En fusillade, Sean Couturier a battu Charlie Lindgren avec un tir du côté du bâton.

Le Canadien blanchi pour une neuvième fois

Deux joueurs ont monopolisé l’attention dans le vestiaire du Canadien de Montréal après le match de lundi soir contre les Flyers de Philadelphie au Centre Bell. Il y a eu Charlie Lindgren, fort solide malgré le fait qu’il se soit incliné 1-0 en tirs de barrage. L’autre était Max Pacioretty, toujours membre de l’organisation, qui a livré un vibrant discours visant à rappeler qu’il ne veut nullement la quitter.

À sa première sortie dans la LNH depuis le 21 novembre à Dallas, Lindgren a repoussé 33 rondelles en temps réglementaire et en prolongation et quatre des six tirs auxquels il a fait face en fusillade.

Il l’a fait contre l’une des meilleures formations en ce moment, une formation qui s’est présentée au Centre Bell avec cinq victoires consécutives et un dossier de 9-0-1 à ses dix dernières sorties.

Les Flyers n’ont pas perdu en temps réglementaire depuis le 1er février au New Jersey.

«Je n’étais pas intimidé du tout. Je veux tirer profit de chaque opportunité qui m’est offerte. Je me présente avec confiance et je fais entièrement confiance aux gars qui se trouvent dans ce vestiaire», a déclaré Lindgren, rappelé d’urgence la semaine dernière après la commotion cérébrale à Carey Price.

Sean Couturier a mis fin au duel avec un tir du côté du bâton, comme l’avait fait Jakub Voracek lors de la troisième ronde.

Le but de Voracek avait permis de prolonger la session de fusillade, après que Paul Byron eut déjoué Petr Mrazek à la deuxième tentative du Canadien.

Alex Galchenyuk, Jonathan Drouin, Artturi Lehkonen, Charles Hudon et le défenseur David Schlemko ont tous été envoyés par Claude Julien, sans succès.

«Je suis impressionné, mais pas surpris, a déclaré Pacioretty en parlant de Lindgren. Chaque fois qu’il s’est joint à nous, il a toujours bataillé avec ardeur. Lorsque lui et “Nemo” (Antti Niemi) sont envoyés dans la mêlée, ils créent des étincelles à cause de leur ardeur au travail. Ce soir, il a certainement été une bougie d’allumage pour nous.»

Par la suite, Pacioretty n’a pu éviter les questions sur les rumeurs de transactions qui ont circulé à son sujet au cours des récentes semaines. Des rumeurs qui l’ont parfois irrité et qui vont s’estomper pendant quelques mois.

«Les derniers jours ont été émotifs et je suis content d’être encore un membre de cette équipe. Maintenant que nous allons vers l’avant, tout le monde doit assumer une responsabilité pour notre situation actuelle et je le fais.

«J’assume l’entière responsabilité pour le niveau de mon jeu et sur ce que j’ai pu faire pour que nous connaissions une saison marquée de tant de moments négatifs. Mais honnêtement, je ne peux pas être le seul à supporter tout le blâme. C’est injuste pour moi et pour ma famille.»

Difficile pour la famille

Lors de sa rencontre avec les journalistes, Pacioretty a plusieurs fois laissé sous-entendre que ces dernières semaines avaient été difficiles pour sa famille.

«J’espère que vous réalisez que je suis un être humain avec trois enfants. Il s’est dit bien des choses et je n’entrerai pas dans les détails, mais dans certains cas, ç’a été très difficile à accepter. Je prends ça à cœur, car j’ai à cœur de jouer ici. Des gens me demandent si le rôle de capitaine a rendu les choses plus difficiles, et je répondrai toujours non. En fait, je vous dirais que ça m’a facilité la tâche.

«Je pense avoir dit plusieurs fois où je me situe par rapport à cette organisation. Je vis ici 12 mois par année et je suis peut-être l’un des seuls avec Pauly (Paul Byron) et Jo (Jonathan Drouin). Montréal est ma ville. Je le répète, je suis un être humain avec trois enfants, et je veux que ça fonctionne ici.»

