Le Cruch de Syracuse de l’entraîneur Benoit Groux a remporté 18 victoires en 25 matches, dans les mois de décembre et janvier.

Laisser parler les résultats

CHRONIQUE / «Je n’ai pas grand-chose à dire à ce sujet », m’a répondu Benoît Groulx, qui a finalement compris pourquoi je tenais à lui parler.

La pause du Match des étoiles se poursuit dans la Ligue américaine de hockey. Le moment était parfaitement choisi pour faire le point.

Son équipe, le Crunch de Syracuse, continue de gagner.

Le printemps dernier, Groulx a mené une formation pleine de vétérans en finale de la coupe Calder.

Cette saison, son équipe plus jeune, moins expérimentée, occupe le septième rang du classement général. Elle a signé 18 victoires en 25 matches, dans les mois de décembre et janvier.

Tout ça fait possiblement de lui l’entraîneur-chef qui a connu le plus de succès dans les ligues mineures au cours des 18 derniers mois.

Il continue de gagner avec la même régularité que dans la LHJMQ.

On a le droit de penser qu’il est prêt à gravir le dernier échelon. Quelqu’un, dans la LNH, finira bien par lui faire signe.

Évidemment, Groulx n’a pas de commentaires là-dessus.

Que pourrait-il ajouter, ces temps-ci, de toute façon ? Il se trouve dans une position plus qu’enviable. Il n’a qu’à laisser les résultats parler à sa place...

Nous avons quand même bavardé pendant quelques minutes avant d’en arriver là.

Durant cette conversation, Groulx s’est fait un plaisir d’encenser tout plein de gens qui l’aident à connaître du succès à Syracuse.

Il m’a longuement parlé de Louis Domingue, le gardien québécois qui a réussi à rapidement relancer sa carrière après avoir été largué comme une vieille chaussette trouée par les Coyotes de l’Arizona.

« Il nous a donné espoir. Il a donné le droit à nos attaquants et à nos défenseurs de commettre des erreurs. Nous n’avions pas cet élément-là en début de saison. Il a surtout donné à notre autre gardien, le jeune Connor Ingram, le temps de prendre confiance.

Une équipe de hockey de haut niveau ne peut gagner si ses gardiens ne font pas le travail, m’a-t-il rappelé.

Groulx a cité deux ou trois fois Erik Condra. L’ancien plombier des Sénateurs est son homme de confiance, son capitaine à Syracuse. «Il sait parler aux joueurs.»

Des bons leaders, c’est toujours utile.

«C’est vraiment extraordinaire, ce qui se passe dans l’organisation du Lightning de Tampa Bay. Tous les gars qui débarquent à Syracuse adoptent une bonne attitude. Je n’ai pas eu à composer avec un seul joueur qui fait la baboune.»

À mots couverts, Groulx lance ici des fleurs à ses patrons, Steve Yzerman et Julien BriseBois. Le directeur général et son adjoint recrutent les joueurs qu’il dirige.

Un service en attire visiblement un autre, puisque les récents «diplômés» de Syracuse – Jake Dotchin, Yanni Gourde, Slater Koekkoek, notamment – n’ont pas eu trop de mal à s’adapter à la vie dans la LNH.

Et puis la Ligue américaine demeure, pour bien des joueurs, un circuit de transition. Pas moins de 46 joueurs ont enfilé le maillot du Crunch en 2016-17. Groulx en a utilisé 35, jusqu’ici cette saison, et il reste encore une trentaine de matches à jouer avant les séries.

La seule constante, dans ce monde très instable, c’est le coach.

Il doit forcément avoir son mot à dire dans le succès collectif.

Il paraît qu’un journaliste du quotidien imprimé de Syracuse a eu cette réflexion, aussi, récemment.

Groulx n’a pas de commentaires à faire, là-dessus, non plus.

Benoît Groulx comprend fort bien la . Il sait qu’il ne sert à rien d’être impatient, dans une industrie où le compte pour beaucoup.

Le Lightning possédait un coussin de cinq points d’avance au sommet du classement de l’Association Est en début de semaine. Jon Cooper ne risque pas de lui céder son poste prochainement.

Le Canadien est dans la cave, mais Claude Julien est sous contrat pour encore quatre ans. Un changement à court terme est donc peu probable à Montréal.

Il reste 29 autres équipes dans la LNH. Laquelle aura le courage de donner une chance à un Québécois sans expérience ?

«À mes débuts à Gatineau, quand il y avait beaucoup de grogne, Charles Henry m’a enseigné à ne pas me faire du souci avec tout ce qui se passe autour de moi. Reste calme. . Toutes ces années plus tard, ça n’a pas changé», a-t-il conclu.