Après l’épreuve estivale du GP3R, les voitures de rallycross pourraient bien rouler à l’Hippodrome 3R en hiver, dès 2019.

La réponse se fait attendre

Trois-Rivières — Le dossier a été déposé il y a plusieurs mois déjà, mais la direction du Grand Prix de Trois-Rivières est toujours sans nouvelle du ministère du Tourisme du Québec, en lien avec son projet visant à attirer une deuxième course de rallycross en 2019.

En plus des festivités traditionnelles entourant le GP3R au mois d’août, le directeur général, Dominic Fugère, souhaite organiser un événement de courses automobiles en février, sur l’anneau de glace de l’Hippodrome 3R avec, en toile de fond, les activités du Championnat de rallycross des Amériques, présenté une première fois dans les rues de la ville lors de la 49e édition, l’été passé.

Fugère avait dévoilé ses intentions au gouvernement provincial avant le dernier GP3R, donc avant le déclenchement des élections. Le tout a été annoncé publiquement durant la première fin de semaine des courses, au moment où l’ex-premier ministre Philippe Couillard faisait une tournée en Mauricie.

Sans rien promettre, il avait au moins parlé du projet avec enthousiasme, aux côtés de la ministre du Tourisme Julie Boulet. Il est maintenant en attente de nouvelles concernant Caroline Proulx, qui a succédé à l’ancienne députée de Laviolette.

Le Championnat des Amériques et des pilotes locaux

Si le tout se confirme, Trois-Rivières accueillerait la première manche du Championnat de rallycross des Amériques (ARX), qui serait la seule à se dérouler en période hivernale. Cela s’inspire du rallycross sur glace, fort prisé dans les pays scandinaves en Europe.

Or, non seulement les dirigeants de l’ARX aiment l’idée, plusieurs pilotes locaux pourraient y participer, que ce soit en ARX ou dans des séries inférieures. Beaucoup parmi eux ont appris à piloter sur glace.

«Je considère encore que nous avons le meilleur site pour préparer un festival de courses en hiver, surtout avec les estrades à l’intérieur de l’hippodrome», soutient Dominic Fugère, conscient qu’il s’agit d’un dossier complexe. Ceci dit, il est persuadé de la qualité des retombées économiques pour la Mauricie.

«Même si on a changé de gouvernement, c’est assez sérieux et crédible pour passer le test. On a le support de la Ville de Trois-Rivières, de notre conseil d’administration et de nos bénévoles. Les partenaires, ça les enchante. Mais si on veut vendre des billets et commencer à contacter nos commanditaires, il faut que ça bouge.»

Oui, parce que le Championnat ARX devra, tôt ou tard, dévoiler son calendrier pour 2019. Le Championnat mondial de rallycross a procédé il y a quelques semaines, confirmant au passage le retour de l’étape trifluvienne en août, pour les festivités attendues du 50e anniversaire.

«Le temps commence à presser. Nous sommes sur les blocs de départ depuis des mois, prêts à faire feu. Ce sera un événement de tourisme hivernal exceptionnel. Mais la réalité c’est qu’en ce moment, on ne peut réserver aucune voiture ni pilote. Tout le monde est en attente et en connaissant le fort potentiel d’une telle activité.»

En août dernier, Dominic Fugère parlait même d’organiser le gala pour les championnats de type hors piste de la Fédération internationale de l’automobile, en marge du rallycross d’hiver. Cette portion du projet a dû être abandonnée.

Par contre, une collaboration se précise avec la Corporation des événements de Trois-Rivières. Il n’est pas exclu de présenter un volet culturel à l’Amphithéâtre Cogeco.

Avec Jacques Villeneuve?

Quand on pense à la possibilité de voir des pilotes locaux à l’Hippodrome 3R en février, des noms viennent automatiquement en tête: les frères Dumoulin et Marc-Antoine Camirand, bien sûr, mais en extrapolant le terme local à provincial, il y a de fortes chances que des gars comme Andrew Ranger, Alex Tagliani ou Antoine L’Estage se laisseraient tenter.

Pour ce qui représenterait l’épreuve reine du Championnat de rallycross des Amériques, Jacques Villeneuve serait également un candidat logique, même si l’équipe Subaru a pris tout le monde par surprise, il y a quelques jours, en annonçant l’arrivée du tenant du titre Scott Speed, qui conduisait une Volkswagen Beetle en 2018.

Speed rejoindra Patrik Sandell et Chris Atkinson, les coéquipiers de Villeneuve au GP3R l’été dernier. «J’ai parlé à Jacques il y a quelques heures, c’est certain qu’il a de l’intérêt à venir chez nous en février, mentionne Dominic Fugère. On travaillera fort pour lui trouver une voiture!»

Mais avant de plancher là-dessus, ça prendra une confirmation du gouvernement du Québec.