Marc Bergevin

La tête sur la bûche

ANALYSE - Marc Bergevin était calme et détendu à son premier point de presse de la saison. Une blague par ici, une boutade par là. On croyait entendre un directeur général qui se relève d'un party de coupe Stanley, pas celui dont l'équipe a été charcutée en première ronde le printemps passé et qui n'a gagné que trois séries en cinq ans!
En plus de cette bonne humeur, Bergevin a tenu des propos étonnants. Même si Andrei Markov, Nathan Beaulieu, Alexei Emelin et Mikhail Sergachev sont disparus de la circulation pendant l'été, il considère que sa défensive est meilleure! Oui, oui, à trois reprises, dans le point de presse Bergevin a fait cette déclaration en l'espace d'une dizaine de minutes, en vantant les nouveaux venus pour leurs qualités en relance.
David Schlemko, Karl Alzner, Jakub Jerabek, Joe Morrow et Mark Streit sont les nouveaux visages pour remplacer ceux qui ont levé les feutres. Difficile de croire que l'un d'eux est meilleur relanceur que Markov, non? On verra pour Jerabek, qui n'est pas très connu mais pour le reste, ça me semble assez évident que le côté gauche de la défensive du Canadien est nettement inférieur à celui de l'an dernier.
Chose certaine, on saura rapidement à quoi s'en tenir. Les comparaisons seront faciles à établir avec la saison précédente car à part ce rayon précis, l'équipe est presque identique. Il y a bien le départ d'Alexander Radulov en attaque mais l'arrivée de Jonathan Drouin va compenser. Pas convaincu que Drouin est la solution au centre - il tapait sur les nerfs de Jon Cooper à Tampa en raison de ses revirements à l'aile - mais pour générer de l'offensive, Drouin n'aura aucun mal à chausser les patins de Radulov.
Subban, coupable selon plusieurs de diviser le vestiaire, est parti depuis 14 mois. Michel Therrien, au centre de controverses avec Max Pacioretty et Carey Price, a été viré puis remplacé par un entraîneur chevronné en Claude Julien à la Saint-Valentin l'an dernier. Et voilà que Bergevin dit s'être offert une défensive à son goût durant l'été, après avoir offert des promotions aux membres de sa garde rapprochée au sein de l'état-major.
Si cette équipe continue de faire du surplace, le coupable sera facile à identifier. À pareille date l'an dernier, Therrien avait la tête sur la bûche. Au tour de Bergevin d'être dans cette délicate position.