L'entraîneur-chef des Estacades midget AAA, Frédéric Lavoie.

«L'aspect plaisir est passé deuxième»

Le Nouvelliste vous présente la conclusion du reportage sur la situation du hockey mineur en Mauricie. Il est entre autres question des pistes de solutions envisagées afin d'optimiser le développement des jeunes joueurs de notre région.
Au-delà des tiraillements internes entre les programmes en place, un aspect crève particulièrement les yeux pour Frédéric Lavoie lorsqu'il jette un regard sur l'état du hockey dans la région. «L'aspect plaisir est passé deuxième.»
En abordant le sujet de la concurrence qui s'est installée dans le monde du hockey mineur dans la région, l'entraîneur-chef des Estacades midget AAA demeure convaincu que l'enseignement est adéquat. Le problème, il se situe à un autre niveau. «Le mot populaire présentement, c'est développement et ce, en très bas âge. Il ne faudrait pas perdre de vue que le hockey, c'est un jeu et que seulement un très faible nombre de jeunes accéderont à la LNH.»
Selon lui, on ne devrait pas parler d'encadrement en bas âge, mais simplement se soucier que l'enfant s'amuse. «En revenant de l'aréna, si le jeune va jouer dans la rue avec des amis ou ses frères, il va probablement apprendre autant, sinon plus, que pendant une heure passée sur la patinoire avec un entraîneur. C'est le plaisir qui amène la passion et la motivation intrinsèque est très importante.»
Lavoie est d'ailleurs catégorique sur un sujet: l'enseignement n'est qu'une parcelle de tout le bagage requis pour accéder aux plus hauts niveaux. «Le coach, c'est une variable importante dans l'équation, mais seulement une variable. Ça ne fait pas foi de tout. Il y a plein d'autres facteurs qui entrent en ligne de compte», explique l'ancien capitaine des Patriotes de l'UQTR.
«Mike Babcock a beau débarquer au Cap-de-la-Madeleine pour coacher 20 joueurs dès le niveau MAHG, il n'y en a pas plus qui vont jouer dans la LNH», image Lavoie.
À ce sujet, le dépisteur des Predators de Nashville Jean-Philippe Glaude pousse la réflexion encore plus loin. «La recette magique n'existe pas. Il faut arrêter de croire que c'est seulement ce qu'on enseigne aux jeunes qui va leur permettre de jouer au prochain niveau. Si tu offres le même enseignement à 100 jeunes, il n'y en a pas un qui va arriver au même résultat. Chaque enfant est unique dans son développement», rappelle Glaude.
«Il faut arrêter de les catégoriser à un si bas âge. Il y a des facteurs qu'on ne pourra jamais contrôler. Va-t-il grandir? Va-t-il être peureux? Et le sens du hockey dans tout ça? Ça ne s'enseigne pas et c'est assez difficile à détecter chez les joueurs en bas âge.»
Des coûts inquiétants
Un autre aspect qui chicote l'entraîneur-chef des Estacades, c'est la facture de plus en plus élevée qu'il faut acquitter pour jouer à un très bas âge.
«À la base, ce n'est pas supposé coûter cher jouer au hockey. Malheureusement, c'est devenu un business où on veut que les jeunes deviennent des professionnels très rapidement.»
À travers toutes ces options, le parent se retrouve donc éventuellement coincé. «Jamais personne ne va dire que c'est une mauvaise chose d'avoir du choix. Mais ce n'est pas normal qu'un jeune joueur novice ait trois programmes qui courent après lui pour l'attirer chez eux. Ça devient très compliqué à gérer pour les parents», dit Lavoie.