Étienne Boileau croit que la blessure subie par Frédéric Saint-Denis a eu un impact direct sur les performances des Draveurs.

La tête haute

TROIS-RIVIÈRES — C’est un propriétaire en deuil, en train de digérer les derniers mois, qui a accepté de faire un post mortem de sa première saison à la barre des Draveurs de Trois-Rivières dans la Ligue nord-américaine de hockey.

Derniers au classement général, avec des gradins passablement dégarnis sauf en séries, les Draveurs ont souvent fait parler d’eux pour les mauvaises raisons cet hiver. Boileau espérait faire virer le vent en première ronde des éliminatoires mais son club a dû rendre les armes en six matchs face aux Éperviers. «Nous étions proches d’une grosse surprise. Si la fin du cinquième match nous avait souri, le post mortem aurait pu être beaucoup plus tard. Les gars ont tout donné, sincèrement. Plusieurs ont joué blessé. Je suis fier d’eux, de la façon dont ils se sont battus. Ils n’ont pas abandonné.»

«Je prends le blâme»
Boileau sait bien que cette élimination au premier tour couronne une campagne hyper difficile. Ses poches lui rappellent à chaque jour. Il estime avoir perdu plus de 100 000$ dans cette aventure de neuf mois.

«Je prends le blâme pour ce qui s’est passé. En bout de ligne, c’est moi qui prends les décisions finales. Mais j’avais hérité d’un gros mandat. On a amorcé l’année avec une liste de protection dégarnie. Puis, on a voulu faire plaisir aux gens en ajoutant un dur à cuire populaire en Jon Mirasty. Le problème, c’est que ce dernier n’était pas du tout en forme, il avait l’air du bonhomme Pillsbury quand il s’est pointé pour deux matchs en début d’année. Je lui ai dit que c’était inacceptable, de me rappeler quand sa condition physique serait à point. Il n’est jamais revenu», laisse tomber Boileau, qui a très mal paru d’avoir accepté de livrer Kevin Gadoury aux Éperviers dans cette transaction, puisque Gadoury a terminé en tête des pointeurs de son équipe! «D’autres événements sont venus affecter notre rendement. La blessure à Frédéric Saint-Denis, par exemple. L’ancienne administration avait dilapidé notre liste, on avait donc moins de profondeur que les autres clubs. L’effet a été direct sur nos résultats.»

Quant aux lamentables performances aux guichets de son club, Boileau ne sait trop comment l’expliquer. Il abaissé le prix des billets, et de la bière. Il a mis sur pied quelques promotions. Sans succès. «On me disait que les gens ne venaient pas parce que je suis un gars de l’extérieur. Or les gens ne venaient pas plus l’an dernier avec des actionnaires locaux! Il n’y a eu personne de la place non plus qui a levé la main pour prendre le club quand M. Lavertu a décidé de se retirer. J’ai sauvé l’équipe, j’ai peut-être même sauvé la ligue en acceptant d’investir ici. Je ne vis peut-être pas ici mais j’ai investi ici», se désole Boileau. «Il y a eu des rumeurs qui ont fait mal. Comme celle qui disait que je voulais déménager le club à Saint-Jean-sur-Richelieu l’an prochain. Ce n’est pas vrai du tout! Il n’y en aura pas de Ligue nord-américaine là-bas», tranche l’homme d’affaires de la métropole.

Malgré tout, Boileau dit conclure cette première année la tête haute. «Je suis venu ici par passion. J’ai mis mes trippes sur la table. Je ne suis pas parfait, je fais des erreurs comme tout le monde. Mais j’ai toujours eu le bien de la concession en tête.»

Il doit maintenant réfléchir sur la suite des choses. Veut-il tenter de nouveau sa chance en 2018-19?

«J’ai besoin de temps pour tout analyser. Il manque environ 450 personnes par match pour boucler le budget, est-ce qu’on peut arriver à aller chercher le bout qui manque? Je dois aussi parler à la Ville, voir s’il y a moyen d’obtenir un peu plus d’aide.»

«Je veux faire du hockey. Mais pas en mettant au péril mes autres compagnies ou encore la santé financière de ma famille. Alors je vais prendre le temps de tout analyser avant de prendre une décision. J’ai eu chaud pas mal en février quand les finances n’allaient plus du tout. J’ai demandé de l’aide des autres proprios de la ligue, ils ont refusé de me donner un coup de main. Je ne veux pas revivre un tel scénario.»