Marc-Olivier et Francis Hénault arbitrent au sein de Baseball Mauricie depuis deux ans.

L'arbitrage, une histoire de famille

TROIS-RIVIÈRES — Quand papa et fiston ont la chance de conjuguer travail et plaisir, il est difficile de laisser passer une aussi belle opportunité. C’est présentement ce qui se passe chez Baseball Mauricie, alors qu’il y a six duos et un trio d’arbitres père-fils dans l’organisation.

Quand père et fils s’unissent sur un terrain de baseball, une complicité hors du commun se crée alors entre eux. C’est ce que vivent régulièrement les sept paires d’arbitres de Baseball Mauricie. David, Elliot et Jacob Boudreault, Richard et Jérome Blouin, Nicolas et Antony Gauthier, Mathieu et Félix Godon, Francis et Marc-Olivier Hénault, Hugo et Edouard Tardif ainsi que Éric et Charles Vinette, représentent les sept duos, et le trio, d’arbitres de la région.

Les motivations pour se lancer dans l’arbitrage peuvent être bien différentes d’un duo à l’autre, mais plusieurs figures paternelles ont décidé de le faire pour leur fils, comme c’est le cas pour le président de Baseball Mauricie, Francis Hénault qui est aussi entraîneur-chef pour l’équipe de son fils, Marc-Olivier, les Red Sox de Pointe-du-Lac bantam B. «Ça fait deux ans qu’on fait ça ensemble. C’est lui qui voulait le faire au départ et il m’a alors demandé si je voulais embarquer avec lui. Je trouvais qu’en tant que président, c’était une belle expérience de connaître le milieu des arbitres. Je l’ai aussi fait par curiosité parce que quand je suis entraîneur, je ne vois qu’un seul côté de la médaille», déclare-t-il.

Les raisons sont sensiblement les mêmes pour Mathieu Godon, aussi entraîneur pour la formation de son fils, Félix, les Draveurs 1 de Trois-Rivières pee-wee B. «Ça fait plusieurs années que Félix voulait arbitrer et maintenant qu’il a 13 ans, il pouvait enfin le faire. On m’avait dit qu’il y avait plusieurs duos d’arbitres père-fils, que ça permettait d’entraîner des jeunes plus gênés. Je trouvais que c’était une maudite bonne idée et je lui ai dit ‘‘Si tu embarques, j’embarque aussi’’», mentionne-t-il.

SE PARLER SANS SE PARLER

La chimie naturelle entre les deux fait également une énorme différence sur le terrain lorsque vient le moment de communiquer entre eux. «Je trouve ça le fun d’arbitrer avec mon père, d’être avec quelqu’un en qui j’ai confiance sur le terrain. [...] Le faire avec mon père, c’est comme un bonus», souligne Antony Gauthier qui évolue aussi pour les Estacades de la Mauricie midget A dans la Ligue de baseball de compétition de la région de Québec, dont son père, Nicolas, est l’entraîneur-chef. «On n’a pas besoin de se parler autant. On sait comment s’enligner, comment ça fonctionne», poursuit le paternel.

Antony et Nicolas Gauthier s’unissent pour le respect des règles sur le terrain pour une quatrième année.

La communication devient ainsi plus facile, même qu’ils n’ont pas nécessairement besoin de se parler pour se comprendre. «Des fois, tu n’as pas besoin de te parler. Avec un autre arbitre, tu dois construire ta communication pendant le match. Avec Edouard, on se regarde et on allume déjà», précise le président de l’Association de baseball mineur de Pointe-du-Lac, Hugo Tardif, qui arbitre avec son fils Edouard.

PASSER DU TEMPS DE QUALITÉ

Avec le train de vie quotidien des parents, il peut parfois être plus difficile de passer du temps en famille. L’arbitrage devient donc une bonne occasion d’y arriver. «Ce que j’aime d’arbitrer, c’est la proximité que j’ai avec mon fils et d’entretenir une passion commune avec lui. Ça me permet de passer du temps supplémentaire avec lui, de vivre des moments ensemble. C’est important pour moi parce que je suis quelqu’un de très occupé», avoue Hénault père.

Les jeunes se sentent tout autant choyés de pouvoir partager du temps de qualité avec papa lors des soirées de baseball. «C’est cool, on fait quelque chose juste nous deux, remarque Félix Godon. Quand il me coache, c’est pour une équipe, mais quand on arbitre, on passe vraiment du temps ensemble, comme une équipe. Je suis moins gêné avec lui.»

Les papas peuvent parfois devenir plus sévères et exigeants avec leur fils sur le terrain, en comparaison avec les moments où ils travaillent avec quelqu’un d’autre. «Je lui fais des recommandations d’arbitre et non de père. Certains trouvent ça sévère, mais je veux qu’il apprenne et qu’il progresse bien», soutient Nicolas Gauthier. Francis Hénault est du même avis. «On est plus sévère et plus exigeant, mais on ne veut pas qu’ils se trompent. On prend ça vraiment à cœur.»

Les enfants comprennent ce genre de situation, y voyant une sorte de protection venant de la part de leur paternel. «Il me donne toujours des conseils, même s’il est plus rough parce que c’est mon père. C’est normal, il veut que je m’améliore», continue Gauthier fils.

Jouer le rôle d’arbitre peut donner lieu à toutes sortes de situations, plus drôles les unes que les autres. «Quand Félix a fait son premier marbre, on a fait 13 magasins pour lui trouver l’équipement nécessaire. Je riais de ses calls des fois et lui aussi. Ça a créé une plus grande complicité, mais ça a été un peu stressant aussi», sourit papa Godon. Pour Hugo Tardif, son meilleur moment survient lors des matchs plus importants, où l’intensité est au rendez-vous. «Ce n’est pas pareil quand t’es en saison régulière ou en tournoi. Il y a plus d’émotions et d’intensité en tournoi. [...] Je vois qu’il aime ça et ça lui permet de s’épanouir là-dedans.»

Même si la plupart des paires ne sont arbitres que depuis quelques années seulement, ils prévoient tous reproduire l’expérience l’an prochain. Avec le début des séries éliminatoires, l’émotion et le plaisir devraient davantage être au rendez-vous.