Conseiller auprès de l’entraîneur-chef Glen Constantin et du Rouge et Or de 2002 à 2010, Pierre Vercheval a aussi étudié à l’Université Western et joué avec les Mustangs où il a fait la connaissance de Greg Marshall qui est entraîneur-chef de l’équipe depuis neuf ans.

Laval ou Western, Vercheval ne peut pas perdre

«J’ai un ami qui va gagner et l’autre qui va être triste. Je suis un grand partisan de Glen et je lui souhaite toujours de gagner. Mais s’il est pour perdre, aussi bien que ce soit contre Western.»

Pierre Vercheval s’avoue déchiré, cette semaine. Pas par tous ces matchs de football sur les ondes de RDS qui requièrent son analyse : NFL dimanche, lundi et jeudi, puis cap sur Ottawa vendredi en vue du match de la Coupe Grey, finale de la LCF disputée dimanche.

Mais le match qu’il n’aura sans doute pas le temps de regarder, samedi après-midi, la finale de la Coupe Vanier oppose l’équipe pour laquelle il a joué à l’équipe de la ville où il a grandi. La grande finale du football universitaire canadien met aux prises, à Hamilton, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Vercheval a passé sa jeunesse à Québec, dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Sainte-Foy, à cinq minutes du stade du PEPS. D’abord ennemis jurés sur les plaines d’Abraham lors des duels PSQ-St.Pat’s, l’un sur la ligne à l’attaque et l’autre juste devant sur la ligne défensive, Vercheval et Glen Constantin ont vu au fil des années leur respect mutuel évoluer en amitié sincère. En plus de leur passion du football, les étés comme portiers sur la Grande Allée les ont rapprochés.

Au lendemain de sa retraite après 14 années comme joueur professionnel, Vercheval a été conseiller auprès de Constantin et du Rouge et Or de 2002 à 2010. Ce que l’on sait moins, c’est que Vercheval a aussi étudié à l’Université Laval, bien avant la naissance du Rouge et Or. À l’hiver 1986, afin de regarnir son dossier scolaire et pouvoir retourner à Western l’automne suivant.

Car c’est bien à l’institution de London, en Ontario, qu’il a disputé ses trois campagnes universitaires. Les Mustangs étaient alors dirigés par un jeune Larry Haylor (169-46-3), homme à qui il dit devoir beaucoup, devenu deuxième entraîneur-chef le plus victorieux dans l’histoire du football universitaire canadien. Du moins jusqu’à l’an prochain, quand un certain Constantin (165-30) devrait le devancer.

Défaite crève-cœur

Dès leur arrivée, en 1984, Vercheval et ses coéquipiers du Cégep de Trois-Rivières, Michel Roy et Claude Farrier, ont fait leur place comme partants. Ce qui a déverrouillé la porte du recrutement québécois à Western, qui aligne cette année 11 Québécois en mauve.

«La défaite la plus crève-cœur de ma carrière à tous les niveaux» en finale de la Coupe Vanier contre UBC en 1986, «j’en parle et j’avale encore de travers». Puis, saison parfaite gâchée par une élimination surprise contre Guelph dès la demi-finale de conférence en 1987, année où Vercheval est nommé meilleur joueur de ligne universitaire au Canada. Il demeure à ce jour le seul représentant des Mustangs à avoir son nom gravé sur le trophée J.P. Metras, un ancien coach de Western.

C’est aussi en 1987 qu’il travaille avec Greg Marshall, alors jeune entraîneur responsable de la ligne offensive à Western. Vercheval joue de plus avec son frère, Blake Marshall. Trente ans plus tard, c’est ce même Greg Marshall (146-43-2) qui dirige les champions de la Coupe Uteck et finalistes de la Coupe Vanier pour la première fois en neuf ans.

«Moi, samedi, je ne peux pas perdre! Mais chose sûre, on va avoir un bon spectacle», résume-t-il, évitant de se mouiller avec une prédiction. «Western est revenu cette année avec plus de jeu au sol, ce qui a longtemps fait partie de l’ADN de l’équipe. Et historiquement, c’est dur de courir contre le Rouge et Or. Alors, j’ai hâte de voir le jeu d’échecs», conclut le sympathique analyste, qui célèbre mercredi son 53e anniversaire.

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«PAS AUSSI GROS QU'ON LE PENSE»

Le Rouge et Or sera en territoire familier, samedi, pour la 53e Coupe Vanier. L’ultime match de foot universitaire au Canada est présenté à Hamilton pour une deuxième année consécutive. Du déjà-vu pour le club de l’Université Laval, qui y avait vaincu Calgary en 2016.

«Ça simplifie la planification du voyage et ça minimise toutes les distractions», a affirmé l’entraîneur-chef Glen Constantin, mardi soir, après l’entraînement quotidien de l’équipe. Constantin et ses ouailles retournent sur le terrain durant deux heures, mercredi matin, avant de sauter dans l’autocar et de partir vers la capitale canadienne de l’acier. Départ vers midi et arrivée à destination ontarienne vers 22h.

Même si le Rouge et Or en est à sa 11e participation à la grande danse de la fin novembre — leurs rivaux de Western en sont à 13, mais une première depuis 2008 —, Constantin rappelle que pour ses recrues, ce sera une première expérience du genre. D’autres l’ont déjà vécu, mais y arrivent cette fois avec davantage de responsabilités.

«Il faut s’assurer que tout le monde ne soit pas nerveux, ait du plaisir, apprécie le moment et n’ait pas de distraction. Ça paraît gros, mais on rend ça plus simple. Ce n’est pas aussi gros qu’on le pense, selon la façon dont on approche la chose», explique celui qui espère mener sa troupe à une 10e conquête du championnat national, un record.

Malgré un parcours parfait de 11 victoires et leur moyenne de 55 points marqués par match, Constantin croit que les Mustangs n’ont pas rencontré autant d’adversité en cours de route que le Rouge et Or. Qui a affronté d’autres puissances comme Montréal, trois fois, et Calgary, en demi-finale canadienne. «On espère avoir un élément de surprise pour eux», indique-t-il.

Constantin devrait par ailleurs renflouer son alignement au poste de porteur de ballon avec le retour à l’entraînement de Christopher Amoah et de Luca Perrier, blessés depuis quatre semaines. Ils seconderont Vincent Alarie-Tardif.