Le boxeur trifluvien Mikaël Zewski est de retour dans le top-10 mondial pour la première fois depuis mai 2015.

Le chemin de croix de Mikaël Zewski

Trois-Rivières — Il lui aura fallu un peu plus de quatre ans, mais Mikaël Zewski (33-1, 22 K.-O.) est enfin de retour dans le top-10 mondial des mi-moyens. Le boxeur trifluvien apparaît en effet au 8e échelon du dernier relevé de la WBO en vertu de sa plus récente victoire obtenue par décision unanime aux dépens d’Abner Lopez au Casino de Montréal, le 28 juin dernier.

Il s’est donc écoulé 50 mois entre sa seule défaite en carrière – il pointait alors au 4e rang mondial de la WBO en mai 2015 – et son retour parmi la crème des 147 livres sur la planète. Même si ce détour a parfois paru bien long pour le Trifluvien de 30 ans, il se dit maintenant mieux outillé pour attaquer la suite de sa carrière.

«Au début j’aurais aimé que ça progresse plus vite, mais j’ai compris à un certain moment que ça allait être un long chemin et que je devais faire avec ça. Ça m’a permis de prendre de l’expérience, j’ai fait face à beaucoup d’adversité», raconte le détenteur des titres nord-américains de la WBO et l’IBF.

Depuis sa défaite aux dépens de Konstantin Ponomarev, le 1er mai 2015 à Las Vegas, Zewski a signé sept victoires d’affilée. À travers cette séquence, il a notamment dû livrer quelques guerres de tranchées, dont une qui lui a fait visiter le plancher pour la première fois de sa carrière, le 28 juin.

Malgré les ecchymoses, il n’a jamais remis en question son potentiel et ses ambitieux objectifs. «Je n’ai jamais douté de mon potentiel pour retourner au sommet. Maintenant que je suis de retour dans le top-10, je suis un peu plus pressé d’avoir un gros combat que je ne l’étais à 26 ans. Avant, j’étais content d’être dans le top-10 et j’attendais l’opportunité. Quatre ans plus tard, je veux faire de gros combats. Ma patience est moins grande!», reconnaît-il.

Même si le temps file, Zewski estime qu’il est toujours dans la fleur de l’âge. Après tout, lorsqu’on scrute attentivement le classement de la WBO, on constate que les six premiers boxeurs sont âgés de 30 ans ou plus.

«Je suis encore dans mon prime. Un gars comme Eleider Alvarez avait 34 ans quand il a battu Sergey Kovalev pour devenir champion du monde», cite-t-il en exemple.

De retour en octobre

Pour l’instant, le plan d’Yvon Michel est de ramener le boxeur trifluvien dans l’arène au mois d’octobre, possiblement à Québec. Mais au fil des ans, Zewski a appris à vivre avec les surprises de dernière minute. «Tout peut changer rapidement. C’est certain que je dois retourner dans le ring avant la fin de l’année. Il y a eu une pause de sept mois entre mes deux derniers combats. Être dans le top-10, ça ne suffit pas, je dois être plus actif.»

En jetant un coup d’œil au classement mondial, Zewski salive à l’idée de se mesurer à n’importe quel adversaire devant lui. Au cours des derniers mois, il a notamment entendu circuler le nom du Lithuanien Egidijus Kavaliauskas (21-0-1, 17 K.-O.), premier aspirant au trône de Terence Crawford, être évoqué. «C’est un cogneur puissant qui est affilié avec Top Rank. Yvon a de bons contacts avec ce promoteur. Ça pourrait être intéressant.»

Peu importe le rival, Zewski s’assure de visiter le gymnase régulièrement pour être prêt lorsque le téléphone sonnera avec une offre alléchante. «Rendu où je suis, je ne refuserai personne. Peu importe où l’opportunité se présentera, je dois être prêt. Récemment il y avait un combat de prévu entre Jose Benavidez et Luis Collazo qui devait avoir lieu. Mais une blessure a compromis le duel. J’ai donc vérifié si ça pouvait être une possibilité pour moi de prendre le combat, mais les promoteurs ont finalement choisi de reporter le duel.»

Chose certaine, Zewski est plus affamé que jamais... et surtout très heureux d’être de retour parmi l’élite mondiale, quatre ans plus tard.