Avant de défendre la cause de Laurence Vincent Lapointe, l’avocat Adam Klevinas a travaillé pour l’Agence mondiale antidopage.

Le clan de Laurence Vincent Lapointe est à bout de nerfs

Trois-Rivières — La Fédération internationale de canoë (ICF) tarde toujours à rendre une décision dans le dossier de dopage concernant Laurence Vincent Lapointe, suspendue de façon provisoire depuis le mois d’août après avoir été contrôlée positive au ligandrol.

Au sein du clan de la canoéiste, la grogne se fait de plus en plus sentir. «On est à bout de nerfs. On comprend mal pourquoi la fédération prend autant de temps à statuer, d’autant plus qu’elle n’a pas respecté le délai de 2 semaines qu’elle avait fixé», s’insurge une membre de l’équipe de la Trifluvienne.

Du même souffle, cette personne indique que Vincent Lapointe garde «une bonne attitude» dans toute cette histoire. Il y a quelques jours, sa mère est allée la reconduire en Floride, où elle a amorcé son entraînement en solo, loin des activités de l’équipe nationale canadienne.

«Elle est motivée et garde la tête haute. Laurence est souriante, d’être sur l’eau lui fait le plus grand bien. Mais il y a aussi des signes d’impatience.»

Le 9 décembre dernier à Lausanne en Suisse, Laurence Vincent Lapointe s’est présentée en audience devant le comité de contrôle antidopage de l’ICF. Elle et son avocat, Me Adam Klevinas, s’attendaient à une réponse, positive ou négative, dans les 30 jours.

Les Fêtes ont passé, sans qu’ils reçoivent de nouvelles. Le 8 janvier, l’ICF a annoncé qu’elle avait besoin d’un délai pouvant aller jusqu’à 14 jours avant de rendre sa décision finale. En temps normal, la reine du canoë aurait dû être fixée sur son sort au plus tard le 22 janvier.

Laurence Vincent Lapointe

On se rapproche des 50 jours depuis l’audience de Lausanne. Chaque journée perdue en est une de trop pour Vincent Lapointe, qui n’a pas abandonné son rêve de participer aux Jeux olympiques de Tokyo, les premiers pour sa discipline du canoë féminin, où elle serait la grande favorite pour gagner les deux médailles d’or à l’enjeu.

«Notre preuve est solide», a maintenu Me Klevinas, en entrevue au Nouvelliste jeudi. «Qu’est-ce qui peut expliquer un tel retard dans les circonstances? Il y a plusieurs facteurs, mais on sait qu’il s’agit d’un dossier complexe à traiter. Ça prend du temps, écrire un rapport de 15 à 20 pages, avec des preuves scientifiques et des témoignages.»

Adam Klevinas a lui-même travaillé de l’autre côté du spectre, c’est-à-dire à l’Agence mondiale antidopage. Avec son équipe, il recevait environ 2500 décisions par année à l’interne.

«On devait toutes les vérifier. J’ai vu les preuves de plusieurs dossiers: quand ce n’est pas crédible ou que la présentation est faible, ce n’est pas à l’avantage des athlètes. Dans le cas de Laurence, c’est différent, la preuve est là.»

Sur les ondes de Radio-Canada, Me Klevinas est allé encore plus loin. «C’est presque une décision facile pour eux.»

L’ICF a contacté l’avocat il y a quelques semaines afin de clarifier certaines choses dans la présentation pour la défense de l’athlète de Trois-Rivières.

«On sent vraiment que ce sera un appel favorable pour Laurence. Si ça l’est, l’AMA pourrait toujours porter le dossier en appel. Elle aura 21 jours pour le faire. Si c’est défavorable, ça ne veut pas dire que c’est la fin du rêve olympique. Laurence continue de s’entraîner et nous aussi, on peut en appeler de la décision.»

D’ici là, Laurence Vincent Lapointe poursuit son entraînement en solo. En rêvant à Tokyo.