Le Trifluvien Gabriel Piché représente l’un des beaux espoirs du baseball québécois... non pas à titre de joueur, mais d’arbitre.

L'arbitre Gabriel Piché récompensé

Trois-Rivières — Gabriel Piché passe l’été sur les routes du Québec. C’est plus fort que lui, sa passion pour l’arbitrage occupe presque tous ses temps libres.

«J’ai fait trois changements d’huile sur ma voiture cette année», sourit le Trifluvien de 24 ans, choisi Arbitre espoir de l’année au gala annuel de Baseball Québec, samedi au Château Mont-Sainte-Anne.

Voilà une belle récompense pour celui qui agit comme officiel au sein de trois disciplines.

«Je m’implique aussi au hockey et au dekhockey. Sans exagérer, l’arbitrage, c’est presque 365 jours dans mon année. Je profite d’une petite pause dans le temps des Fêtes!»

Remarquez, ce n’est pas un supplice pour lui que de superviser une partie de balle ou de se pointer à la patinoire aux petites heures du matin. Il gravite dans l’univers du sport depuis toujours, mais contrairement à la plupart des jeunes, il n’a jamais réellement pratiqué ces disciplines. Trop occupé à arbitrer.

En ce qui a trait au baseball, il a eu la piqûre il y a sept ans. 

«J’ai commencé comme marqueur et annonceur, puis j’ai gravi les échelons. C’est drôle, je ne me suis jamais vu comme joueur, j’ai trop de plaisir à officier. Pour moi, c’est un réflexe. Si je regarde un match à la télé avec des amis, je me concentre pas mal plus sur le travail des officiels que sur le jeu en général.»

Le Calder des officiels

La distinction attribuée par Baseball Québec se compare au trophée Calder – donné à la recrue de l’année dans la LNH – pour les arbitres de la province.

Piché jugeait les balles des lanceurs derrière le marbre lors de la finale de la Ligue de baseball midget AAA du Québec il y a quelques semaines. Baseball Canada l’avait également délégué au Championnat national bantam, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Posté au troisième but, il était aux premières loges pour le dernier match du tournoi.

«J’aurais aimé percer dans le hockey, mais le bassin est plus gros qu’au baseball, il y a moins d’élus. On le constate en regardant la LHJMQ et le baseball junior élite: il y a un monde de différence dans l’importance des deux réseaux! Par contre, le baseball est en croissance et c’est motivant d’y participer.»

La carapace

Gabriel Piché se considère chanceux. Il est rarement la tête de Turc des joueurs, des parents ou des entraîneurs. Par contre, ce qu’il voit autour de lui l’agace souvent.

«Un parent qui s’attaque à un jeune en lui criant après, ça me fait capoter. Comment réagirait-il si son propre enfant subissait ce traitement? La plupart du temps, les paroles sont dites sur le coup de l’émotion et les excuses suivent, mais le mal est fait. On se demande pourquoi le taux de rétention est si bas chez les arbitres...»

Cela dit, il ne faut pas sous-estimer le plaisir que peut avoir un trio d’arbitres quand l’ambiance s’y prête.

«On a vraiment du fun! Nous tissons des liens, c’est une deuxième famille. Mais oui, pour être un bon arbitre, il faut savoir encaisser et faire preuve de discernement.»

Surtout, ça prend un bon caractère. Pour l’étudiant en administration à l’UQTR, Bill McCreary est une idole.

«Un gentil monsieur respecté de tous. Je connais assez d’officiels dans la région pour savoir qu’ils sont presque tous des gentlemen. Ils sont là pour les bonnes raisons. Même Chris Lee, que j’aimais détester à une certaine époque comme fan du Canadien! Vous savez quoi? Il fait du mieux qu’il peut.»

En Mauricie, ce ne sont pas les inspirations qui manquent. Il y a les Béchard, Denis Morel, Éric Furlatt, Michel Cormier, Frédérick L’Écuyer pour le hockey, tandis qu’au baseball, Robert Bellerose a connu une riche carrière.

Plus près de Gabriel Piché, il y a aussi Guillaume Labonté, un de ses bons amis qui fait sa niche chez les professionnels. 

«On s’échange des messages plusieurs fois par semaine, il me fait vivre son rêve de la Ligue américaine de hockey.»

Piché, lui, continue à être un modèle pour les officiels en devenir de la région.

Plusieurs lauréats

La Mauricie a de nouveau tiré son épingle du jeu par rapport aux autres régions au gala de Baseball Québec.

Les Aigles bantam AA, champions provinciaux, ont été sacrés équipes de l’année dans leur catégorie avec 42 victoires en 44 matchs. Pour une deuxième année consécutive, un des leurs, Yohann Dessureault, est le joueur par excellence de son groupe d’âge.

Pascal Boislard a quant à lui reçu deux prix: le titre d’entraîneur communautaire de l’année ainsi que le mérite pour l’entraîneur de niveau A au Québec.

Dany Champagne (bénévole de l’année en Mauricie) et Dastan Richer (Rallye Cap) furent aussi honorés.