Isabelle Bernier avait déjà fait écarquiller les yeux, l’été dernier, en faisant le tour du lac Memphrémagog en solo, une balade de 123 km réalisée en un peu plus de 13 heures.

Le bonheur de courir très longtemps

TROIS-RIVIÈRES — 19 heures 48 minutes et 7 secondes. C’est le temps qu’a mis la coureuse Isabelle Bernier pour parcourir les 105 kilomètres de l’Ultra Trail Maxi Race, course à laquelle elle a récemment pris part en Chine. Malgré un niveau relevé de compétition, ce résultat a permis à l’athlète de 40 ans de terminer au premier rang chez les femmes.

De retour au pays depuis quelques jours à peine, la mère de deux enfants qui a vécu plusieurs années en Mauricie avant de s’expatrier en Estrie avoue qu’elle ressent encore les effets de cette éprouvante épreuve d’endurance. Bien qu’habituée de relever des défis du genre, elle précise que les conditions dans lesquelles elle a dû s’exercer n’avaient rien de facile. En plus du dénivelé positif de 6300 mètres auquel elle s’attendait, les pluies abondantes qui sont tombées sur la région de l’Empire du Milieu où avait lieu la course avaient rendu plusieurs sections du parcours très glissantes, voire dangereuses. Néanmoins, la principale intéressée considère qu’elle s’en est bien sortie dans les circonstances, et ce, même si elle s’est trompée de chemin à quelques reprises au cours de l’épreuve.

«Le niveau de difficulté était tout particulièrement élevé. Mais malgré l’ensemble des circonstances, ç’a vraiment bien été», mentionne celle qui a fréquenté le Séminaire Sainte-Marie, le Collège Shawinigan et l’Université du Québec à Trois-Rivières au cours de son parcours académique.

La course qui se déroulait à Jiangdhan, une ville située à six heures de Shanghai, constituait d’ailleurs la première à l’extérieur du continent nord-américain à laquelle la dame participait. Elle y avait été invitée après avoir fait écarquiller les yeux de plusieurs observateurs en faisant le tour du lac Memphrémagog en solo en août dernier. Cette balade de 123 km, qu’elle a réalisée en un peu plus de 13 heures, a convaincu l’organisme Endurance Aventure de faire des représentations afin qu’elle obtienne son billet pour cet événement en Asie.

«Endurance Aventure a des partenaires dans différents pays, dont en Chine. C’est comme ça que le relais s’est fait», poursuit-elle.

Un mode de vie

Adepte de la course à pied depuis très longtemps, l’Estrienne d’adoption a été contrainte de ranger ses espadrilles pendant un bon moment au cours de sa vingtaine en raison d’ennuis de santé. Après cette pause forcée, elle a renoué sérieusement avec sa passion il y a quatre ans. Ayant limité ses activités à la piste et à la course sur route traditionnelle au début de sa carrière, elle a rapidement migré vers les sentiers au cours des dernières années. Les longues distances reliées à ce type de course ne lui ont d’ailleurs jamais fait peur. Au contraire, elle considère que ces défis cadrent parfaitement avec sa personnalité.

«Dans ma tête et dans mon corps, c’est comme si je faisais un voyage tout le temps. En étant dans la nature – je suis vraiment une amoureuse de la nature – j’apprécie chaque moment, et ce, même s’il peut y avoir de la douleur éventuellement pendant l’effort. C’est comme une méditation. J’en profite pour faire le vide, ce qui n’arrive pas souvent dans la vie quotidienne. En même temps, il faut être présent en sentier à chaque instant. Sinon, ça peut-être dangereux. [...] J’ai l’impression qu’il n’y a pas de temps quand je fais ça. Je courrais tout le temps si je pouvais», confie-t-elle.