Steve Turcotte
Le nombre de bagarres est en forte décroissance depuis une décennie. Quelques équipes ont déjà publiquement annoncé leur volonté de franchir le dernier pas pour faire de la LHJMQ le premier circuit junior au Canada où jeter les gants entraînerait une expulsion automatique, ou même une suspension.
Le nombre de bagarres est en forte décroissance depuis une décennie. Quelques équipes ont déjà publiquement annoncé leur volonté de franchir le dernier pas pour faire de la LHJMQ le premier circuit junior au Canada où jeter les gants entraînerait une expulsion automatique, ou même une suspension.

Le calendrier avant les bagarres

CHRONIQUE / C’est ce jeudi que les équipes de la LHJMQ vont se pencher sur les dossiers des bagarres et du calendrier. Deux dossiers chauds, qui font jaser depuis des années!

En ce qui concerne les bagarres, il y aura vraisemblablement un vote sur leur abolition pure et simple. Les deux tiers des membres doivent être en faveur pour que ce changement de culture s’opère.

Possible que ça se produise, le nombre de bagarres est en forte décroissance depuis une décennie et quelques équipes ont déjà publiquement annoncé leur volonté de franchir le dernier pas pour faire du circuit Courteau le premier circuit junior au Canada où jeter les gants entraînerait une expulsion automatique, ou même une suspension.

On cite depuis quelques semaines la NCAA pour appuyer cette avenue. Vrai que le circuit universitaire américain ne tolère pas les combats. Ça n’empêche pas ce circuit de produire une tonne de joueurs pour les rangs professionnels. Mais il y a quand même une différence majeure: dans la NCAA, les joueurs évoluent avec un protecteur facial complet. Dans la LHJMQ, avec la demi-visière, c’est pas mal plus difficile de contrôler les mêlées.

Avec une expulsion, est-ce que les bons joueurs seront ciblés par des joueurs moins doués quand il y aura un peu de brasse-camarade? Parce que 10 joueurs qui se regroupent après un coup de sifflet, ce n’est pas évident pour deux juges de lignes de départager tout le monde en un clin d’œil…

Les matamores ont disparu

Le hockey a changé. Les armoires à glace qui patinaient sur la bottine sur un quatrième trio ont disparu du paysage. Quand il y a des combats, maintenant c’est dans le feu de l’action, ou en représailles. Et, la très grande majorité se déroule avec consentement mutuel.

Est-ce qu’il y a moyen de serrer encore un peu plus la vis, sans aller jusqu’à l’expulsion? Bien sûr. On peut ajouter une pénalité de 10 minutes pour mauvaise conduite, par exemple. Réprimander encore davantage les instigateurs et les agresseurs. Même suspendre plus rapidement les joueurs impliqués dans plusieurs bagarres au fil de la saison.

J’ai bien hâte de voir le résultat de la réunion. Bobby Smith avait mis tout son poids politique dans la balance il y a quelques années lorsque certaines équipes avaient proposé l’abolition des bagarres, convaincu que la ligue était plus sécuritaire avec le statu quo.

Il avait beaucoup d’appuis autour de la table à l’époque. Certains ont changé d’idée depuis. S’il y a incontestablement un vent qui pousse vers l’abolition des bagarres en ce moment, ce vote-là est quand même loin d’être gagné d’avance pour les adeptes du jeu scientifique. Même si on devine que le commissaire Gilles Courteau est en faveur.

64 ou 60 matchs?

L’autre dossier est moins épineux. On semble se diriger vers une réduction du calendrier de 68 à 64 matchs. L’idéal aurait été de descendre à 60, question d’éliminer tous les matchs en semaine.

Mais bon, il faut aussi comprendre la réalité de plusieurs petits marchés, qui peinent à boucler le budget. Moins de matchs, c’est automatiquement moins de revenus, dans un contexte où les frais d’opération ne cessent de grimper.

Reste que pour une ligue qui tente de montrer qu’elle prend les études au sérieux, il y a un coup de barre à donner à ce niveau. Les Cataractes, l’équipe la plus avantagée au plan géographique, ont perdu trois jours d’école la semaine dernière pour un seul match disputé à Baie-Comeau un mardi! Imaginez les contorsions scolaires nécessaires pour les joueurs qui évoluent en Abitibi, sur la Côte Nord, au Cap-Breton ou à l’Île-du-Prince-Édouard.

Dans cette guerre livrée à la NCAA pour retenir les joueurs de l’Est du Canada dans la LHJMQ, la lourdeur du calendrier est bien plus souvent évoquée par l’entourage des jeunes que la tolérance aux bagarres…

Les Cataractes se doivent de mieux honorer l’impact de certains de leurs entraîneurs.

Claude Dolbec: occasion loupée

Les Cataractes ont tenu une minute de silence dimanche dernier pour souligner le décès de Claude Dolbec, un Shawiniganais qui a été le premier entraîneur de la concession. 

Son départ rappelle toutefois que l’état-major de l’équipe tarde à réinstaller la bannière qui avait été hissée dans les hauteurs de l’aréna Jacques-Plante pour honorer l’impact de ces entraîneurs dans le cheminement de l’organisation.

Questionné à ce sujet il y a quelques années, les Cataractes disaient que c’était un simple oubli dans le déménagement vers le Centre Bionest. 

Ils promettaient de corriger le tir rapidement, et d’ajouter les noms de Denis Francoeur et d’Éric Veilleux à la prochaine bannière qui serait installée dans le Centre Gervais Auto. 

On croyait que l’année du 50e anniversaire était l’occasion idéale. Après tout, il y a eu des célébrations à pratiquement tous les matchs locaux. 

Mais non, cette cérémonie n’a jamais eu lieu. 

Dommage, Dolbec aurait certainement aimé vivre une dernière soirée comme celle-là dans son patelin…

Pour Francoeur et Veilleux, il n’est pas trop tard, toutefois. Ces deux géants méritent une telle reconnaissance. 

Sans Francoeur, les Cataractes n’auraient pas survécu aux dernières saisons à Jacques-Plante. 

Sans Veilleux et la Coupe Memorial de 2012, la concession serait toujours à la recherche d’un premier championnat en plus de cinq décennies.

Allez, un petit effort, messieurs.