Carter Hart sera l'un des deux gardiens de l'équipe nationale. Dominique Ducharme espère une meilleure contribution de ses portiers, une des lacunes de l'équipe l'an dernier.

Le Canada peut aspirer à l'or au Mondial junior

Jouer devant ses partisans avec une équipe axée sur la vitesse et la ténacité pourrait s'avérer une combinaison gagnante pour le Canada au Championnat mondial junior.
Même si le pays ne peut compter sur des vedettes comme Connor McDavid et Mitch Marner, qui ont déjà fait leur place dans la Ligue nationale, leurs rivaux seront aussi privés de leurs meilleurs éléments lors du tournoi, qui sera présenté entre le 26 décembre et le 5 janvier à Toronto et à Montréal.
L'entraîneur-chef Dominique Ducharme comptera sur quatre trios capables de marquer et sur une défensive dominante. Il espérera que ses gardiens, Carter Hart et Connor Ingram, seront meilleurs que ceux de l'an dernier alors que le Canada avait été éliminé par la Finlande en quarts de finale.
Cinq joueurs de cette équipe sont de retour cette année: les attaquants Dylan Strome, Julien Gauthier, Mitchell Stephens et Mathew Barzal ainsi que le défenseur Thomas Chabot. Des attaquants comme le meneur de la LHJMQ au chapitre des buts, Mathieu Joseph, le troisième choix au total du dernier encan de la LNH, Pierre-Luc Dubois, le meilleur marqueur de la Ligue de l'Ontario, Taylor Raddysh, et Tyson Jost, de l'Université du Dakota du Nord, devraient fournir quatre trios offensifs.
«Notre rythme, nos habiletés et la manière dont nous travaillons, nous mettons ces trois choses ensemble et ça fonctionne très bien, a déclaré Jost cette semaine. Nous sommes aussi un groupe tissé serré à l'extérieur de la patinoire, et on en tire profit sur la glace.
«Une chose dont vous avez vraiment besoin dans un tournoi de courte durée, c'est d'installer la chimie à l'extérieur de la patinoire. C'est ce qu'on peut voir dans ce vestiaire.»
Le Canada sera favori sur une patinoire de dimension normale à domicile, où il a gagné l'or, il y a deux ans à Toronto. C'est la seule médaille que le Canada a décrochée lors des quatre derniers tournois, alors que les trois autres ont été disputés sur des patinoires de dimension olympique.
Les États-Unis, qui ont appris que l'espoir des Canucks de Vancouver Brock Boeser allait rater le tournoi en raison d'une blessure au poignet, seront aussi dans la course en compagnie de la Finlande, de la Russie et de la Suède.
Des absents de marque
La plupart des discussions d'avant-tournoi étaient à propos des joueurs qui ne joueront pas, et cette liste est certainement impressionnante.
Mis à part McDavid et Marner, on retrouve parmi les Canadiens admissibles qui n'ont pas été prêtés par les équipes de la LNH, le défenseur Jakob Chychrun et les attaquants Travis Konecny, Anthony Beauvillier et Lawson Crouse.
Les Américains ne pourront compter sur les services d'Auston Matthews, Matt Tkachuk, Zach Werenski et Noah Hanifin, tandis que la Finlande sera privée des trois meilleurs marqueurs du tournoi de l'an dernier - Patrik Laine, Jesse Puljujarvi et Sebastian Aho. Le défenseur russe Ivan Provorov, le Suisse Denis Malgin et le Tchèque Pavel Zacha ne seront également pas du tournoi.
Même quelques-uns des meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage n'y seront pas: le Canadien Nolan Patrick et l'Américain Casey Mittelstadt sont ennuyés par des blessures. Il y aura tout de même des espoirs intéressants à surveiller comme le Suisse Nico Hischier, le Tchèque Martin Necas, le Suédois Elias Petterson et neuf jeunes Finlandais dont Kristian Vesalainen, Eeli Tolvanen, Miro Heiskanen, Juuso Valimaki et Urho Vaakainen.
Il y aura aussi le défenseur suisse de 16 ans Rasmus Dahlin, qui est perçu par plusieurs comme le potentiel premier choix au repêchage de la LNH, en 2018.
Il faudra également surveiller des joueurs talentueux déjà repêchés comme les Suédois Alexander Nylander et Joel Eriksson Ek, le capitaine finlandais Olli Juolevi et le gros défenseur russe appartenant au Canadien de Montréal, Mikhail Sergachev.
