et les résultats se seraient tous avérés négatifs: absence de ligandrol. La substance aurait donc été ingérée d'une autre façon par la Trifluvienne de 27 ans.

Le clan Vincent Lapointe, avec son avocat Adam Klevinas au front, réplique que ces résultats sont tirés d'une analyse commandée par le réseau des Centres canadiens, et non des résultats d'analyses demandées par l'équipe de Vincent Lapointe. Ces résultats demeurent pour l'instant confidentiels, personne ne souhaite commenter le processus à cette étape.

Me Klevinas ajoute que ce n'est pas le Centre canadien d'éthique dans le sport (CCES) qui a demandé cette analyse, mais le réseau des Instituts nationaux. Le CCES est en fait l'organisation antidopage au Canada et celle-ci n'est pas impliquée dans la cause de Vincent Lapointe.

Malgré ces rectifications, le clan de l'athlète demeure muet sur les procédures en cours. La date de l'audience devant la fédération internationale n'a toujours pas été fixée, pour la simple et bonne raison que l'enquête menée par Me Klevinas n'est pas terminée, toujours selon ce qui est écrit dans le communiqué envoyé aux médias jeudi. 

Par contre, lors des conférences de presse à Montréal et Trois-Rivières en août après le dévoilement du test antidopage, Me Klevinas avait mentionné qu'il fallait attendre 10 jours ouvrables avant de recevoir les résultats des laboratoires. Or, questionné par Alexandre Pratt sur ce sujet, l'avocat a préféré s'abstenir de commenter si ces tests étaient positifs ou négatifs. Dans les circonstances, plusieurs estiment que le silence radio en dit beaucoup. Les analyses demandées par l'équipe de Vincent Lapointe proviendraient d'un autre laboratoire que LGC. LGC n'est pas accrédité par l'Agence mondiale antidopage.

Aucun détail au sujet de la défense ne devrait filtrer d'ici l'audience, prévue à la base pour octobre, mais qui a de fortes chances d'être repoussée à novembre, voire décembre.

Laurence Vincent Lapointe n'a pu prendre part aux Championnats mondiaux de canoë-féminin en août en raison de sa suspension provisoire. Elle représente l'un des plus beaux espoirs olympiques parmi les athlètes canadiens en vue des Jeux de Tokyo, qui s'amorceront au Japon dans moins de 10 mois.

Celle qui a fait ses classes au Club de canoë-kayak de Trois-Rivières (CKTR) a remporté 13 fois le titre de championne du monde dans sa discipline. Elle n'avait jamais échoué à un test antidopage auparavant.

Grande ambassadrice du canoë féminin, elle a longtemps milité pour l'ajout de son sport aux Jeux olympiques. Celui-ci fera son entrée sur la grande scène mondiale du sport amateur en 2020, plus de 80 ans après les athlètes masculins.

À Trois-Rivières

Le Nouvelliste a tenté de s'entretenir avec Laurence Vincent Lapointe ainsi que ses proches, mais en vain. On sait par contre qu'elle s'entraîne parfois sur la rivière St-Maurice, à Trois-Rivières. Cependant, elle ne peut être supervisée par son premier entraîneur, Mathieu Pelletier du CKTR, en raison de sa suspension. Elle est donc laissée à elle-même, sur le plan de l'entraînement, depuis plus d'un mois.