La défaite, une deuxième d’affilée du Canadien en tirs de barrage, est la neuvième par voie de blanchissage, ce qui égale un record d’équipe édité en six autres occasions, dont en 2010-2011.

Le Canadien complétera son périple de quatre matchs à domicile en accueillant les Islanders de New York, mercredi, dans un match qui doit commencer à 19 h.

Par la suite, les hommes de Claude Julien entameront une séquence de six parties en dix jours à l’étranger à commencer par un match retour contre les Islanders à Brooklyn.

Le Canadien aura des escales à Boston, au New Jersey, à Sunrise, à Tampa et à Columbus.

Échos de vestiaire

Claude Julien, au sujet de son choix de David Schlemko pour effectuer un tir de barrage :

«Si vous faites vos devoirs, vous allez voir qu’il a de bonnes statistiques dans les tirs de barrage et il a été bon dans les entraînements aussi.»

Charlie Lindgren, au sujet de sa performance à son retour avec le Canadien:

«Je me sentais bien dès la première mise en jeu. J’ai pu faire quelques arrêts tôt en première période qui m’ont permis de vraiment entrer dans le match.»

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LES CINQ MOMENTS DU MATCH

Un trop-plein de frustration?

On ne sait trop si la frustration des dernières semaines avait besoin d’être évacuée, mais toujours est-il que Max Pacioretty s’est fâché alors qu’il n’y avait que 31 secondes d’écoulées à la première période. Après avoir été pris en défaut pour avoir fait trébucher, Pacioretty a été impliqué dans une escarmouche avec le défenseur Shayne Gostibehere, qui n’avait pas aimé ce qu’il avait vu de la part du capitaine du Canadien. Pacioretty a écopé une pénalité mineure pour rudesse tout comme Gostibehere. Les Flyers ont cependant été incapables de décocher un seul tir vers Charlie Lindgren.

Petr Mrazek peu occupé en première

Les souvenirs que Petr Mrazek pouvait avoir de Montréal n’étaient sans doute pas très bons, lui qui avait été victime de cinq buts sur 25 tirs, le tout en 33 minutes de jeu dans une défaite de 10-1 des Red Wings de Detroit le 2 décembre. Lundi soir, ses coéquipiers des Flyers de Philadelphie lui ont rendu la tâche facile pendant la première période, lors de laquelle il a fait face à seulement trois rondelles. Il a tout de même dû se montrer alerte devant Nicolas Deslauriers, bloquant un tir du bout du patin gauche pendant la cinquième minute de jeu.

Lindgren se distingue coup sur coup

À son premier match dans la Ligue nationale de hockey en quelque trois mois, Charlie Lindgren a été testé à quelques reprises pendant les 20 premières minutes du match. Le plus sérieux est venu lors de tirs consécutifs de la part de Sean Couturier et Travis Konecny alors qu’il restait un peu moins de quatre minutes à jouer au premier vingt.

Le Canadien sort de sa torpeur en deuxième

Après une première période où ils ont été plutôt amorphes, les joueurs du Canadien ont affiché un peu plus d’énergie. Graduellement, ils ont pu faire sentir leur présence autour de Petr Mrazek et ont obtenu quelques chances intéressantes de briser l’impasse de 0-0, notamment grâce à Artturi Lehkonen et à Victor Mete dans un intervalle d’environ une minute, puis lors d’une punition mineure à Ivan Provorov au point de rattraper les Flyers au chapitre des tirs aux buts avant la fin de la période médiane. Mrazek a d’ailleurs réalisé le bijou de la soirée, jusque-là, en volant un but certain à Paul Byron qui avait réussi à se présenter seul devant lui après une belle passe de Phillip Danault lors d’un deux contre un.

Couturier met fin au débat en fusillade

Sean Couturier a réussi le but vainqueur au sixième tour. Les seuls marqueurs de la fusillade ont été Paul Byron, en deuxième ronde, puis Jakub Vorack, au troisième tour. Couturier a fait mouche en fusillade pour la première fois cette saison, en trois occasions. Combiné au revers des Capitals à Columbus, le gain des Flyers, un sixième de suite, leur permet d’accéder au premier rang de la section Métropolitaine.