Depuis la transaction qui a amené Samuel Girard (à gauche) au Colorado, Nathan MacKinnon (au centre) vient au premier rang de la LNH avec 45 points en 31 matchs.

L'Avalanche spectaculaire

MONTRÉAL — Décidément, le Canadien n’a pas de répit. Après avoir affronté les Bruins de Boston — qui ne perdent plus — trois fois en huit jours, voilà que l’Avalanche du Colorado s’amène au Centre Bell mardi soir.

En gros, les Bruins et l’Avalanche se disputent le titre d’équipe de l’heure dans la LNH. Les Bruins n’ont pas perdu en temps réglementaire à leurs 16 derniers matchs, tandis que l’Avalanche surfait — avant la rencontre de lundi soir à Toronto — sur une séquence de neuf victoires de suite.

Outre les menteurs compulsifs, peu de gens peuvent affirmer avoir prédit ce revirement de situation, d’autant plus que l’Avalanche a sacrifié le présent au profit de l’avenir en échangeant l’attaquant Matt Duchene.

Au cœur de ce revirement de situation, on retrouve Nathan MacKinnon. Sa carrière semblait stagner, pour ne pas dire régresser, depuis qu’il a remporté le trophée Calder au terme de la saison 2013-2014. MacKinnon soulevait de plus en plus de doutes quant à savoir si son impact allait correspondre à ce qui est attendu d’un joueur repêché au tout premier rang.

Coïncidence ou pas, MacKinnon a explosé quand Duchene a été échangé. Depuis cette transaction monstre du 5 novembre, MacKinnon vient au premier rang de la LNH avec 45 points en 31 matchs.

Des retrouvailles

Jonathan Drouin a bien connu MacKinnon pour avoir été son compagnon de trio chez les Mooseheads de Halifax.

«Il a vraiment plus souvent la rondelle, note le Québécois. Tu vois qu’il a pris une coche cette saison. C’est un gars très orgueilleux, c’était sûr qu’il allait rebondir. C’est aussi la preuve que lorsqu’une équipe connaît des succès collectifs, c’est bon pour les statistiques individuelles des gars.»

Drouin affirme demeurer proche de son ancien coéquipier et garde un œil sur ses matchs. «Les gens disent souvent que gagner un championnat, ça soude les gars ensemble, et c’est vrai. Je suis resté bon ami avec Nathan et avec bien des gars, avec le DG, avec le coach, Dominique Ducharme.»

L’autre qui transporte cette attaque du Colorado, c’est Mikko Rantanen, choix de premier tour (10e au total) de l’Avalanche en 2015. Les attentes étaient élevées à son endroit, et il a connu une première saison respectable avec 38 points en 75 matchs. Mais voilà qu’après 45 matchs cette saison, il a déjà excédé ce total! Le voici à 46 points.

Lui, c’est Artturi Lehkonen qui le connaît bien. «Je l’ai connu à 12-13 ans. On vient de la même ville», a rappelé l’attaquant du CH. «À 14-15 ans, il était un des joueurs les plus petits de son équipe. Et en un été, il a vraiment grandi beaucoup. Ça lui a pris du temps à retrouver sa coordination, car il avait grandi d’un coup. Quand il l’a trouvée, il s’est vraiment amélioré. Je ne suis vraiment pas surpris de ses succès. Je le vois travailler, le temps qu’il investit dans son entraînement. L’an passé, il devait simplement trouver de la cohésion et là, il l’a trouvée avec MacKinnon. Je suis vraiment content pour lui.»

Ajoutez à cela l’apport de deux recrues, le défenseur Samuel Girard et l’attaquant Alexander Kerfoot, et vous avez les ingrédients pour la relance d’une organisation qui n’a pas gagné une seule série éliminatoire depuis 2008.

Avant les matchs de lundi, l’Avalanche était au cœur d’une triple égalité pour la dernière place donnant accès aux séries dans l’Association de l’Ouest.