La bonne réputation de l’organisation des Loups fait en sorte qu’il est de moins en moins difficile pour l’équipe d’attirer de bons joueurs de l’extérieur.

La Tuque, destination attrayante

CHRONIQUE / Les Loups de La Tuque connaissent une excellente saison. Une autre. Et dire qu’ils étaient nombreux à penser que l’équipe n’arriverait jamais à attirer des joueurs de qualité en Haute-Mauricie ou, comme certains se plaisent à le dire un peu péjorativement, « à l’autre bout du monde »…

À leurs trois premières saisons dans la Ligue de hockey senior AAA du Québec, les Loups ont toujours atteint le carré d’as en séries éliminatoires, se permettant même d’accéder à la grande finale en 2018. Et la saison dernière, ils n’ont perdu que deux matchs au cours du calendrier, dont un seul à la régulière.

Les Loups gagnent. Et ils attirent des foules intéressantes au Colisée Denis-Morel, eux dont la moyenne est de 589 spectateurs depuis le début de la saison. Bref, on parle d’une des organisations les plus solides de la LHSAAAQ.

« Il y a une grande tradition de hockey senior à La Tuque, explique le capitaine Tommy Tremblay, un ancien des Cataractes de Shawinigan et des Patriotes de l’UQTR. Mais lorsque l’équipe de Sainte-Anne-de-la-Pérade a déménagé ici, il a fallu travailler fort, le succès n’est pas venu tout seul… »

Tremblay est l’un des bons joueurs des Loups (il compte 14 points après 12 matchs), mais il est plus que ça. Pour reprendre son expression, il donne « un coup de main » aux dirigeants à différents niveaux, notamment les communications, après avoir joué un rôle important dans l’implantation de l’équipe à La Tuque. Il faut dire qu’après avoir porté l’uniforme des Cataractes, il a œuvré pendant quatre ans au sein du personnel administratif du club. Le bonhomme est natif de La Tuque et habite aujourd’hui Shawinigan.

« La Tuque, c’est 11 000 habitants et il n’y a pas 100 joueurs capables de jouer dans la Ligue senior AAA ici, reprend-il. Attirer de bons joueurs de l’extérieur chez nous est un défi, mais c’est de moins en moins difficile. La réputation de l’organisation est bonne, un peu tout le monde en parle à travers la ligue et ça aide beaucoup… »

Faire ses preuves

Les Loups comptent seulement trois joueurs originaires de La Tuque dans leurs rangs et un seul habite la ville. Leurs patineurs viennent donc de partout. Et lors de la première saison de l’équipe, selon Tommy Tremblay, l’organisation a essuyé 13 refus à la douzaine lorsqu’elle approchait des joueurs de l’extérieur.

« Mais l’organisation a fait ses preuves, dit-il. Notre propriétaire Gilles Veillette traite bien ses joueurs et les gars savent que c’est l’fun jouer ici, que les gens aiment leur équipe, qu’il y a toujours de bonnes foules, qu’il y a de l’ambiance. La perception a changé et c’est maintenant devenu attrayant de jouer à La Tuque. »

Tremblay donnera l’exemple de Mathieu Papineau, l’ancien des Maroons. Celui-ci ne voulait rien savoir de se taper les 3 h 30 de route qui séparent Brossard de La Tuque lorsqu’il a été échangé mais, aujourd’hui, il est devenu un grand ambassadeur des Loups.

« Mathieu est maintenant installé aux Îles-de-la-Madeleine, mais il a adoré jouer ici. Lorsqu’on repêche un joueur ou qu’on en obtient un via une transaction et qu’il se fait tirer l’oreille, il ne se gêne pas pour l’appeler et pour lui dire à quel point jouer à La Tuque, c’est une belle expérience. »

Tremblay a même vu des joueurs pleurer après avoir appris qu’ils devaient quitter La Tuque à la suite d’une transaction.

« Quand t’as joué ici, tu ne veux plus repartir. Ça peut paraître gros ce que je dis, mais c’est absolument vrai. »

Évidemment, il en coûte plus cher opérer une concession à La Tuque qu’à Granby, par exemple. Les Loups ont donc intérêt à gagner et à attirer de bonnes foules au Colisée Denis-Morel, qui peut asseoir un peu plus de 1000 personnes.

« Je ne m’occupe pas de la comptabilité, mais je sais que les frais de déplacement et d’hébergement sont plus importants ici qu’ailleurs, c’est certain. L’organisation a toutefois de très bons partenaires. À peu près tout le monde est derrière les Loups ici. Dans une petite ville comme la nôtre, c’est très important de sentir les gens de notre côté comme ça. »

Mais voilà, La Tuque est devenue une destination attrayante à travers la LHSAAAQ parce que les Loups, d’abord et avant tout, se sont établis comme une organisation modèle.