Le centre-arrière Jean-Christophe Beaulieu a eu 30 ans durant le confinement. Il ignore encore s’il poursuivra sa carrière professionnelle en 2021.
Le centre-arrière Jean-Christophe Beaulieu a eu 30 ans durant le confinement. Il ignore encore s’il poursuivra sa carrière professionnelle en 2021.

LCF: Jean-Christophe Beaulieu à la croisée des chemins

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Jean-Christophe Beaulieu a eu 30 ans pendant le confinement et il l’admet candidement, le poids de ses années de football commence à peser. La pause forcée lui a permis de se réorienter et il travaille dorénavant comme foreur, dans la région de Montréal. Tôt ou tard, il aura une importante décision à prendre quant à son avenir comme athlète professionnel.

Comme plusieurs de ses collègues, le centre-arrière de Trois-Rivières voulait croire au projet préparé par la Ligue canadienne de football pour un retour au jeu, dans la bulle de Winnipeg. Après tout, les plans de la LNH et de la NBA fonctionnent bien jusqu’ici, non?

La réalité, c’est que la LCF n’a pas les mêmes moyens financiers que les géants nord-américains. Beaulieu le comprend. Par contre, il aurait aimé que les dirigeants du circuit soient plus transparents. Il n’est pas le seul à le penser: depuis lundi, les voix s’élèvent pour critiquer le statut précaire des joueurs dans la LCF, qui a officiellement annulé son projet de saison écourtée, faute d’appuis du gouvernement fédéral, dit-elle.

«Avec ce que j’ai vécu dans cette ligue, ça ne m’étonne pas. Que ce soit pour le renouvellement des conventions collectives ou d’autres dossiers importants, ça se fait souvent avec des portes fermées», regrette celui qui s’était entendu avec les Argonauts de Toronto, avant le début de la pandémie.

«On a appris l’annulation de la saison dans les médias.»

Beaulieu devait se rapporter à la formation torontoise pour le camp d’entraînement. Il a toutefois appris que son contrat n’était pas légal, car il ne fut pas enregistré officiellement en raison de l’arrêt de toutes les activités en mars.

«C’est compliqué, on se retrouve dans une zone grise, explique Beaulieu. Les Argos ont sorti une clause COVID. Je tomberais donc de nouveau agent libre...»

Les 100 matchs dans la mire

Après ses années collégiales et universitaires, Beaulieu visait une carrière d’une centaine de matchs dans la LCF. Il a défendu les couleurs des Alouettes de Montréal, puis du Rouge et Noir d’Ottawa, avant d’être libéré cet hiver.

«Mon rêve, c’était de jouer 10 ans, disputer 100 matchs dans la ligue et gagner la Coupe Grey. Il me manque une dizaine de parties pour atteindre la centaine et c’est certain que j’aimerais avoir une bague. Mon dernier championnat remonte au secondaire, avec les Estacades!»

C’est pourquoi il refuse de fermer définitivement la porte à un retour. Même si cette année de repos forcé lui fait le plus grand bien.

«Je découvre le yoga, je fais de la course. Je retrouve ma flexibilité», concède celui qui n’a pas été ménagé par les blessures, au fil de sa carrière.

«Ça me permet de réfléchir. Je suis dans une situation que j’aime présentement. Le métier de foreur, j’adore ça! On travaille sur les fondations d’immeubles gigantesques. La LCF, c’est un rêve, mais tu ne gagnes pas des millions avec ça et tu ne te crées pas un avenir dépassé 35 ans non plus...»

Ceci dit, il s’ennuie du fameux sentiment de la meute. Il l’a d’ailleurs bien décrit, dans un statut Facebook, à l’aube du repêchage de la Ligue canadienne en avril.

«Il est encore tôt pour prendre une décision. Je sais que beaucoup de gens se questionnent sur l’avenir du circuit. De mon côté, je suis quand même confiant. Des nouveaux stades ont été construits dans l’Ouest canadien et les partisans sont au rendez-vous. On va espérer que tout revienne à la normale le plus vite possible, parce qu’on ne peut pas se permettre une longue absence.»