Malgré son âge, Chychrun n'est pas intimidé
Le capitaine des Coyotes de Phoenix Shane Doan avait déjà joué 160 matchs dans la Ligue nationale quand son coéquipier Jakob Chychrun est né au printemps de 1998.
À 18 ans et 266 jours, Chychrun est le plus jeune défenseur de la LNH et le troisième plus jeune joueur dans la LNH, derrière les Finlandais Jesse Puljujarvi et Patrik Laine.
«C'est ''cool'', mais je ne me vois pas vraiment comme un jeune, a déclaré Chrychrun du haut de ses six pieds trois pouces et 200 livres. J'approche chaque match comme un professionnel le ferait et je crois que je suis très mature.»
Le choix de premier tour des Coyotes lors du repêchage de cette année vit cependant toujours des moments d'émerveillement. Comme lorsqu'il a joué à Chicago pour la première fois et qu'il a affronté Patrick Kane ou quand il a fait face à Sidney Crosby et aux Penguins de Pittsburgh. Comme les Panthers de la Floride étaient médiocres quand il a grandi à Boca Raton - ils ont participé aux séries éliminatoires une fois en 13 ans - il est devenu un partisan des Penguins, et de Crosby en particulier.
«Je vais probablement m'arrêter dans la période d'échauffement et savourer le moment, mais une fois que le match commence, je suis plus concentré à les museler et à faire de mon mieux pour les affronter, a commenté Chychrun. J'essaie de ne pas trop m'énerver avec ça durant les matchs et de faire mon travail.»
Chychrun connaît un bon départ malgré son âge dans un rôle de profondeur avec les Coyotes. Les chiffres laissent croire que les Coyotes ont davantage la possession de la rondelle lorsqu'il est sur le jeu, lui qui obtient un temps de jeu limité - presque 17 minutes par match - et qui joue contre les trios de profondeur adverses. Son partenaire en défensive est Luke Schenn, un autre joueur qui a fait le saut dans la LNH à un jeune âge avec les Maple Leafs de Toronto.
Quelques-uns des plus jeunes joueurs de la Ligue ont connu du succès dès le départ cette saison, dont Patrik Laine, des Jets de Winnipeg, Matthew Tkachuk, des Flames de Calgary, et Auston Matthews, des Maple Leafs de Toronto.
Il est toutefois rare de voir un jeune arrière avoir un impact immédiat avec son équipe. Zach Werenski, âgé de 19 ans, est lui aussi une exception notable cette saison avec les Blue Jackets de Columbus.
Il est de croyance populaire dans la LNH que les défenseurs ont généralement besoin de 300 matchs d'expérience pour apprendre à bien jouer. Il y a beaucoup de choses à assimiler pour maîtriser la ligne bleue, comme la manière de contrer une attaque ou de bouger la rondelle de manière efficace sous pression. Les erreurs sont davantage visibles en défensive.
Plus tôt cette semaine contre les Flames de Calgary, Chychrun n'a pas été en mesure de contrôler la rondelle dans son propre territoire. Il a été obligé d'accrocher le vétéran attaquant Troy Brouwer pour s'en sortir, ce qui lui a valu une pénalité mineure. Deux jours plus tard, Chychrun s'est fait pincer le long de la rampe par Matt Hendricks, des Oilers d'Edmonton. Lors de cette même soirée, il a été coincé entre Zack Kassian et Eric Gryba et s'est retrouvé au sol.
Chychrun a quitté le match et n'est pas revenu au jeu.
Ses habiletés de patinage lui ont surtout permis de percer la formation des Coyotes, une qualité qu'il a acquise en jouant à l'avant jusqu'à sa dernière année de hockey mineur. Le père de Chychrun, Jeff, un ancien défenseur qui a presque joué 300 matchs dans la LNH, le faisait souvent jouer à la ligne bleue. Le jeune a décidé d'occuper un poste en défensive à temps plein quand il a déménagé à Detroit et le Sting de Starnia en a éventuellement fait le premier choix de l'encan 2014 de la Ligue de l'Ontario.
Chychrun est d'avis que d'être défenseur dans la LNH est différent de tout ce qu'il a vécu en raison «du talent incroyable». Il croit cependant être en mesure de faire face à la musique, même s'il est le plus jeune de la Ligue à sa position.
«Je crois que j'ai bien fait jusqu'ici et je veux continuer de m'améliorer, a déclaré Chychrun. C'est fou de jouer dans cette Ligue à 18 ans, mais c'est quelque chose qu'il faut aborder par séquence, et surtout en profiter.
«Jusqu'à maintenant, c'est bien plaisant.»